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Trois hommes, trois jeux, trois styles. Roger Federer, Rafael Nadal et Novak Djocovic.
Trois hommes, trois jeux, trois styles. Roger Federer, Rafael Nadal et Novak Djocovic.
©Reuters

A la volée

Open d’Australie : Nadal, Federer, Djokovic, qui de ces trois mousquetaires l'emportera ?

Trois hommes, trois jeux, trois styles. Roger Federer, Rafael Nadal et Novak Djocovic. L'un d'entre eux devrait emporter la finale de l'Open d'Australie. Revue de leurs forces et faiblesses.

Philippe Verneaux

Philippe Verneaux

Philippe Verneaux est journaliste sportif et auteur de L'argent dans le sport (2005, Flammarion). Il anime le blog sportmood.fr.

 

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Attention poids lourds, très lourds. Jamais sans doute depuis Björn Borg, Jimmy Connors et John McEnroe dans les années 1970-1980, un trio n’avait autant pesé sur l’élite du tennis. Roger Federer, Rafael Nadal et Novak Djokovic, dans l’ordre chronologique de leur apparition dans le gotha, écrasent tout et sur toutes les surfaces. En Austalie, où se tient actuellement le premier Grand Chelem de la saison 2012, on ne voit pas a priori qui pourrait empêcher l’un des trois grands prédateurs de croquer la Coupe ni pourquoi ou comment leur guerre intestine pour le leadership devrait s’interrompre avant longtemps.

Si l’on en est arrivé là, c’est que rien n’est plus tout à fait comme avant. Le séisme 2011, le tsunami Djokovic, est passé par là. Le Serbe, jusque-là dauphin malheureux des deux empereurs, a déferlé sur des tournois phagocytés depuis cinq ans par le Suisse et l’Espagnol, (22 titres majeurs sur 24 à eux deux de 2005 à 2010 !), en gommant, grâce aux précieux conseils de son entraîneur Marian Vajda, ses deux principaux défauts, son service de grand-mère et son coup droit flottant.

Un bouleversement tel que les deux Titans en ont parfois perdu la boule, et souvent la balle. Federer s’est mis, chose inimaginable, à perdre des matches quasiment gagnés (deux fois notamment contre "Djoko", après des balles de match, et une contre Joe Wilfried Tsonga après avoir mené deux sets à zéro). Et Nadal, plus inimaginable encore, a pour la seule fois de sa carrière développé un complexe d’infériorité (également contre « Djoko », s’inclinant six fois sur six, dont deux en son royaume alors sans partage de la terre battue) !

Djokovic se serait-il donc définitivement revêtu de la toison d’or ? C’est la question à environ douze millions de dollars, somme record empochée l’année dernière par le nouvel ogre de la balle jaune (dix titres dont trois Grands Chelems). La fin de saison 2011 a quelque peu éclairé ceux qui se la posaient. Federer, l’ancien Zeus, a retrouvé comme par enchantement souffle et magie. Roger semble même plus zen qu’au temps de sa splendeur où, par exemple, il ne supportait pas qu’un Nadal lui résiste en fond de court. Le nouveau père de famille accepte désormais la contradiction de son génie, en faisant par exemple un usage beaucoup plus fréquent et efficace de son revers slicé.

Dans cette fin d’Open d’Australie et bien sûr dans les mois qui suivront, tout dépendra, à un niveau pareil d’excellence et de tension guerrière, de la fameuse pression dans et au-dessus des têtes. Le nouveau numéro 1 mondial a lui-même récemment craqué, mentalement et physiquement, s’écroulant littéralement sur le court en Coupe Davis, payant douze mois d’efforts et de tensions colossaux. Nadal a lui aussi commencé ces derniers temps à voir son corps lui envoyer des signes très nets de lassitude (épaules, genoux, comme dimanche dernier juste avant son 1er tour à Melbourne où il failli déclarer forfait). La raison et son immense orgueil de champion jamais rassasié, l’ont poussé à une gestion plus saine de son calendrier et de son outil de travail, qu’il a alourdi de… trois grammes ! Le Majorquin prend davantage la parole, aidé enfin par un anglais compréhensible. Et davantage de positions, comme au sein des instances de l’ATP. Résultat, une divergence, la première en une décennie, avec Federer, qualifié (dans une sorte de confession en vrai faux "off" avec des journalistes) de sorte de "gentleman" disant toujours "tout va bien…".

En cette première semaine australienne, les trois fauves ont paru retrouver les crocs en dévorant consciencieusement les proies qui ont eu le malheur de croiser leur chemin. Tout devrait se jouer comme de coutume à partir des demi-finales où, sauf cataclysme, Federer (tête de série 3) affronterait Nadal (2) pendant que Djokovic (1) serait opposé à celui - Andy Murray (4) et son nouveau mentor, Ivan Lendl - qui rêve d’entrer dans leur club, le club des vainqueurs. Si toutefois, mais c’est une autre histoire, l’Ecossais avait d’ici-là passé les obstacles Gaël Monfils et Jo-Wilfried Tsonga…

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