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Les années passent, l’insatiable appétit de Mme Hidalgo pour la dette demeure
©LOIC VENANCE / AFP

Boulimie

Les années passent, l’insatiable appétit de Mme Hidalgo pour la dette demeure

Les finances de la ville de Paris inquiètent : un endettement de plus en plus important mais surtout des dépenses de plus en plus contestables remettent en question la bonne gestion d'Anne Hidalgo.

Jérôme  Dubus

Jérôme Dubus

Jérôme Dubus est Conseil de Paris, Porte-Parole du groupe Parisiens Progressistes Constructifs et Indépendants (PPCI), représentant de la Majorité Présidentielle dans le 17ème arrondissement et En Marche ! depuis mars 2017. Un site internet lui est consacré : http://www.jerome-dubus.fr/

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« Une dette flottante est un navire hypothéqué » écrivait Jean-Charles, humoriste, pointant, sans même pouvoir l’imaginer, la tragédie des finances de la Ville de Paris. À l’aube de l’année 2018, la cité capitale voit, en effet, ses cales budgétaires lentement mais sûrement envahies par les eaux sales de l’endettement. Et c’est dans un silence assourdissant que les capitaines de l’Hôtel de Ville jettent encore et toujours le vaisseau parisien vers les récifs des dépenses à l’efficacité douteuse, des emprunts systématiques & des budgets court-termistes.

Un endettement forcené et exponentiel : un navire à l’avenir hypothéqué

Si en apparence, la Ville de Paris semble insubmersible, se cache une tout autre réalité. Depuis près de 17 ans, en effet, une fuite en avant se poursuit inlassablement : celle de l’endettement. Année après année, budget après budget, le gouffre pélagique de la dette se creuse, étant passé de 1 milliard d’euros, en 2001, à 6, fin 2018. Pire encore, en l’espace d’un demi-mandat seulement, la majorité actuelle a réussi le sinistre & cynique exploit de peu ou prou doubler ce total (3,74 milliards en 2014 contre 6 en 2018) ouvrant dès lors d’inquiétantes perspectives pour l’avenir.

 Face à ces accusations, la Maire de Paris répond que le taux d’endettement de la collectivité est inférieur à celui d’autres grandes villes françaises, comme Lille & Marseille. Soit, l’argument pourrait tel quel être recevable. Or, la question de la dette doit se poser non pas au présent, au regard de l’endettement brut, mais à l’avenir. L’enjeu fondamental ici est celui de la capacité de remboursement. Selon l’estimation de la CRC d’île de France, il faudrait à la collectivité 22 ans afin de résorber son passif, soit bien plus que les 11 et 7 années  nécessaires respectivement à Lille & Marseille et même plus encore que le seuil d’alerte de l’endettement fixé à 12 ans par l’agence Standard & Poors. Il n’y a en conséquence aucun doute permis : la politique budgétaire de l’exécutif est et restera une impasse.

Dès lors, la promesse de ne pas augmenter les impôts ayant été faite – l‘exaspération fiscale ayant déjà atteint son paroxysme – l’exécutif a dû se résoudre à des mesures comptables d’urgence. Perception et comptabilisation en recettes annuelles des loyers demandés aux bailleurs sociaux. Démultiplication des prélèvements indirects et en premier lieu de ceux relatifs au stationnement - les recettes passeront cette année de 130 Millions d’euros à 334… En somme, tandis que gonfle paisiblement la dette, les facteurs d’instabilité s’accumulent et un état de satisfaction béate semble régner dans les bureaux de la Maire de Paris. Le risque existe, le risque est majeur, le risque est inéluctable & le risque pèse sur l’ensemble des parisiens.

Les causes du naufrage budgétaire : les dérives d’un navire à la dérive

Pourquoi prendre ce risque immense et inconsidéré ? Le creusement de l’endettement parisien par l’exécutif est au mieux une variable d’ajustement budgétaire & au pire le résultat d’une totale incapacité à réduire la dépense publique.

Pour le seul budget 2018, les dépenses de personnels augmentent de 4,4%, pour se porter à 2,4 milliards d’euros tandis que les charges à caractère général progressent de 4,5% pour s’établir à 816 millions d’euros. Dans le même temps, comble de l’autosatisfaction pour la majorité, les fonds alloués à l’investissement sont maintenues à 1,69 milliards d’euros. Ce gouffre sans fond, que constitue désormais la dette parisienne, fut enfanté par le surinvestissement et pérennisé par les charges de fonctionnement incessamment croissantes et sous-estimées qui en ont résulté. Les investissements prévus en l’espèce, au même titre que leur pertinence, sont en effet des plus discutables. À titre d’exemples, pourquoi le logement social se voit-t-il octroyé seul 404,4 millions d’euros, soit plus que tous les autres efforts d’aménagement, alors que le nombre de demandeurs de logement est passé de 90.000 en 2001 à 260.000 aujourd'hui? Pourquoi le budget de la propreté urbaine n’augmente-t-il que de 0,4%, à l’heure où le sujet est au cœur des préoccupations des parisiens ? Pourquoi l’entretien des 1625km de voirie ne s’est-il vu accorder que la famélique somme de 20 millions d’euros ? De telles questions, nous pourrions en poser des dizaines et des dizaines.

Pour autant, la fatalité du surendettement de la collectivité parisienne n’est pas inéluctable. La dépense publique peut être maîtrisée, les emprunts limités & les dettes remboursées. Réduction du budget communication, rationalisation de l’organisation du personnel, création d’une commission d’évaluation des dépenses ... Tout cela fut proposé & pourtant aussitôt rejeté, alors que le service public pourrait ainsi être plus efficace et moins coûteux.

En somme, il est le symptôme le plus évident d’une notable avarie de commandement politique. Car cette dette de 6 milliards d’euros, alimentée emprunt après emprunt (793 M€ en 2017, 724 M€ en 2018), ce sont les parisiens qui devront ainsi s’en acquitter dans les décennies à venir. Le changement de cap ne peut plus venir de cette majorité, qui n'en a plus ni la volonté ni la possibilité.

 

 

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