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Margaux Derhy - LeBusinessPlan.fr: "Il ne faut pas minimiser l'importance de la séduction par la mise en forme"
©Flickr

L'interview Atlantico Business

Margaux Derhy - LeBusinessPlan.fr: "Il ne faut pas minimiser l'importance de la séduction par la mise en forme"

Rédiger le plan de développement de sa start-up peut devenir un véritable enfer, et ce tant pour les aguerris du monde des affaires que les entrepreneurs novices. Margaux Derhy propose une offre étendue allant de la maquette gratuite ou d’une mini-présentation en ligne à l’expertise-conseil complète pour lever des fonds de plusieurs millions d’euros. Pour elle, le business-plan doit être clair et concis, exigeant un vrai travail tant sur la forme que sur le fond du document. Ce qu'elle offre via son site LeBusinessPlan.fr.

Atlantico Business : Quelle est l’offre de votre entreprise ?

Margaux Derhy : Nous proposons d’accompagner les gens et les aider à optimiser la rédaction de leur business plan, grâce à trois activités : une activité d’accompagnement-conseil classique avec notre entreprise La Petite Etoile, et deux sites web que sont LeBusinessPlan.fr et LeTeaser.fr. Cette offre permet de toucher une cible large mais toujours très focalisée sur le business-plan. LeTeaser.fr permet d’avoir une présentation simple d’un projet sous forme d’un site web, utilisé par quelques milliers de start-up. LeBusinessPlan.fr  vend des maquettes de business plan à destination des jeunes projets qui se lancent, mais également des produits complets permettant de profiter de notre expertise-conseil. Egalement sur ce site, plus de 1 000 modèles gratuits sont téléchargés par mois. Un client peut avoir besoin d’un prêt à la banque et préfèrera acheter une maquette de business plan à 100 ou 200 euros sur LeBusinessPlan.fr plutôt que dépenser plusieurs milliers d’euros pour un accompagnement sur-mesure. A l’inverse, lorsqu’un client doit  lever 2 ou 3 millions, bien sûr, nous ne lui vendons pas une maquette, mais nous réaliserons un accompagnement complet en face à face pendant un mois et demi pour construire son dossier, son argumentaire, l’aider à chercher des informations sur son marché et ses concurrents, et faire des designs et présentations, le tout facturé entre 5.000 et 10.000 euros. Nous avons également sorti un livre accompagnateur de l’entrepreneur au quotidien, "Startup Backpack" avec Maddyness. Nos produits sont complémentaires. Les prix de nos  services est très variable. Le tout jeune client ne va rien dépenser puisque le business-plan.fr est gratuit. Le client peut également prendre un petit projet à 100 ou 200 euros.

Quels sont les trois éléments-clef qu’un entrepreneur doit garder en tête pour rédiger son business-plan ?

La première chose cruciale, surtout au démarrage de la start-up, est de ne pas minimiser l’importance de la séduction qui va passer par la mise en forme du business plan, notamment le design du document, qui doit être très concis. Sur le plan intellectuel, il faut également assurer de l’esprit entrepreneurial du projet. Aujourd’hui, un business plan ne fait pas 50 pages de documents Word détaillés. Il fait 20 pages, bien construites, bien détaillées, qui parviennent à rendre compte d’autant d’informations.

La deuxième chose est de connaître son marché et ses concurrents. Très souvent, lorsque vous présenter votre document, ce sera à quelqu’un qui connait déjà le marché sur lequel vous venez de vous intéresser. Si le banquier connait mieux vos concurrents que vous, ça devient un problème. Il ne faut pas voir le business plan comme un exercice scolaire, mais réellement comme un exercice de travail sur la compréhension de son business et de son environnement.

Le troisième conseil porte sur la partie financière. Certaines personnes font des modèles totalement hallucinants. Au démarrage, sur de l’amorçage, du lancement de projet, ce n’est pas tant la partie financière qui compte que vous arrivez à prouver que votre produit apporte une vraie valeur ajoutée, que votre marché est prêt à l’accepter. Au démarrage, faites une partie financière simple, et surtout pas complexe.

Le business-plan est souvent décrit comme trop compliqué par les entrepreneurs. Pour quelles raisons ?

Il y a deux raisons à ça. La première, de ce que je vois en temps qu’intervenante dans 7 ou 8 écoles, l’enseignement délivré sur le business-plan est très light. J’ai étudié à Dauphine en finance, à l’ESCP en management. Dans les deux cas, le business-plan, on ne l’a quasiment pas vu. On a eu beaucoup de cours d’analyse financière, mais dans un cadre réel de monter sa boite et de faire un véritable travail sur ce sujet, ça ne se fait pas. Et quand j’interviens dans les écoles, le business-plan est traité en 6 ou 9 heures, en collectif. Cela ne suffit pas. Par ailleurs, il y a une vraie difficulté en matière de financements en France. Pour maximiser les chances d’y accéder, un bon travail sur son business-plan est capital. Si vous allez voir un banquier et avec une erreur sur votre demande de financement ou que vous lui montrez un plan de trésorerie négatif, il y a  un risque de voir votre prêt refusé. On vous teste également en temps qu’entrepreneur sur la manière de gérer votre entreprise, et beaucoup de personnes ont du mal à le faire simplement.

Le Mouvement des "Pigeons" critiquent une fiscalité trop élevée pour les entreprises.  Vous le ressentez également ce manque de considération auprès des sociétés que vous conseillez ?

Sur l’accompagnement des start-ups, on est très bien lotis en France. Depuis que nous avons lancé La Petite Etoile  en 2011, énormément de mesures se sont développées en France. Ce n’était vraiment pas le cas il y a trois ans. Je pense qu’on a beaucoup de chance d’avoir des financements publics de l’innovation. Mais la fiscalité, le poids des charges salariales, c’est évidemment lourd. Nos clients sont des entrepreneurs, ils n’ont pas beaucoup de moyens donc ils veuillent payer le moins cher possible, tout en bénéficiant d’une très bonne qualité. Quand on leur présente les prix, ils estiment que c’est parfois trop cher. Leurs frais sont très lourds, notamment lorsqu'il faut payer un loyer, par exemple à Paris où cela devient compliqué. Aux États-Unis, présenter son entreprise est beaucoup plus rapide et simple qu’en France. D’un autre coté, on peut malgré tout dire que le marché français évolue vers une simplification.

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