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Terrain miné

Nicolas Hulot face aux mille et un pièges de l'appareil d'État

Pour le nouveau ministre de la Transition Energétique et Solidaire, la question de l'environnement se place bien au-delà des clivages droite-gauche.

Daniel Boy

Daniel Boy

Daniel Boy est directeur de recherche (FNSP) au CEVIPOF et enseignant au master de Sciences Po notamment en analyse quantitative des données.

Ses recherches se sont développées dans trois domaines : la sociologie électorale, l’écologie politique en France et en Europe, les relations entre science, technique et société.

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Atlantico : après avoir refusé d'intégrer les gouvernements de Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande, l'ancien animateur d'Ushuaia arrive à la tête du grand ministère de la Transition Énergétique et Solidaire du gouvernent d'Emmanuel Macron. Comment expliquer que Nicolas Hulot ait, cette fois, accepté la proposition ? Qu'a-t-il pu négocier pour cette offre ? 

Daniel Boy : La raison fondamentale, bien qu'il ne l'ait jamais dit de façon claire, est bien plus à l'aise avec un gouvernement à la fois de droite et de gauche, qu'avec un gouvernement très clairement orienté comme cela a pu être le cas avec François Hollande ou Nicolas Sarkozy. Il a cette neutralité dans son tempérament. Il a déjà quitté cette position en 2010 en s'alliant avec les verts et se positionnant à gauche. Ce ne lui avait pas vraiment réussi ; il s'était fait battre par Eva Joly. Il est beaucoup plus à l'aise dans un univers à la fois de droite et de gauche car cela fait partie de ses croyances sur le fait que l'écologie est un sujet qui doit se situer au-delà des clivages droite / gauche.  

Ministre d'État, quelles seront les marges de manœuvre de Nicolas Hulot par rapport aux autres ministères ? Jusqu'ici, les divers ministères en charge de l'environnement ont souvent été que secondaires. La question de l'environnement va-t-elle dorénavant enfin pouvoir prendre sa pleine dimension au sein du gouvernement Macron ? 

C'est encore trop tôt pour le dire. Mais il y a des signes évidents. D'abord, c'est qu'il s'agit d'un ministre d'État. Ce qui le place aux premiers rangs après le Premier ministre, aux côtés des ministres de l'Intérieur de la Justice. C'est important car cela lui donne la possibilité d'organiser des conférences interministérielles de lui-même. On va voir ensuite quel sera le périmètre de son ministère. On ne va pas le savoir tout de suite ; il faut d'abord que des décrets soient publiés, et qui disent exactement les charges et responsabilités de chaque ministre. Nicolas Hulot a certainement accepté car on lui offert un ministère aux compétences larges, qui englobent plusieurs domaines comme l'énergie. Il reste après des questions purement politiques, avec les problématiques du budget qui rentrent en compte. Tous les ministres de l'Écologie qui ont écrit leurs mémoires ont tous fait le même constat : l'Environnement a beaucoup de mal à imposer ses idées. Nicolas Hulot, lui, tente sa chance. Il explique lui-même qu'il n'est sûr que cela va marcher, mais qu'il ne peut pas laisser passer cette occasion. La situation est grave de son point de vue, même si on n'est pas convaincu à 100% de réussir. 

Il va falloir dorénavant attendre la publication des décrets arbitrant définitivement les limites de chaque ministère. Quels en seront les enjeux pour Nicolas Hulot ? Quelles seront les compétences les plus importants et les plus intéressantes pour son ministère ?   

Il y a non seulement l'écologie en tant que telle (protection de la nature etc), mais également les transports, extrêmement dépensiers en CO2 et donc cruciaux, et l'énergie. La question est d'avoir ces trois domaines, comme cela a été le cas avec le ministère de Borloo. 

 
 
 

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