Pourquoi il ne faut pas attendre l’adolescence pour donner à ses enfants une bonne éducation sur leur image corporelle à l’âge de Snapchat ou Instagram | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Media
Pourquoi il ne faut pas attendre l’adolescence pour donner à ses enfants une bonne éducation sur leur image corporelle à l’âge de Snapchat ou Instagram
©Shaukat Ahmed / AFP

La Guerre d'égo

Pourquoi il ne faut pas attendre l’adolescence pour donner à ses enfants une bonne éducation sur leur image corporelle à l’âge de Snapchat ou Instagram

Une étude parue sur le site web Mashable parle de l'image qu'ont d'eux même les enfants à l'heure de Snapchat. Elle dresse un bilan inquiétant sur la comparaison permanente avec les autres et le fait que les jeunes ont une image d'eux-même qui est "désaxée"

Eric Delcroix

Eric Delcroix

Eric Delcroix est conférencier et consultant, spécialiste du web 2.0, des réseaux sociaux et de l'identité numérique. Il a notamment participé à l'ouvrage Les réseaux sociaux sont-ils nos amis ?, paru en juin 2012. Il est créateur du site Génération Z.

Voir la bio »

Atlantico : A quel point les réseaux sociaux transforment la construction de l'image des enfants ?

Eric Delcroix ; Si je prends la génération Z (entre 95 et 2010) les réseaux sociaux ont une importance capitale pour eux. La présence et les images qu'ils vont mettre dedans sont emprunts de principes : s'ils sont malades, ils ne vont pas se photographier car cela ne reflètera pas une bonne image d'eux. Ils font évidemment très attention à cette apparence qu'ils répandent sur les réseaux sociaux sur fond de concurrence permanente, comprenez "la course au plus beau, à la plus belle".

Toutefois cela va dépendre des âges. Si l'on prend les plus jeunes vers 10/12 ans, ils auront très tendance à faire cette comparaison et cela va s'atténuer avec l'âge. Cependant, ils restent très attentifs à la beauté des photos qu'ils publient, c'est une chose invariable peu importe l'âge.

La génération Z est une génération très orientée "image". Son moyen de communication c'est presque exclusivement de l'image:  Snapchat, Instagram… Ce n'est que de l'image… Et Youtube en était déjà aussi. Donc toutes les images publiées doivent avoir un sens et le poids, l'importance des images va s'accroitre avec la génération qui suivra.

On retrouve la même chose dans le domaine des voyages : une époque beaucoup de gens faisaient des montages photos pour faire croire qu'ils allaient à l'étranger.

Les jeunes, lorsqu'ils voyagent ont toujours cette volonté de montrer "qu'ils y étaient" et vont se prendre en photo devant un monument, non pas par intérêt pour le monument en question mais plus pour se montrer devant. Et pour cela, il suffit parfois de passer en voiture devant, s'y arrêter devient superflu. 

Comment les parents peuvent-ils appréhender l'éducation de leurs enfants sur ce point ?

Il y a une totale incompréhension des générations sur ce point. Ne serait-ce que sur la question de la vie privée : Jean-Marc Manach écrivait il y a 10 ans un livre sur la vie privée des vieux cons / jeunes cons.

La notion de vie privée entre nous et la génération Z est différente. Ils vont publier des images qui pour eux ne paraissent absolument pas problématiques alors que pour nous elles le seront. Les parents doivent imposer des règles et encadrer les pratiques. Il n'est pas ici question d'interdire quoi que ce soit mais d'éducation. 

Jusqu'où cela peut aller dans cette mise en scène de la vie ?

Cela n'a pas de limites mais les gens ne sont pas dupes, ils comprennent que le système est faussé quelque part. Si vous suivez les influenceurs, vous vous rendez compte qu'il y a des vagues, des tendances qui émergent de temps en temps et qui sont de la publicité à peine déguisée. Et les jeunes s'en rendent compte assez rapidement.

 

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !