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Pourquoi Emmanuel Macron n’est pas centriste
©JACQUES DEMARTHON / AFP

Etiquette politique

Pourquoi Emmanuel Macron n’est pas centriste

Emmanuel Macron a tenté d’ériger le « en même temps » en la pierre angulaire de sa politique. Et c’est à tort que beaucoup de commentateurs et d’analystes, entraînant avec eux nombre de nos concitoyens, en ont déduit qu’il était centriste.

Dominique Paillé

Dominique Paillé

Dominique Paillé est avocat au Barreau de Paris. Député Honoraire. 

 
 
Né le 28 mai 1956 à les Aubiers (79) France, il débute sa carrière professionnelle comme haut fonctionnaire hospitalier. Diplômé de sciences politiques (Paris) et titulaire d’un doctorat de l’université de Paris IX Dauphine, il devient directeur d’hôpital à sa sortie de l’Ecole Nationale de la Santé Publique (1981). Il occupe ces fonctions à Paris (hôpital Boucicaut puis Hôtel Dieu) de 1981 à 1988, tout en assurant en parallèle le Secrétariat Général de son syndicat professionnel (SNCH). 
 
En 1988, il entame une carrière politique d’abord au sein de l’UDF et du Parti Radical puis lors de la fusion avec le RPR à l’UMP. 
 
Cette carrière politique sera menée à la fois à travers des mandats électifs et des responsabilités partisanes :
 
-Maire de Nueil les Aubiers (1988-2002), il est élu député des Deux-Sèvres en 1933, et régulièrement réélu jusqu’en juin 2007.
 
-Secrétaire Général du Groupe union du Centre à l’Assemblée nationale (1889-1993),
Délégué général de l’UDF (1995-2002), Secrétaire Général Adjoint et porte-parole de l’UMP (2007-2010).
 
A cette même époque, il est conseiller politique du Président de la République, Nicolas Sarkozy pour s'occuper notamment des questions relatives aux français établis à l’étranger et à la coopération avec l’Afrique. 
 
Il abandonne en 2011 toute activité politique active pour se consacrer à la création et au développement de son Cabinet d’avocat au barreau de Paris. Il accepte néanmoins à cette époque, compte tenu de sa connaissance approfondie de l’Afrique et du Moyen-Orient la présidence de L’office Français d’Immigration et d’Intégration (OFII) pour un an (2012).
 
Il est également l’auteur de plusieurs ouvrages : Panique à l’Elysée (Grasset, 2012), Nicolas Sarkozy, retour perdant (Archipel, 2013), les Deux-Sèvres, l’autre pays du vin (Geste Editions, 2006), le service de santé des armées, la face cachées (l’harmattan).
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Or c'est méconnaître le centrisme que de penser qu'il ne s'agit que d'un positionnement central sur l'échiquier qui glanerait à gauche et à droite pour mener une action politique !

Le centrisme c'est une idéologie et une méthode.
L'idéologie est un humanisme qui place l’Homme et les valeurs humaines au-dessus de toutes les autres. Et sur ces fondements, le centrisme prône une évolution progressive et partagée de la société.
C’est l’apologie de l’harmonie d’un développement non prédateur auquel chaque individu doit participer, à la fois en termes d’obligations mais également de partage des résultats. 
Le centrisme, c’est l’exact opposé de la théorie des premiers de cordée qui tirent tous les autres… 
Pour tendre vers cet objectif, le centrisme est également une méthode de gouvernance. Elle repose sur un triptyque fondé sur la confiance dans la personne, son intelligence individuelle et collective et sa prise directe de responsabilité : 
-la décentralisation qui permet de situer au plus près des problèmes, le choix des décisions. 
-le dialogue permanent et organisé avec les partenaires sociaux. C’est la seule garantie d’équité dans la réglementation sociale à appliquer, dans le juste partage des efforts à fournir ou de la distribution des « bénéfices » des politiques macro ou micro économiques mises en œuvre. 
-la cohérence sociétale garantie par l’État à travers ses pouvoirs régaliens, ses fonctions d’arbitrage des problématiques économiques et sociales qui ne pourraient se régler à un autre niveau et en tout état de cause sa prééminence dans les décisions d’organisation de la Société et des règles qui conditionnent la cohésion nationale. 
Il n'est point besoin d'épiloguer pour mesurer combien aujourd'hui le Président et son Gouvernement s'en trouvent éloignés. 
Il reste cependant un élément fondamental de la « doxa » centriste que semblait partager à son arrivée au pouvoir Emmanuel Macron, celui de l’indispensable renforcement de l’Union Européenne dans un monde multipolaire et instable. 
Mais hélas, le comportement du Président à l’égard - pour ne pas dire à l’encontre - de nos partenaires, sa recherche de clivage européen pour mieux servir ses combats politiques et électoraux intérieurs, ont mis à mal une institution déjà « titubante », à l’avenir incertain faute de savoir répondre aux préoccupations des peuples qui la composent. 
Le centrisme, au niveau européen est plus une démarche de confortement des acquis par petites touches qu’une chevauchée aussi vaine que fantasque pour pourfendre ceux qui ont l’outrecuidance de tenir un autre discours que celui attendu par l’intelligentsia, par nature éclairée et détentrice de la vérité absolue. 
Un tel comportement sans concession n’est voué qu’à l’échec par éclatement ou retraite piteuse ! 
Une fois encore sur ce terrain comme au niveau national notre Président n’est pas centriste ! 
C’est d’ailleurs dommageable pour tous, car l’Histoire lui offrait dans ce cadre une chance unique de réussir dans l’intérêt du pays. Et comme chacun le sait histoire ne repasse jamais les plats !

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