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Législative partielle dans le Doubs : les enseignements de l'analyse des résultats commune par commune
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On vous l'avait dit

Législative partielle dans le Doubs : les enseignements de l'analyse des résultats commune par commune

Le candidat PS a remporté dimanche 8 janvier la 4e circonscription du Doubs avec à peine plus de 800 voix d'avance sur la candidate FN. Une victoire qu'il doit en partie à la "résistance du vote PS" dans les villes.

Xavier  Chinaud

Xavier Chinaud

Xavier Chinaud est ancien Délégué Général de démocratie Libérale et ex-conseiller pour les études politiques à Matignon de Jean-Pierre Raffarin.

Aujourd’hui, il est associé du cabinet de stratégie ESL & Network.

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1) La plus grande résistance du PS dans les villes

Il est plus pertinent d'analyser les résultats par ville que par bureau de vote. On se rend compte que sur 56 communes, le Front national arrive en tête dans la moitié d'entre-elles. Et au regard de la taille des communes, dans les 16 qui comptent plus de 1000 inscrits,  le PS résiste mieux qu'en campagne. Dans les 23 communes dans lesquelles le Front arrive en tête, il y a énormément de très petites et notamment la plus petites qui ne compte que 55 inscrits.

La "résistance au Front national" est plus forte en milieux urbain ou plutôt "urbain modéré" car il s'agit ici dans l'ensemble de petites communes.  

>>> Voir les résultats par communes au second tour

>>> Voir les résultats par communes au premier tour

2) Une mobilisation au second tour qui bénéficie également au Front national 

On retrouve un scénario qui ressemble beaucoup à celui de Brignoles qui avait déjà montré qu'une plus grande mobilisation au deuxième tour profite aussi au FN. Or, il est manifeste que dans les "nouveaux votants" de l'entre deux tours, des voix se sont réparties entre le candidat PS et la candidate FN. Le choix d'aller voter au deuxième tour ne profite pas au candidat républicain, on ne peut parler de mouvement républicain de barrage. Ce serait une erreur de l'interpréter de la sorte.

>> Lire également Des départementales qui vont faire mal : les dures leçons du Doubs pour la droite

3) Un transfert de voix UMP vers le FN 

Dans la commune du candidat UMP, Fesches le Chatel,  il y a un transfert de voix qui joue en faveur du FN. Le Front national fait 56,74% dans cette commune qui compte pourtant plus de 2000 habitants.  C'est dans cette commune que la candidate FN fait sa plus grande progression entre les deux tours. Ce n'est pas représentatif de l'ensemble des communes du département mais symboliquement c'est très fort de voir que c'est dans la commune du candidat UMP éliminé que le FN fait un de ses gros scores. Cela illustre bien évidemment qu'une part de l'électorat UMP se reporte sur le Front national. Dans cette commune, le report est flagrant mais sur l'ensemble d'entre-elles on peut se dire qu'à minima, la moitié de l'électorat UMP est allée sur le Front national. Et c'est encore plus vrai dans les très petites communes que dans les villes. 

4) Les consignes de vote n'ont pas eu beaucoup de poids

Pour moi, cela relève davantage de la sociologie électorale. D'abord parce que dans cette circonscription je ne crois pas que beaucoup de gens soient adhérents à une formation politique. En clair, les consignes de vote n'ont pas beaucoup de poids. On retrouve ici comme on l'a vu dans d'autres élections législatives partielles, la réalité de l'implantation du FN, sa progression en milieu rural, il n'y a pas de surprise dans la lecture des résultats. Le contexte post- 11 janvier a joué, l'appel de certains à faire barrage a joué et l'addition de tout cela sauve in extremis le candidat socialiste. L'enseignement principal dans cette partielle est que la gauche a stoppé sa descente aux enfers mais elle reste bas. Mais la donne n'a pas fondamentalement changé. La stratégie de l'abstention de l'UMP est un échec puisqu'il y a eu près de 10% de votants en plus. Sur le plan républicain, 800 voix c'est rien. Si une partie de la droite et du centre n'avait pas joué le jeu, si le sentiment post-janvier n'avait pas joué et la remontée en flèche du Président et du Premier ministre. Je serais tenté de dire que dans un contexte normal, hors celui que nous avons connu en janvier, hors l'état actuel de l'ump, les résultats auraient pu être différents. Mais il ne faut pas ré-écrire l'histoire car toute élection est le fruit du contexte politique du jour où elle a lieu.  Le Fn n'est pas gagnant, mais il n'est pas perdant. Ils ont confirmé leur implantation et leur évolution d'implantation telle qu'on la mesure depuis plusieurs mois. 

Et la porosité de l'électorat UMP et FN est confirmée une fois de plus. D'autres circonstances nous ont montré que l'électorat de gauche pouvait se reporter sur l'UMP à 25%. La porosité de l'électorat l'UMP sur le FN, cela représente plus du double. C'est une confirmation de ce que l'on pouvait préfigurer dans d'autres élections et qui est confirmé cette fois-ci.

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