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En 2015, les gigantesques feux de forêts, notamment en Indonésie se sont multipliés.
En 2015, les gigantesques feux de forêts, notamment en Indonésie se sont multipliés.
©Reuters

Mauvaise année

Pourquoi il faut s'attendre à un chaos météorologique en 2016

Les images satellites de la NASA montrent que le phénomène El Niño continue de s'intensifier.

2015, année des records de chaleur. 2016 sera-t-elle pire ? Evidemment, la météo est capricieuse et il est impossible de prévoir avec assurance ce que nous réserve le ciel surtout à l’échelle d'une année. De plus, le changement climatique brouille les pistes, provoquant des vagues de chaleur et des catastrophes climatiques inattendues. Mais l'année 2015 a ajouté un nouveau facteur à prendre en compte : El Niño. Un phénomène aussi mystérieux qu'imprévisible qui frappe nos océans avec des conséquences mondiales.

D'ailleurs, avant l'été dernier, les scientifiques estimaient que son impact serait vraisemblablement faible. Mais les nouvelles images du satellite Jason-2, construit par la Nasa et le Centre national des études spatiales (CNES) viennent de prouver qu'il s'agit bien d'une année terrible qui nous attend. Déjà les répercussions se sont faites sentir sur toute la planète dès cet été : en Asie, la mousson, indispensable aux cultures, a cruellement manqué et les gigantesques feux de forêts, notamment en Indonésie se sont multipliés. En Inde, ce sont des vagues de chaleur qui ont marqué ces derniers mois, tuant des centaines de personnes.

L'Afrique du sud a aussi subi la sécheresse tandis que l'Amérique du sud a été ravagé par des fortes inondations et des ouragans dans le Pacifique. Sous l'eau, les coraux ont dangereusement blanchi. "Partout dans le monde , la production de riz, de blé, de café et d'autres cultures a été durement touchée par les sécheresses et les inondations, conduisant à des prix plus élevés" souligne la Nasa dans un communiqué.

http://sealevel.jpl.nasa.gov/elnino2015/1997vs2015-release-contour-700.jpg
Les images de 1997 et 2015

"El Niño est une anomalie positive des températures d'eaux de surface du Pacifique depuis l'Amérique Equatoriale jusqu'au centre de l'océan, plus ou moins cyclique puisque le phénomène se produit une à deux fois par décennie" décryptait pour Atlantico le météorologue et climatologue Régis Crépet. Littéralement "l'enfant Jésus'," il apparaît au grand jour autour de Noël. S'il n'est pas possible de prévoir son impact, deux images des courants chauds océaniques, mises en parallèle laissent craindre le pire. Celle de 2015 ressemble à s'y méprendre à celle de 1997. Or, c'est l'année suivant, en 1998, que El Niño a fait le plus de ravages. Si on suit le même procédé, désormais, ce sont les Etats-Unis qui vont être touchés par le phénomène, dès ce début d'année, pense la Nasa : froid et humide dans le sud et chaud et sec dans le nord du pays. En 1998, la Californie avait connu une pluviométrie terrible avec une augmentation des précipitations de 150 à 200 %, phénomène qui se se réitérer dans les prochains mois, après des années de sécheresse. "Et cela pourrait avoir des conséquences dramatiques : en tombant sur des sols desséchés et souvent sans végétation du fait des feux de forêt récurrents, ces pluies diluviennes envisagées pourraient provoquer des coulées de boue terribles et des inondations très importantes" explique Frédéric Decker, météorologue à "Météo News" et géographe. Aussi violentes que brèves, ces pluies ne pourront même pas remplir les nappes phréatiques, désespérément vides de la Californie.

Voilà comment fonctionne réellement El Niño (et pourquoi le millésime 2016 risque d’être un des pires de l'Histoire)

De l'autre côté de la planète, c'est l'inverse. L'Australie devrait connaître une sécheresse tenace tout comme l'Indonésie. Les ouragans devraient se montrer féroces et les catastrophes sont, malheureusement, très probables, au moins jusqu'au printemps prochain, date à laquelle le phénomène devrait diminuer en intensité et prendre fin. En Europe, le phénomène est moins marqué et son véritable impact est discuté. Au mieux, on observe quelques similitudes (un hiver doux qui se rafraichit sur la fin) mais difficile de voir l'impact. Mais cette année 2016 pourrait être un marqueur important car le phénomène semble plus avancé qu'en 1997, laissant craindre une amplification des conséquences. Il faut s'y attendre. Si 2015 était une année climatique étrange, 2016 promet de mauvaises surprises.

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