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Pourquoi la France ne peut plus attendre 2017 pour commencer à se réformer
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Edito

Pourquoi la France ne peut plus attendre 2017 pour commencer à se réformer

Les désordres s’accumulent dans le pays avec la multiplication de conflits sociaux dont le caractère violent s’aggrave chaque jour en raison des difficultés que connaissent aussi bien les agriculteurs que les chauffeurs de taxis, mais qui affectent bien d‘autres secteurs tels que le commerce, les banques ou le tourisme.

Michel Garibal

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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C’est une atmosphère crépusculaire qui règne en France en ce début d’année, où les épreuves s’accumulent pour François Hollande. Sa grande quête du rassemblement de la gauche a volé définitivement en éclats avec le départ du gouvernement  de Christiane Taubira et la pression monte au sein du PS en faveur d’une primaire avant la prochaine élection présidentielle, ce qui compromettrait les espoirs de réélection du chef de l’Etat.

Les désordres s’accumulent dans le pays avec la multiplication de conflits sociaux dont le caractère violent s’aggrave chaque jour en raison des difficultés que connaissent aussi bien les agriculteurs que les chauffeurs de taxis, mais qui affectent d’une manière plus sourde, bien d'autres secteurs tels que le commerce, les banques ou le tourisme. Tandis que la grande promesse de François Hollande, martelée à chaque occasion, concernant le renversement de la courbe du chômage, s’est effondrée de la manière la plus piteuse avec le nouveau record des sans emploi enregistré en décembre dernier. Un bilan consternant, une véritable marque au fer rouge avec sept cent mille individus supplémentaires concernés depuis le début du quinquennat. Un record dont la fameuse exception française se passerait bien, puisque le chômage régresse partout en Europe, sauf dans notre pays. Tandis que les espoirs d’une amélioration  paraissent bien précaires, au moment où les grands pays comme les  Etats-Unis, l’Allemagne ou la  Grande-Bretagne connaissent un ralentissement  de leur rythme de croissance.

La France ne peut indéfiniment compter sur les autres pour améliorer sa conjoncture. Elle subit au demeurant des injonctions  de plus en  plus pressantes de ses partenaires, du Fonds Monétaire International ou de la Commission européenne pour s’engager résolument  dans les  réformes. Mais sa réponse est toujours dans le Verbe, jamais dans l’action positive. La communication fait figure de décision, mais le  changement  ne suit pas. Ce n’est pas faute d’interventions parlementaires. La machine  à légiférer tourne  même à plein régime, mais c’est pour produire des textes bâclés, qui obligent souvent à revenir en  arrière en raison de leur imprécision et qui vont toujours dans le même sens, celui de   conforter la situation de ceux qui sont  en  place,  améliorer  encore si faire se peut,  leurs « droits », en laissant  de côté une partie croissante  de la population hors des chantiers du travail, en ajoutant  toujours un peu plus de complexité et de freins au progrès, la dernière trouvaille dans ce domaine étant la loi sur la pénibilité, pratiquement inapplicable, mais  qui va  ajouter  un surcroît de charges  aux entreprises.

En fait, le pouvoir est en proie à un véritable  désarroi. Il prend  conscience  chaque jour des effets de la révolution internet qui transforme la vie économique, en donnant un nouveau visage à une mondialisation qui fait disparaître une  grande  partie de tous les corps intermédiaires, dont la France est particulièrement dotée. L’économie numérique donne  un formidable coup de vieux à notre politique fiscale, éducative et réglementaire. Elle implique  une mutation  complète du droit social devenu obsolète. Mais devant l’énormité  du changement nécessaire, François Hollande est tétanisé et selon son habitude refuse de choisir. Demander à l’ancien ministre  de  la justice de 1981,  Robert Badinter de formuler des propositions nouvelles après toutes celles qui ont déjà été produites était une initiative dérisoire.Tout cela pour en rester aux bouts de ficelle traditionnels : les contrats aidés , ou le recours à une formation inadaptée  au monde  de demain. A vouloir ménager, comme d’habitude l’ancien et le nouveau, on perdra sur les deux tableaux et les Français, qui sont mûrs aujourd'hui pour accepter le changement que leur refusent les politiques, continueront de ressasser leur amertume  devant le déclin  du pays qui leur paraît inexorable.                

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