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Marlène Schiappa lors d'une visite officielle à Ajaccio, en Corse, le 11 août 2020.
Marlène Schiappa lors d'une visite officielle à Ajaccio, en Corse, le 11 août 2020.
©Pascal POCHARD-CASABIANCA / AFP

Tribune

Non, Madame Schiappa, les femmes ne sont pas une vitrine électorale !

Ce lundi, Marlène Schiappa s’est adressée aux Parisiennes dans un courrier, à trois semaines du premier tour des élections régionales. Dans cette lettre, la tête de liste LREM expose ses idées en cas de victoire. Elle détaille 15 engagements pour permettre aux femmes de Paris de vivre mieux, de façon moins anxiogène.

Manon Laporte

Manon Laporte

Manon Laporte est avocate fiscaliste, docteure en droit.

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Adresser une lettre aux seules parisiennes excluant d’emblée les hommes du débat et les autres territoires franciliens est à l’image de la Ministre déléguée chargée de la Citoyenneté : opportuniste et surréaliste.

La tête de liste du parti LaRem à Paris fait des propositions qu’elle juge concrètes pour les parisiennes.

Problème : toutes ses propositions ont déjà été menées depuis 2017 par la majorité régionale.

Madame Schiappa, habitée par son toupet habituel, ne s’en préoccupe pas. Elle nous rappelle que l’égalité entre les femmes et les hommes est la grande cause du quinquennat du Président de la République. Pour autant, laREM, qui s’était engagée durant la campagne présidentielle sur cette question, renonce à garantir la parité au sein des élus à l’Assemblée Nationale. Contrairement aux règles fixées en 2017, la contrainte paritaire et l’interdiction de se représenter pour les sortants ont effectivement disparu. Premier renoncement.

Et c’est cela la méthode d’un parti de la République qui fait fi de marcher mais qui, en réalité, stagne ou pire, recule face aux enjeux majeurs de notre société. Alors que dans le même temps, en 2017, Valérie Pecresse fait de la lutte contre les violences aux femmes la grande cause régionale.

D’ailleurs, depuis le 24 novembre 2020, un lieu unique d’hébergement, de soins et de resocialisation offrant 95 places pour des femmes en grande difficulté, victimes de violences conjugales a ouvert à Paris dans le quartier des Batignolles.

Dispositif unique porté par la Région avec un accompagnement global orchestré par l’association Aurore qui est une solution concrète loin des effets d’annonce de Madame Schiappa. Là où la candidate cherche à impressionner, la présidente de la Région Ile de France et son équipe travaillent.

Là encore, sur cette question essentielle des violences conjugales avec, fautil le rappeler, une femme qui meurt sous les coups de son conjoint tous les 3 jours, un dispositif « téléphone grave danger » est mis en place. Dès 2017, il est déployé sur l’ensemble des départements franciliens avec une enveloppe allouée de 200.000 euros par an qui démontre la mobilisation de la Présidente.

Madame Schiappa nous parle de sa volonté de porter une vision féministe de la région et continue à faire défiler des propositions qui ne font plus sens notamment avec la proposition « d’équiper les lycées de distributeurs de protections hygiéniques ». Problème là encore : ce dispositif est déjà existant mis en place par Valérie Pécresse dès la rentrée 2020 dans plus de trente lycées publics. Depuis le mois d’avril dernier, tous les établissements d’enseignement supérieur publics peuvent également en bénéficier.

Au total, ce sont un million de protections hygiéniques “Les Petites Choses” qui sont distribuées aux 465 lycées franciliens pour aider les adolescentes.

Sur la question du harcèlement, dès 2002, Valérie Pécresse, alors députée, lance la première un débat dans l’hémicycle.

En 2017, une vaste campagne de lutte contre le harcèlement dans les transports est déployée avec un système d’alerte anti-harcèlement et le numéro unique 3117 est créé sous l’impulsion de la Région.

Depuis l’application régionale « Navigo » , un bouton d’urgence peut également être utilisé pour demander de l’aide. Et enfin, un système exclusif d’arrêt à la demande existe sur les lignes de bus de nuit pour les femmes qui le souhaitent.

Avec Valérie Pecresse, 3000 agents de prévention sureté, 1000 agents de la sous direction de la police des transports, 1000 patrouilles de réservistes de la gendarmerie nationale sont déployés sur les réseaux de transports en grande couronne ( oui, Madame Schiappa, la Région ne se cantonne pas uniquement à la capitale).

D’autres actions existent notamment la vidéoprotection avec 80.000 caméras fixes embarquées déployées sur le réseau de transports francilien pendant que Madame Schiappa s’est contentée de réunir un « grenelle contre les violences conjugales » dont on ne sait plus rien aujourd’hui et qui n’affiche aucun bilan.

La vraie question est celle de l’engagement sur le terrain. Lorsqu’on peine à faire décoller sa campagne, tous les coups et tous les mensonges sont-ils permis ?

Lorsqu’on arrive derrière la liste du Rassemblement National, ne doit-on pas revoir ses priorités et sa manière de faire campagne ?

Pendant les municipales, Madame Schiappa cherchait déjà à récupérer des voix en s’adressant aux élus de terrain en les interrogeant :

« Êtes-vous prêts à faire passer votre pays avant votre parti ? »

Alors, Madame Schiappa, compte tenu de la démagogie qui habite vos propositions et votre engagement féministe dont vous pensez avoir le monopole, la question que nous sommes nombreux à nous poser est la suivante : Etes-vous prête à faire passer l’intérêt des femmes avant le vôtre et celui de votre parti ? ». Dans ce cas-là, et compte tenu de l’absence totale de projet réaliste, seul un soutien au bilan de Valérie Pécresse est à envisager.

Manon Laporte, avocate et docteur en Droit Francilienne Libre et engagée

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