Pourquoi les hommes détestent demander leur chemin : (enfin) l’explication scientifique | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Science
Le sens de l'orientation est meilleur chez les hommes que chez les femmes.
Le sens de l'orientation est meilleur chez les hommes que chez les femmes.
©wikipédia

A 200 mètres, tournez à gauche

Pourquoi les hommes détestent demander leur chemin : (enfin) l’explication scientifique

Une récente étude montre que le sens de l'orientation chez l'homme est intimement lié à la distance qu'il a parcourue dans sa vie.

Les hommes auraient un meilleur sens de l'orientation que les femmes. Les clichés ont la vie dure. Celui sur la capacité des deux sexes à trouver son chemin fait partie des plus ancrés. Pourtant, une étude des anthropologistes Layne Vashro et Elizabeth Cashdan, de l'université de l'Utah (Etats-Unis) semble lui donner raison. Mieux, elle établit un lien entre l'orientation spatiale et la capacité de reproduction chez les hommes.

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont cherché à relier une chaîne d'affirmations : le sens de l'orientation des hommes est meilleur que celui des femmes ; les distances qu'ils parcourent sont plus importantes ; et le nombre d'enfants qu'ils ont augmente à mesure que la distance parcourue augmente. L'étude tend à prouver qu'il existe un lien de corrélation entre ces trois éléments.

La première affirmation est d'ordre psychologique : "Parmi les différences sexuelles attestées par la psychologie, on retrouve l'orientation spatiale où les hommes sont meilleurs", explique Layne Vashro. Rien de neuf pour l'instant, comme le signale le psychosociologue Gilles d'Ambra, auteur du livre Pourquoi les hommes sont lâches : "Les hommes sont équipés d'une sorte de GPS interne. D'après ce que l'on constate, les hommes ont un sens de l'orientation qui ne dépend pas de repères physiques. Ils sont bons pour les grands espaces. Les femmes maîtrisent mieux l'environnement proche." Cela pourrait s'expliquer par l'évolution humaine, lorsque les hommes étaient avant tout des chasseurs en quête de nourriture.

La deuxième affirmation est à chercher du côté de l'anthropologie. "On sait que la plus grande différence entre les hommes et les femmes est la distance qu'ils parcourent, elle est plus importante chez les hommes", souligne Layne Vashro. La première tâche était donc de démontrer un lien entre le sens de l'orientation des hommes et la distance qu'ils parcourent.

Pour démontrer cela, ils ont étudié deux tribus de Namibie, les Twe et les Tjimba. Ce sont de bons sujets d'étude car ils parcourent près de 200 kilomètres par an "en marchant pieds nus dans un vaste environnement naturel comme beaucoup de nos ancêtres". Les scientifiques estiment ainsi que ces peuples se rapprochent le plus des premiers hommes dans leur mode de vie, ce qui permet de mieux comprendre comment s'est passé l'évolution.

A travers des exercices de situation spatiale et d'orientation, les chercheurs ont pu attester que les hommes avaient des résultats nettement meilleurs que les femmes. Première affirmation vérifiée. Ils ont ensuite classé les personnes en fonction du nombre de kilomètres parcourus et du nombre de lieux qu'ils ont visité dans leur vie. En moyenne, les hommes ont parcouru 50 kilomètres et visité 3,4 lieux par an, contre 32 kilomètres et 2 lieux pour les femmes. Surtout, les hommes qui ont eu les meilleurs scores dans les exercices d'orientation sont aussi ceux qui ont parcouru le plus de distance. Il existe donc un lien entre l'aptitude spatiale de l'homme et la distance qu'il parcourt.

Reste à démontrer une deuxième hypothèse : plus un homme voyage, plus il rencontre de femmes et a ainsi beaucoup d'enfants. Pour les tribus concernées, la reproduction n'est pas forcément synonyme de monogamie. On a donc demandé aux hommes combien d'enfants ils avaient eu dans leur vie.

Là encore, le résultat est étonnant. Les hommes qui ont parcouru le plus de distance sont ceux qui ont le plus d'enfants, car ils auraient eu plus d'opportunités de rencontrer différentes femmes. La chaîne est donc complète. "Attention, prévient Gilles d'Ambro. Lien de corrélation ne signifie pas lien de causalité." D'ailleurs, les chercheurs restent prudents. Ils n'ont pas pu vérifier la paternité des enfants, ce qui suffirait à invalider le résultat. Difficile, donc, d'affirmer que le sens de l'orientation des hommes s'est amélioré pour trouver de nouveaux partenaires, mais un lien existe bel et bien entre les deux.

Lu sur Business Insider

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !