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"Les voix, de façon inconsciente, nous ramène à notre construction psychologique."
"Les voix, de façon inconsciente, nous ramène à notre construction psychologique."
©Reuters

Chaudes, rauques et sensuelles

Les secrets de ces timbres de voix qu'on écoute plus que les autres

Mélodieuse, aiguë, grave : les voix sont toutes différentes. Pour attirer l'attention de l'assemblée, il n'est pas tant question de contenu ou d'histoire que de façon de narrer et d'emporter ceux qui nous écoutent dans un imaginaire. Une spécialiste de la voxthérapie nous dévoile les secrets des voix que l'on écoute plus volontiers.

Agnès Augé

Agnès Augé

Agnès Augé est orthophoniste spécialisée principalement dans les troubles de voix, le bégaiement, les troubles neurologiques, les surdités acquises et les dyslexies. Elle est thérapeute comportementaliste, voxthérapeute. Elle est l'auteur de "Vivre mieux avec sa voix"

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Atlantico : Depuis quelques années déjà, de nombreux CD audio racontent des histoires aux enfants à la place des parents. En quoi le pouvoir de la voix, la façon de narrer une histoire, peut-il être plus important que l'histoire en elle-même ? Est-ce la même chose au cinéma avec les doublages ?

Agnès Augé : Le paysage sonore des enfants par rapport aux contes est particulier, cela les ramène à un univers affectif, dans lequel ils vont se sentir bercés par la voix. Il faut qu’ils soient touchés par la voix pour entrer plus facilement dans l’histoire. On va forcément proposer des voix douces, car les voix agressives vont les détourner de leur attention. Raconter une histoire peut être comparé à l’hypnose : si on parle trop fort et de façon trop brutale, la séance échoue. Pour permettre à l’enfant d’entrer dans le monde fantasmagorique, il faut des voix particulières.

Pour les doublages c’est la même chose. Les voix nous renvoient à des choses inconscientes dont on ne maîtrise pas la portée. Elles ont des connotations subjectives en lien avec sa construction personnelle. Certaines personnes vont détester des voix et rejeter le personnage, car cela les ramène à une image négative dans leur affectif.

Quelles sont les voix que l'on écoute le plus : aiguë, grave, mélodieuse... ? A contrario quelles sont celles qui nous déplaisent ? Comment l'expliquer ?

Les voix douces sont des voix qui nous font du bien, qui nous mettent en sécurité, tout comme les voix graves qui sont rassurantes et maîtrisées. Les voix agressives sont celles qui sont trop aiguës, trop éraillées, de crécelle. 

Il faut qu’on sente intuitivement dans la voix, la subjectivité de la personne. Les voix, de façon inconsciente, nous ramènent à notre construction psychologique, c’est de la reconnaissance auditive. Ces mécanismes nous sont propres à chacun, certains sont universels comme repérer la tristesse dans la voix.

Avons-nous tous conscience de notre propre voix ? Peut-on agir sur notre voix pour la rendre plus agréable aux autres ?

Il suffit de s’habituer à écouter sa voix enregistrée pour la reconnaître, l’apprivoiser et l’aimer. Les gens qui n’ont jamais entendu leur voix ne l’aiment pas car ils ne la reconnaissent pas. Notre voix ne résonne pas de la même façon à l’intérieur de nous qu’à l’extérieur. Lorsqu’on connait sa voix, on peut la contrôler pour donner une intention particulière dans la voix. Le non contrôle de notre voix renvoie à des conflits internes.

Barbara disant que la voix "est la musique de l'âme", sommes-nous d'une certaine façon trahis par nos voix ?

Evidemment elles nous trahissent car la voix est une carte d’identité émotionnelle, on trouve le paysage psychologique de la personne dans la voix. Intuitivement chacun est capable de déceler certaines émotions dans les voix des autres.

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