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Steve Jobs a notamment confié à son proche collaborateur qu'il était "aussi fier des idées qu'il n'avait pas concrétisées que des projets qu'il avait réalisés".
Steve Jobs a notamment confié à son proche collaborateur qu'il était "aussi fier des idées qu'il n'avait pas concrétisées que des projets qu'il avait réalisés".
©Reuters

NO WAY

Pour réussir votre vie professionnelle, apprenez à dire "non" comme Steve Jobs

Savoir dire "non" aux propositions de ses collaborateurs est un exercice difficile qui requiert un certain savoir-faire, en particulier dans le monde de l'entreprise. Mais une fois maîtrisé, c'est un précieux atout pour réussir une carrière professionnelle.

Didier J. Durandy

Didier J. Durandy

Après un début de carrière à la Citibank de New York, puis dans le groupe Société Générale à Londres, Didier J. Durandy a créé le cabinet Grant Alexander à Londres, puis Paris, avant de se consacrer à la recherche, à la formation et au consulting en techniques de décision dans 18 pays pour le compte de plus de 150 entreprises. Il est l'auteur de deux ouvrages aux éditions Eyrolles : L'audace de réussir et Décider pour gagner. Plus d'informations sur www.deciderpourgagner.com

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Atlantico : Selon le témoignage d'un de ses proches et ancien collègue Jonathan Ive, l’une des clés du succès de Steve Jobs a été de savoir dire "non" à certaines bonnes idées pour pouvoir se concentrer sur des projets plus "importants". D'après vous, devrions-nous apprendre à dire "non" plus souvent au cours de nos vies professionnelles, même lorsqu'une nouvelle idée nous parait bonne ? Est-ce une des clefs de la réussite professionnelle ? 

Didier J. Durandy : Ce qui est intéressant dans le "non" et dans le "oui", c’est la faculté de réfléchir. C’est-à-dire que dans une équipe, ce qui est frustrant, c’est quand le décideur dit "non" de façon abrupte. Ce "non" ne permet pas de s’exprimer et ne donne pas libre cours à une réflexion constructive qui nous permettra d’avancer et de trouver autre chose de mieux. Le "non", au contraire, doit servir de rebond vers d’autres décisions, et ce en fonction des raisons pour lesquelles nous avons dit "non".

Il existe deux raisons pour lesquelles il ne faut pas que le "non" soit catégorique. La première, c’est que cela n’aide pas à la réflexion. La seconde : dire "non" est démotivant. Il faut considérer le non comme un moyen de réflexion et de motivation. Par exemple, la personne à qui l’on dit "non" doit continuer de proposer, car un jour, sa proposition se transformera en "oui". C’est un moyen de trouver des solutions et d’avancer.

En ce qui concerne le non et le oui, qui est l’étape centrale de mon processus de décision, il existe trois grandes étapes de décision : la préparation, le choix et l’application. Le choix consiste en deux décisions. Soit "oui", soit "non". Mais pour que le choix ait de la valeur, il est nécessaire que la préparation ait été bien faite. Et pour que celle-ci soit bien faite dans une équipe, il faut solliciter les bonnes personnes. Les choix qui sont faits ne tiennent souvent pas compte des plus-values, des talents ou de l’expérience des collaborateurs de l’entreprise. Cela n’est bénéfique pour personne car il est nécessaire que toutes les forces vives de l’entreprise, peu importe leur fonction et leur hiérarchie dans l'entreprise, participent à l’étude d’une décision à prendre, de façon à que celui qui la prendra puisse prendre en compte tous les éléments à sa disposition. Il s’agit de donner une décision en connaissance de cause et en ayant sollicité les bonnes personnes au bon moment.

Steve Jobs a notamment confié à son proche collaborateur qu'il était "aussi fier des idées qu'il n'avait pas concrétisées que des projets qu'il avait réalisés". Comment Steve Jobs arrivait-il selon vous à évaluer s'il fallait concrétiser une bonne idée ou pas ? Quels critères prenait-il en compte ? Est-ce judicieux de les appliquer à notre vie professionnelle ?

Il est d’abord nécessaire que les collaborateurs fassent un maximum de proposition. Et ensuite, il faut que la réponse, négative ou positive, soit motivante. Si la réponse est trop catégorique, comme par exemple, “Non, cette idée est stupide”, notre collaborateur ne souhaitera plus faire de propositions, ce qui est contre-productif. La personne en charge doit justifier la raison de cette décision. C’est un moyen pour l’équipe de mieux savoir ce que cette personne veut et de connaître sa vision des choses.

Parmi les critères pour évaluer si l’on doit dire "oui" ou "non", il y a des critères financiers (pas assez de moyens pour réaliser un projet), techniques (pas le bon matériel pour effectuer une tâche) et temporels (pas assez de temps pour lancer un projet) à prendre en compte. L’instinct est quelque chose que l’on doit prendre en compte, mais avec une certaine parcimonie et une certaine expérience des événements, en particulier lorsqu’il s’agit de prendre une décision difficile à critère ou paramètre identiques.

Quelles autres méthodes que celles de Steve Jobs conseillez-vous pour réussir à savoir s'il faut concrétiser une bonne idée professionnelle ou pas ?

Je dirais qu’il est nécessaire d’adopter une position de “visionnaire” qui nous permette d’avoir une vision globale des projets ou des événements. Bien souvent, les décisionnaires prennent des décisions après que leur travail soit terminé, généralement le vendredi, lorsque tout le monde est fatigué. Au contraire, il faut consacrer d'avantage de temps à l’avenir et aux projets et s’en charger au plus tôt, le lundi matin par exemple.

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