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Pourquoi  François Hollande rouvre les vannes de la dépense publique et reporte les réformes : la campagne pour la présidentielle est ouverte
©Reuters

Edito

Pourquoi François Hollande rouvre les vannes de la dépense publique et reporte les réformes : la campagne pour la présidentielle est ouverte

Le président de la République est en campagne : les réformes structurelles sont remises à plus tard. La loi Macron, elle, est presque abandonnée, la plupart des décrets d’application étant toujours en attente.

Michel Garibal

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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Cette fois, il n’y a pas de doute. Pour François Hollande, la campagne électorale est ouverte. Le combat est engagé avec son arme principale : la multiplication des promesses et l’ouverture des vannes de la dépense publique, sans se préoccuper des engagements vis-à-vis de l’Europe. Les réformes structurelles sont remises à plus tard. La loi Macron est presque abandonnée, la plupart des décrets d’application étant toujours en attente. On revient à la vieille antienne, sur le retour de la croissance qui serait apportée par nos voisins et finirait par avoir un effet d’entraînement chez nous.

Il est vrai que la comparaison avec le plus proche d’entre eux, l’Allemagne, est confondante. Elle annonce un excédent de douze milliards d’euros de ses comptes publics, lorsque nous nous glorifions d’un déficit de 70 milliards parce que la faiblesse des taux d’intérêt nous a permis d’économiser trois ou quatre milliards par rapport aux prévisions. Berlin voit son chômage diminuer der moitié en dix ans, tandis que nous portons le bonnet d’âne en Europe avec une augmentation constante du nombre des sans emplois sans que se dessine la moindre perspective favorable.

 S’il y a un domaine sur lequel on ne peut taxer François Hollande de manquer de continuité, c’est bien son obstination à ne pas engager les réformes structurelles qui ont été mises en œuvre par la  plupart des autres nations européennes et que Bruxelles comme la Cour des Comptes réclament à cors et à cris. Au contraire, le gouvernement  s’enfonce résolument  dans la politique de traitement social du chômage, qui s’est toujours révélée ruineuse et inefficace, même si elle jette de la poudre aux yeux dans un premier temps. Ainsi deux milliards d’euros vont être consacrés à tenter d’inverser la courbe du chômage, en mettant en apprentissage un nombre  irréaliste de demandeurs d’emplois ou encore en affichant l’intention d’étendre le service civique à la moitié d’une classe d’âge, autant de moyens artificiels pour réduire le nombre de chômeurs le temps d’une élection. Par ailleurs, trois milliards devraient être consacrés à la rénovation énergétique, tandis que 750 millions alimenteront des dépenses nouvelles pour améliorer la sécurité face aux risques d’attentats.  Sans compter les initiatives parlementaires qui se multiplient dans les domaines les plus variés pour alimenter la machine à secréter des déficits. Mais l’Elysée n’en a cure. L’essentiel est désormais d’ouvrir des crédits nouveaux, pour donner  le sentiment de satisfaire des besoins, sans vérifier que l’on pourrait faire des économies en améliorant  l’organisation de l’administration. Il y a ce vieux réflexe traditionnel qu’il faut dépenser plus pour que les choses aillent  mieux.

  Ces vues à court terme selon des poncifs éculés, mais qui continuent à être véhiculés dans les antichambres ministérielles ne profitent pas pour l’instant à François Hollande, dont la  popularité retombe au plus bas.  L’image de chef de guerre qu’il tente de se donner dans la lutte antiterroriste n’efface pas celle d’une personnalité molle, incapable de suivre un cap précis pour éviter que la France reste le cancre de la classe européenne sur le  plan économique. Pas étonnant  que les chefs d’entreprise ne croient pas à la possibilité des réformes qui les inciteraient à embaucher. Tous les sondages témoignent pourtant  que l’opinion publique est mûre pour engager une transformation radicale du pays. Rien ne bougera cependant avant les élections : le statu quo a été décrété en haut lieu par une classe politique vieillie, arc-boutée sur ses prérogatives, qui refuse toujours de s’adapter à un monde en changement permanent.

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