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Maghreb, Moyen-Orient : 
libéraliser l'économie pour relancer la croissance ?
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Maghreb, Moyen-Orient : libéraliser l'économie pour relancer la croissance ?

La Banque mondiale, dans un rapport de juin 2011, s'attend à un ralentissement de la croissance des pays de la région Mena (Afrique du Nord et Moyen-Orient). Elle passerait de 7.3 % en 2010 à 6.3 % pour la période 2011-2013. Faut-il libéraliser davantage leur économie pour accroître leur compétitivité ?

Elodie Ritzenthaler

Elodie Ritzenthaler

Elodie Ritzenthaler est consultante et travaille essentiellement sur les sujets de politique commerciale.

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Les pays MENA – « Middle East and North Africa » couvrent communément vingt trois pays ou territoires [1]. Cette terminologie commune regroupe toutefois des pays très différents, en particulier pour ce qui est de leurs structures économiques et sociales. Si l’on différencie généralement les pays producteurs de pétrole des autres, un trait commun est probablement leur processus de libéralisation économique limité et tardif, relativement à d’autres pays en développement ou zones régionales et le faible de gré de diversification de leurs économies.

Parmi les pays MENA, si certains sont des membres fondateurs de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) [2] – c’est à dire qu’ils ont adhéré en 1995 -, d’autres ont rejoint l’OMC plus tardivement, le dernier en date étant l’Arabie Saoudite en 2005, et d’autres encore ont le statut d’observateur : tel est le cas de neuf pays de la région dont l’Algérie, candidate à l’OMC depuis 1987.

A l’heure où il est plus qu’urgent que les pays MENA créent des emplois, améliorent la compétitivité de leur économie et cherchent à la diversifier, s’intéresser à la libéralisation de leurs économies semble plus que pertinent.

La région MENA se placerait toujours au second rang des barrières tarifaires et non tarifaires les plus élevées au monde, selon la Banque mondiale. Les barrières au commerce et à l’investissement restent importantes, de même que la participation d’entreprises publiques et le maintien de situations monopolistiques. Si le système de fonctionnement des services douaniers a évolué, la facilitation du commerce qui vise à améliorer et à rendre transparentes et efficaces l’ensemble des procédures d’import / export doit être plus largement encouragée.

Quant aux secteurs des services, ils ont connu une croissance exponentielle dans le monde ces dernières années – une croissance supérieure à celle du commerce des marchandises -, et leur poids et leur rôle sur la compétitivité des économies est grandissant. Or les engagements internationaux en matière de services datent de la création de l’Accord général du commerce des services en 1995 et ne reflètent plus les situations locales, de même que les négociations bilatérales qui visent à approfondir le processus de Barcelone et les Accords d’association entre l’Union européenne et les pays MENA semblent au point mort sur ce sujet.

Toutefois, libéraliser les services dans le cadre bilatéral ou multilatéral pourrait apporter une impulsion forte au développement de secteurs clés visant à créer de nouveaux emplois et à booster la croissance des économies locales. Parce qu’améliorer et ouvrir à la concurrence les secteurs des transports, des services financiers, des télécommunications ou encore des services énergétiques par exemple, a un impact majeur sur l’ensemble des autres activités économiques.

Alors que les populations des pays MENA revendiquent essentiellement une meilleure distribution des richesses et la création d’emplois, le cloisonnement économique et le protectionnisme ne semblent plus de mise. Réduire les barrières tarifaires et non tarifaires, avoir une position commune en matière de règles d’origine, permettre la facilitation du commerce, ouvrir plus largement à la concurrence, voire tenter de renforcer les zones régionales – les Accords d’Agadir ou le GAFTA - pour bénéficier de marchés élargis avec des règles communes en matière douanière, d’investissements et de règles de concurrence semble nécessaire.

Quant aux pays MENA qui restent non membres de l’OMC – Algérie, Ethiopie, Iran, Iraq, Liban, Libye, Soudan, Syrie, Yémen -, poursuivre les négociations aujourd’hui, c’est préparer la reconstruction de demain.



[1] Algérie, Arabie Saoudite, Bahreïn, Djibouti, Egypte, Emirats Arabes Unis, Ethiopie, Iran, Iraq, Israël, Jordanie, Koweït, Liban, Libye, Mauritanie, Maroc, Oman, Qatar, Soudan, Syrie, Territoires Palestiniens, Tunisie et Yémen

[2] www.wto.org

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