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Des policiers passent devant un café fermé, alors qu'ils patrouillent dans les rues de Paris, en février 2021, pour contrôler la mise en œuvre des mesures sanitaires et des restrictions.
©STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Les entrepreneurs parlent aux Français

Le dernier des Mohicans. La France sera-t-elle le dernier pays à déconfiner ?

Alors que le Royaume-Uni ou Israël ont détaillé un calendrier avec la réouverture de certains commerces ou des restaurants dans les mois à venir grâce au succès de leurs campagnes de vaccination, Les entrepreneurs et certains secteurs en France n'ont pas encore de perspectives de sortie de crise.

Denis Jacquet

Denis Jacquet

Denis Jacquet est entrepreneur (Edufactory), investisseur (Entreprise et conquête) et président de Parrainer la croissance, une association d'aide aux PME pour rechercher la croissance, et cofondateur de l'observatoire de l'Uberisation. 

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Résumé : La France de la peur pousse son pays sans cesse plus loin vers le bas. Malgré des statistiques mondiales qui attestent de la diminution des hospitalisations et décès. Les plans de déconfinement se succèdent dans le monde, mais la précaution reste l’obsession de la France. Histoire d’une panique coupable qu’aucun autre pays sensé ne partage. Nos entreprises dans la nasse.

Dans le monde, on tient compte des chiffres. Les vrais chiffres, pas ceux que notre gouvernement, et, désormais, certaines régions de France, nous assènent pour nous faire suffisamment peur, pour satisfaire à leur besoin de précaution. En région PACA, faute de morts, faute de contaminés qui se transformeraient en flambée de décès, on nous abreuve désormais du taux d’incidence. C’est pratique. Nombre de personnes n’ont aucune idée de ce que c’est, mais le terme fait sérieux et surtout inquiétant. Il faudrait donc s’y soumettre. Cela permet de passer sous silence le débat essentiel, le seul qui vaille. Et ce débat devrait pourtant être simple. Si le monde que nous prépare cette gestion catastrophique de la crise est pire que d’apprendre à vivre avec le Covid, pourquoi s’entêter à ruiner notre avenir ? Si pour diminuer le taux d’incidence, nous détruisons la France, pourquoi privilégier un chiffre sans conséquence, puisque selon l’OMS, la maladie recule partout dans le monde alors que la détresse explose. Il faut dire STOP !

Le problème en France, c’est la structuration de notre société. Les politiques l’ont bien compris. Nous sommes majoritairement égoïstes et majoritairement insensible à la détresse des autres. Obsédés par le court-terme, sans aucune pitié pour le long terme. Plus de la moitié de la population française se fiche totalement des dégâts causés à l’économie, aux jeunes, aux PME, aux femmes et à ceux qui sont atteints d’une autre malade que celle du Covid. Cette majorité, ce sont les fonctionnaires et les retraités. Leur point commun ? Aucun d’entre eux ne dépend, pour son salaire de fin de mois, de l’économie. Les plus âgés ne pensent qu’à eux et ne se soucient que de leur santé. Les fonctionnaires n’ont que faire de l’économie. Ils seront payés, quoi qu’il arrive, à la fin de chaque mois. Les autres peuvent bien mourir, leur sort leur est indifférent. Dans une société qui se repose sur les frileux, on n’héritera que d’un grand froid. Le fait que les sondages soient assez favorables à Castex, qui confine pourtant au ridicule si on en croit le nombre de comiques qui en ont fait un sujet de raillerie, prouve bien notre propos. L’intelligence de la majorité des français est bornée par son égoïsme, et réfléchir au désastre que l’on prépare demande trop d’énergie cérébrale, alors que se réfugier derrière un taux d’incidence est tellement pratique.

Nice, 345 000 habitants, un peu plus de 100 personnes hospitalisées. Tout le monde confiné. Si l’on soumettait l’équation à un enfant de 5 ans, il refuserait de la traiter. Sans intérêt. 1000 personnes décédées en 1 an, dont 90% de plus de 70 ans atteintes de comorbidité, et donc mortes en réalité de ce qui allait les emporter de toutes façons. Malheureusement certes, mais jusqu’à preuve du contraire, nous sommes mortels. Ils ne sont pas, pour l’essentiel, morts du Covid. Il faudra un jour donner la réalité des chiffres. Et pourtant les 344 000 restants doivent payer. Pourquoi ?

Ici en Afrique, où l’on qualifie la gestion de cette épidémie de « problème de riche », on continue à vivre. Très bien d’ailleurs. D’ailleurs le reste du monde n’est obsédé que par une chose : « déconfiner ». Le Royaume Uni, qui lui a été durement touché, a déjà tracé son plan de sortie. Pas nous. La Suède, que tout le monde a raillé, surtout notre Ministre de la Maladie, Mr Véran, se porte à merveille et n’a pas à parler déconfinement, puisqu’elle n’a jamais confiné ! Les USA viennent de rouvrir leur pays aux visas et Greencard, se préparant à donner des talents à leur économie, ceux que nous tuons à petit feu en France. Le Brésil très touché, est ouvert. Totalement. Il a décidé de vivre. Avec. Et non de mourir. Sans. L’Espagne très touchée en début de crise est désormais ouverte, ses restaurants ouverts. Pendant ce temps, les tribunaux de commerce français commencent à préparer la broyeuse qui va liquider nos PME, TPE. Nos emplois. Notre tourisme. Aucun plan de déconfinement n’est amorcé par un premier ministre qui en était à l’époque, responsable. Ou plutôt « irresponsable ». Il serait temps que l’autre moitié de la France, nageant dans le formol des aides d’État et de l’illusion que toute drogue dure procure, se réveille et pense à vivre avant de passer l’arme à gauche, ou à l’extrême droite, en 2022.

Comment donner envie à une nouvelle génération d’entrepreneurs de prendre des risques pour ce pays, qui le refuse obstinément ? Comment rassurer sur l’avenir quand on est compulsivement rivé sur le présent ? Comment donner une raison de vivre quand on privilégie le combat sur une mort inévitable ? Il faut que les 50% de français qui pourraient sur le papier être intéressés par l’avenir, reprennent le chemin de la raison, abandonnent l’examen de leur nombril pour se souvenir qu’ils ont un cerveau, qui doit être le centre de leur intelligence.

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