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Plein emploi, fin de la déflation, et retour de la croissance : le succès des Abenomics 3 ans après leur mise en place
©Reuters

Exemple d’une droite qui gagne

Plein emploi, fin de la déflation, et retour de la croissance : le succès des Abenomics 3 ans après leur mise en place

Alors que les premières estimations faisaient état du retour de la récession au Japon, une révision des chiffres à la hausse permet au pays d’afficher des résultats inédits depuis 20 ans. Entre plein emploi, fin de la déflation, et retour de la croissance, les Abenomics prouvent leur efficacité.

Nicolas Goetzmann

Nicolas Goetzmann

 

Nicolas Goetzmann est journaliste économique senior chez Atlantico.

Il est l'auteur chez Atlantico Editions de l'ouvrage :

 

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Après une première estimation négative publiée à la mi-novembre, les derniers chiffres de la croissance japonaise sont finalement ressortis à la hausse, à +0.3% sur ce dernier trimestre, soit +1% en terme annuel, et +1.67% depuis le troisième trimestre 2014. Ainsi, suite à trois années d’une cure nommée Abenomics, du nom du premier ministre victorieux en décembre 2012 ; Shinzo Abe, le Japon semble afficher une santé économique retrouvée.

En effet, en mettant en place une politique reposant principalement sur une stratégie de relance monétaire, au travers d’une vigoureuse action menée par la Banque du Japon, Shinzo Abe a frappé directement la cause du mal qui frappait le pays, c’est-à-dire une situation de déflation. Les critiques des membres de l’orthodoxie continuent de pleuvoir, mais les résultats macroéconomiques suffisent à valider le choix fait par l’exécutif japonais.

Ainsi, pour le gouvernement de Shinzo Abe, l’objectif prioritaire était de briser la tendance déflationniste qui tenait le pays à la gorge depuis 20 ans. La simple observation du déflateur du PIB révèle la réussite de cette entreprise, sous les coups de la création monétaire en provenance de la Bank of Japan :

Japon. Déflateur du PIB. 1994-2015. Source Ministry of internal affairs and communications

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Et cette stratégie s’est avérée payante pour l’économie du pays. En premier lieu, du point de vue de la croissance. Car en raison de la déflation, la stagnation économique a duré près de 15 ans, pour finir par un écroulement total dans les années 2008 et 2009. Puis, par sa lutte anti-déflation, le gouvernement est parvenu à lever les barrières à la croissance, et celle-ci s’est précisément accélérée à partir de l’élection de Shinzo Abe, c’est-à-dire depuis la fin de l’année 2012.

PIB à prix courants. Japon. 1994-2015. Source Ministry of internal affairs and communications

En prenant en compte l’ensemble des trimestres écoulés depuis l’arrivée de Shinzo Abe, il apparaît que le rythme de croisière atteint aujourd’hui par l’économie japonaise est inédit depuis près de 20 ans :

Croissance glissante du PIB sur 12 trimestres. Prix courants. Japon. Source Ministry of internal affairs and communications

En second lieu, l’emploi. Le scepticisme développé autour de la relance monétaire a longtemps fait état de son incapacité à faire baisser le taux de chômage, mais les chiffres démontrent l’inverse. Grâce à ce renouveau de croissance économique, les entreprises ont repris le chemin de l’embauche, ce qui a permis la création de plus de 1.4 million d’emplois depuis décembre 2012, soit la plus forte dynamique connue dans le pays depuis 1993.

Nombre total de personnes employées au Japon. En dizaine de milliers Source Ministry of internal affairs and communications

Dès lors, si la lutte anti déflation a permis la relance de la croissance et de la création d’emplois, tout naturellement, la baisse du chômage a suivi le mouvement. Désormais, le taux de chômage du pays atteint 3.1%, c’est-à-dire le plein emploi.

Taux de chômage 2013-2015. Source Ministry of internal affairs and communications

D’autres indices permettent encore de confirmer cette nouvelle tendance japonaise. Pendant que les salaires réels ont profité d’une hausse de 0.7% au cours de cette dernière année, les profits des entreprises battent record sur record, à 17.5 milliards de yen pour l’année 2015 pour les 195 plus grandes entreprises japonaises, pour finir par la hausse de 50% de la balance commerciale du pays, à 8.7 milliards de Yen (entre janvier et septembre).

Malgré ces résultats, l’approche hétérodoxe de Shinzo Abe suscite encore la méfiance. Pourtant, c’est grâce à cette révolution intellectuelle du parti libéral démocrate japonais, que le premier ministre est également parvenu à briser une autre tendance japonaise, celle d’une instabilité gouvernementale totale. Shinzo Abe est aujourd’hui au pouvoir depuis 3 ans, une première depuis ​​Jun'ichirō Koizumi, qui avait tenu les rênes du pays entre 2001 et 2006.

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