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Nathalie Kosciusko-Morizet.
Nathalie Kosciusko-Morizet.
©Reuters

Droit de réponse

Listes dissidentes parisiennes à droite : "pourquoi résumer notre démarche à du "NKM bashing" est absurde"

Une tribune de Thomas Rebaud, candidat dans le 17ème arrondissement de Paris et Benjamin Gros, directeur de campagne, en réponse à la tribune "NKM bashing : maintenant ça suffit", de Vincent Roger et Pierre-Yves Bournazel.

"NKM bashing".

Deux mots et dix lettres par lesquels vous avez essayé de résumer, cher Vincent, cher Pierre-Yves, la démarche des listes « dissidentes » dans leur ensemble.

Comme cette vision est simpliste ! Vous oubliez que si nous faisons entendre notre voix, c'est pour que la droite, et toute la droite, regagne la mairie de Paris. Après plus de 10 ans du duo Delanoë-Hidalgo, il est temps que Paris retrouve une véritable dynamique économique et cesse de se transformer un peu plus chaque jour en ville-musée dédiée aux seuls touristes. Paris est et doit rester un cœur d'activité pour la France. Un moteur, un exemple, une ambition.

Mais à quoi peut bien servir le retour de la droite à la mairie de Paris si ce retour ne s'accompagne pas d'un véritable bouleversement idéologique ? Que penser d'une droite qui n'a plus d'audace dans son programme, plus de fougue dans ses idées, qui n'a plus la fibre entrepreneuriale, qui n'ose plus aller de l'avant ? Comment prétendre lutter contre les extrémismes si nous ne présentons pas une véritable alternative ?

La droite, parisienne ou non, doit se doter d’une véritable ambition pour la France et ce n’est pas en prétendant vouloir recouvrir le périphérique ou élargir les horaires d’ouverture des crèches que nous réveillerons les parisiens.

Présenter une véritable alternative : c'est ce à quoi, Vincent, Pierre-Yves, nous avons travaillé ces derniers mois.

Nous avons travaillé, tout d’abord, à rassembler les listes alternatives. Parce que cette histoire n’est pas, comme vous le dites, une somme d’histoires de personnes et d’egos.

Cette histoire, ce sont des parisiens qui se sont sentis, avant et pendant la campagne de Nathalie Kosciusko-Morizet et d’Anne Hidalgo, délaissés et perdus pour certains, méprisés pour d’autres. Des Parisiens qui estiment qu’aujourd’hui NKM n’est pas l’unique recours pour reconquérir Paris. Elle n’a été désignée que par seulement 0,5% des parisiens d’ailleurs, ne l’oublions pas.

Que vous le vouliez ou non, les chefs de files désignés sont pour certains incompréhensibles, pour d’autres peu légitimes. Que penser de Madame Berthout qui, perdant son siège dans le 1er arrondissement du fait du redécoupage des conseillers de Paris, part dans le Vème arrondissement prendre la tête de liste aux élections ? Que penser de M. Debré et Mme. Kuster, présents sur une même liste quand on sait le ressenti profond, pour ne pas dire la haine, de l’un envers l’autre? Comment diriger la mairie avec deux personnalités si opposées ? Paris a été le théâtre d’arrangements politiciens au détriment des Parisiens et cela nous ne pouvons l’accepter.

Nous travaillons, avec Charles Beigbeder, Serge Federbusch, Géraldine Poirault-Gauvin et l’ensemble des élus qui accompagnent cette alternative, à la finalisation du programme que nous souhaitons présenter aux Parisiens au nom de notre collectif Paris Libéré. Chacun des thèmes que nous dévoilerons est alimenté d'idées nouvelles, de propositions innovantes. Tout au long de nos tractages, de nos sessions de porte-à-porte, de nos rencontres avec les citoyens, les commerçants et les associations parisiennes, nous avons mis en avant notre identité, notre projet, notre ambition.

Nous aurions pu céder aux sirènes du « NKM bashing ». Les occasions n'ont pas manqué : les citoyens nous ont rappelé à quel point leurs élus municipaux semblaient distants et inaccessibles, presque insensibles au sort des arrondissements. Mais nous ne menons pas ce combat pour freiner l'ambition de tel ou telle homme ou femme politique : nous nous battons parce que nous souhaitons porter une nouvelle ambition collective. Ce n’est donc pas contre Nathalie que nous faisons campagne et bien au contraire.

Vous l'affirmez d’ailleurs vous-même dans votre tribune, Vincent, Pierre-Yves, la reconquête de Paris ne pourra être réalisée que dans l'élargissement de notre base électorale. Comme nous partageons ce point de vue ! Mais cet élargissement ne sera possible que si les citoyens se reconnaissent dans les candidats de la droite.

Nous avons monté des listes constituées d'actifs de tous âges et de toutes conditions. Les Parisiens en ont assez des parachutages en tous genres, des politiciens professionnels, des magouilles électorales et des promesses non tenues comme c’est le cas à Paris depuis maintenant plus de 10 ans.

Alors, certes, nous partageons un constat : Anne Hidalgo doit perdre cette élection et la droite l’emporter. Il en va de l’avenir de Paris pour les six prochaines années.

Mais, tant que la candidate UMP à la Mairie de Paris - et, in extenso, ses "chefs de file" dans les arrondissements - ne saura pas tenir un discours réaliste et ambitieux, nous ne pourrons la soutenir sans trahir nos valeurs et nos convictions.

Vous le savez, les militants doutent de la victoire. La marque ne prend pas auprès de l’électorat. A trop vouloir faire consensus, il est probable que la candidate Nathalie Kosciusko-Morizet se perde entre un Modem qui a fait la victoire de François Hollande en 2012 et une UMP qui cherche encore ses marques. Élargissons ensemble l’offre que la droite parisienne a à proposer aux habitants de notre belle capitale.

Cher Vincent, cher Pierre-Yves, nous avons entendu votre "vibrant appel au rassemblement".

Saurez-vous, à votre tour, prendre conscience du décalage entre les attentes des parisiens et les propositions qui sont les vôtres, entre les parisiens et leurs élus, entre vos têtes de listes et vos militants ? Saurez-vous entendre notre appel à la raison ? Comprendrez-vous que, bien loin de guerroyer entre nous, c’est en élargissant notre offre, en proposant plus, que la droite parviendra à convaincre les Parisiens ?

>>> Voir la tribune de "NKM bashing : maintenant ça suffit", de Vincent Roger et Pierre-Yves Bournazel

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