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Edito

Pourquoi le chômage remonte lorsque l’économie repart

La reprise du chômage constitue une sorte d’énigme pour laquelle il existe plusieurs hypothèses.

Michel Garibal

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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C’est la nouvelle la plus surprenante en cette période de fin d’année. Le nombre des sans emplois a augmenté de soixante mille personnes au troisième trimestre, alors que les spécialistes tablaient sur la poursuite de la décrue engagée depuis plusieurs mois. Pour éviter les à coups provoqués par  la publication des chiffres mensuels soumis aux aléas conjoncturels, le gouvernement avait décidé de limiter ses analyses aux statistiques trimestrielles : cela devait éviter d’entretenir un climat anxiogène, tendant à décourager les efforts déployés par les pouvoirs publics. Or, les derniers chiffres publiés vont à l’’encontre des objectifs recherchés, puisqu’ils font état d’une aggravation de la situation de l’emploi dans  notre pays, avec une hausse du chômage de 0,2% à 9,4%, concernant 2,7 millions d’individus.

La surprise est d’autant plus grande que les indicateurs de la conjoncture sont au vert : reprise de la consommation et de l’investissement, hausse du marché immobilier, traduisant une accélération de la croissance qui passerait progressivement d’un rythme de 1,1% prévu en début d’année à 1,6, voire 1,7%. L’entraînement de nos voisins où les performances sont en moyenne plus élevées constitue au demeurant une assurance supplémentaire sur la poursuite du mouvement.

Dans ce contexte, la reprise du chômage constitue une sorte d’énigme pour laquelle il existe plusieurs hypothèses. La première évoque la recherche d’économies dans certaines entreprises ou collectivités territoriales, liées en partie à une réduction des subventions publiques. Mais il existe aussi une autre explication plus positive : le nouveau climat existant depuis l’arrivée à l’Elysée d’Emmanuel Macron pourrait conduire  un certain nombre  de personnes qui étaient désespérées par le laxisme du quinquennat précédent et  qui avaient abandonné toute recherche, à espérer à nouveau dans le marché du travail et à s’inscrire désormais  en demandeurs  d’emploi, venant gonfler à court terme les statistiques.

Dans ce contexte l’Insee s’attend plutôt  à court terme à une stabilisation des indices qui pourraient se  maintenir à un taux de chômage de 9,4% en  fin d’année, avec l’espoir d’un retour de la décrue l’an  prochain qui ne  pourra qu’être lente, car les pouvoirs  publics ont choisi la méthode douce dans la transformation de l’économie, plutôt que les mesures radicales qui auraient  conduit dans  un premier temps à une  augmentation du chômage. On le mesure au demeurant au fait que les dépenses publiques ne vont pas diminuer en 2018 : elles seront en hausse de 1,9%, sans que l’on puisse  exclure un certain dérapage,  car, au fur et à mesure  de  la discussion budgétaire, le gouvernement opère certains   retours  en  arrière pour ne pas trop alourdir la facture. Par ailleurs, en l’absence d’élections prochaines, les collectivités locales ont tendance à laisser les dépenses repartir à la hausse, tandis que la lutte contre  l’absentéisme pourtant particulièrement élevé,  ne marque aucun progrès, alors que l’âge moyen du personnel municipal ou régional ne cesse de s’élever : en dix ans, il est passé de 44,2 ans à 46,7 et un quart du personnel a plus de 50 ans, avec des rémunérations  qui augmentent avec l’âge. 

Le sentiment prévaut que le gouvernement mise trop sur la croissance pour résoudre les difficultés de l’économie, ce qui  exerce une influence  paralysante et risque de réduire les efforts annoncés pour remettre le pays sur les rails. A Bruxelles, les jugements ont  tendance  à se durcir sur les capacités de la France à se réformer  et au risque de retomber dans les  erreurs du passé.

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