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Les Républicains continuent de s’enfoncer dans le piège mitterrandien.
Les Républicains continuent de s’enfoncer dans le piège mitterrandien.
©AFP

Campagne électorale

Législatives : la droite tombe dans le jeu de Nupes

La Droite française a réussi à perdre encore une bataille dans cette campagne d’entre-deux-tours. Alors que le danger représenté par la qualification massive de candidats d’extrême gauche au second tour lui offrait l’opportunité de mobiliser ses troupes et de sortir de divisions stériles, tous ses leaders sont tombés dans le jeu de Nupes de Jean-Luc Mélenchon.

Thomas Zlowodzki

Thomas Zlowodzki

Thomas Zlowodzki est porte-parole du collectif Droite pour la France, conseiller municipal et communautaire à Sainte-Geneviève-des-Bois et ancien conseiller national LR.

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Les Républicains, dont la crédibilité est largement écornée par leurs renoncements idéologiques à l’époque – de plus en plus lointaine – où ils exerçaient le pouvoir et par leurs alliances avec En Marche lors des élections régionales et départementales de l’an dernier, continuent de s’enfoncer dans le piège mitterrandien. Au lieu de reprendre à leur compte, en l’inversant, la stratégie du « front républicain » que la gauche a employée contre eux pendant des décennies, avec une redoutable efficacité, aucun message clair n’a été envoyée par la direction des Républicains dont le conseil stratégique du 13 juin a accouché d’une souris. La plupart des caciques, éliminés dès le 1er tour, ont ainsi renvoyé dos à dos « les extrêmes ». Soit exactement les éléments de langage de la Macronie. Reprendre les mots de ses adversaires mène toujours à l’échec. Il aurait été bien plus habile d’appeler, a minima, à ce qu’aucune voix n’aille aux candidats de la Nupes. Et même, rêvons un peu, d’appeler à faire barrage à Mélenchon, quel que soit l’adversaire en face. Au lieu de cela, les LR restent largement inaudibles et participent ainsi, par la mollesse de leur réaction à l’égard de la Nupes, à crédibiliser le discours de la France insoumise. L’analyse à peine voilée des LR est qu’avec davantage de parlementaires Nupes, Emmanuel Macron n’aurait pas sa majorité absolue et qu’il serait contraint de composer avec le groupe LR et UDI. Ce pari est risqué pour deux raisons. D’une part, plus il y aura de Députés Nupes au Parlement, plus l’idéologie d’extrême gauche sera présente dans notre pays. Cela aura également pour conséquence de donner l’illusion que la politique socialiste d’Emmanuel Macron est « un moindre mal » voire « raisonnable » par contraste avec celle prônée par les Insoumis. Plus il y aura de députés Nupes à l’Assemblée, plus cela ancrera à gauche la politique menée par l’exécutif. D’autre part, si jamais Emmanuel Macron n’avait pas sa majorité absolue et devait effectivement s’allier avec Les Républicains, cela poursuivrait le brouillage de l’image des Républicains et les empêcherait encore davantage d’apparaître comme une alternative crédible et cohérente à Emmanuel Macron en 2027. Sans compter que le tacticien Macron pourrait tout à fait tenter de rallier à sa cause une partie des députés Nupes, ancrant encore plus à gauche la politique du Gouvernement Borne. Les coups de billard à trois bandes sont rarement payants en politique. 

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Côté Reconquête, le fiasco des législatives a conduit à ce choix étrange de ne pas faire de distinction entre les candidats Macron et Mélenchon, et même à demander de voter contre les candidats du Rassemblement National. On peut comprendre le ressentiment à l’égard de Marine le Pen qui a refusé tout accord électoral à Eric Zemmour. Mais il est des circonstances où les considérations tactiques devraient s’effacer devant le danger que représente une présence massive de candidats Nupes à l’Assemblée. Il n’est pas certain que cette attitude de Reconquête redore son blason auprès des électeurs de droite… ou des cadres locaux du RN dont certains ne demandent pas mieux que de travailler de concert avec Reconquête. 

Le Rassemblement National paie lui aussi ses erreurs tactiques. A vouloir incarner « la seule opposition à Macron », alors même qu’il en constitue la première assurance vie, le parti s’enferme chaque jour davantage dans l’entre-soi familial qui étouffe dans l’œuf toute perspective d’union des droites dans notre pays. Là encore, aucune consigne de vote claire contre les candidats de la Nupes n’a été formulée par Marine Le Pen, alors que Mélenchon, lui, avait bien compris l’intérêt de la faire battre à la Présidentielle. Marine Le Pen semble toujours croire que les électeurs de Jean-Luc Mélenchon peuvent un jour la rejoindre. S’il est vrai qu’elle partage avec lui  la même incompétence en matière économique, elle n’a toujours pas compris que cette voie était sans issue. La manœuvre tactique pourrait même s’avérer totalement contre-productive, si demain les électeurs de Marine Le Pen devaient servir de réserve de voix pour Jean-Luc Mélenchon, sans que l’inverse soit vrai. Mais ce ne serait que le logique aboutissement de la dérive à gauche de Marine Le Pen. 

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Le programme de la Nupes et la manière de faire de la politique de Jean-Luc Mélenchon sont pourtant  un danger majeur pour la France : leurs propositions économiques démagogiques apporteraient ruine et baisse du pouvoir d’achat pour tous les Français, comme cela a été le cas dans tous les pays où elles ont été mises en pratique ; leur laxisme judicaire, qui préfère défendre les délinquants que nos forces de l’ordre, aboutirait à une explosion de l’insécurité, déjà endémique dans notre pays ; la complaisance de Jean-Luc Mélenchon avec l’islam radical met en péril notre modèle de société ; la démagogie et les mensonges perpétuels de Jean-Luc Mélenchon sont un poison pour le débat démocratique en France. 

Ce poison Mélenchon offrait à la Droite un combat commun derrière lequel s’unir. Il était trop tard pour espérer gagner ces législatives, mais il était encore temps de ralentir à la progression des idées d’extrême gauche dans le débat public et au Palais Bourbon. Mais l’absence de colonne vertébrale intellectuelle et les tacticiens politiques à courte vue ont fait le reste : la droite la plus bête du monde n’a pas failli à sa réputation…

Thomas Zlowodzki

Conseiller Municipal et Communautaire de Sainte-Geneviève-des-Bois

Porte-parole du Collectif Droite pour la France

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