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Le bitcoin, les actions, les riches, les pauvres, le covid et nous
©Martin BUREAU / AFP

Les entrepreneurs parlent aux Français

Le bitcoin, les actions, les riches, les pauvres, le covid et nous

Alors que l'économie et les marchés financiers sont toujours aussi impactés par la pandémie, la gestion de la crise sanitaire aurait servi de véritable révélateur et d'accélérateur pour certains domaines.

Denis Jacquet

Denis Jacquet

Denis Jacquet est fondateur du Day One Movement. Il a publié Covid: le début de la peur, la fin d'une démocratie aux éditions Eyrolles.  

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La gestion de la crise du covid a été un révélateur et un accélérateur. Révélateur de tendances, de défauts et qualités, erreurs du passé et compétences des acteurs, un témoin privilégié de ce qui restait enfoui ou légèrement maquillé. La gestion de la crise du covid a servi de produit démaquillant. Violemment. Accélérateur de tendances déjà bien en place sur la grande scène mondiale. Désormais ces tendances deviennent des courant inexorables.

Force est de constater que nous sommes du mauvais côté de toutes les analyses.

Côté révélateur, miroir mon beau miroir, qui est la moins belle de ce pays ? On m’accusera encore de « french bashing », mais contrairement à ceux qui « bashe » sans retenue, je passe suffisamment de temps à l’international et son étude pour le faire avec objectivité. J’espère en tous cas !

La plus criante erreur révélée par cette crise sanitaire montée en épingle, est une évidence. Nous n’avons plus un système de santé à la hauteur de nos ambitions passées. Nous n’avons plus de système de santé à la hauteur de nos défis futurs, et notamment des défis à répétition que ce nouveau monde va nous offrir en héritage. Crises à répétition, virus nouveau tous les 3 ou 5 ans. Ce n’est que le début, mais notre système est en fin de course. Personnel insuffisant, lits insuffisants, matériel insuffisant. Au pays du principe de précaution, on en prend plus assez en matière de santé. Notre François Pignon national, Premier Ministre, invité régulier d’un dîner de cons sanitaire bimensuel, a largement participé dans sa vie d’avant, à tuer notre système d’après, et c’est lui qui nous punit un peu plus chaque jour, non pour nos protéger de la maladie, mais pour protéger l’éventuel encombrement des hôpitaux (toujours 2500 personnes en réanimation depuis décembre et pourtant un couvre-feu aussi inutile que généralisé. Quand on se trompe, il faut le faire en grand, cela se voit moins).

Il a révélé la faiblesse et la désunion de l’Europe, incapable de s’accorder et uniquement au forceps sur un maigre plan de colmatage. On saborde le navire et on y colle des rustines et personne ne s’accorde sur leur taille. Il a révélé que le continent Européen était un continent à la dérive, délaissé par tout ce qui fait d’un monde, un centre de pouvoir et de lumière.

Il a révélé la faiblesse de nos PME, qui vont subir un tsunami monstrueux dans les semaines à venir. Les statistiques actuelles en attestent. Les faillites ont diminué en France en 2020 (en apparence), retenues qu’elles sont par les Tribunaux, mais une fois que l’édifice va lâcher, les dommages vont être abyssaux. Elles sont peu ou pas internationales, n’ont pas de trésorerie, pas de capitaux sociaux et donc à la merci de ce type de crise, comme la chèvre de Mr Seguin, à cette différence que sans le renfort de Bruno Lemaire, aussi indispensable que futile, notre chèvre ne tiendra pas la nuit et s’offrira au loup, la Chine, bien avant l’aube.

Il a révélé tant d’autres choses. Nous en reparlerons.

Côté accélérateur, nous avons été gâtés. Enfin, eux, pas nous, c’est donc une expression humoristique.

Accélération de la mainmise de la Chine sur le monde. La Chine a maîtrisé la crise plus vite que les autres pays. La Chine en a profité pour accroître son pouvoir, son influence, sa présence dans toutes les instances internationales qui décident des normes qui vont régir notre avenir en tant que consommateur. En décembre 2020, elle avait déjà rattrapé sa parte de PIB de l’année passée. La Chine a accru ses exportations mondiales de 40%, ce qui prouve que le monde d’après, pour nous Européens, c’est le monde d’avant, en pire. Loin des discours bobos colportés par les médias « main stream » (en bon français) sur la proximité, et les mensonges sur la relocalisation.

Accélération des écarts de richesse, de la misère des plus pauvres, renvoyés à l’extrême pauvreté par dizaine de millions (moins de 1$ par jour) et pour leur vie entière, pour sauver quelques seniors déjà en fin de vie de plus de 84 ans, et souvent abandonnés des leurs, en occident (9 mort sur 10 sont atteints d’une maladie mortelle qui les condamnait avant l’arrivée du Covid, et sont déclarés morts du covid quand en réalité il n’a fait qu’accélérer l’inévitable. La surmortalité en France est très légère et en tous cas pas de 60 000 personnes). Le confort des riches est à ce prix. La vie des pays émergents a peu de valeur pour l’occidental.

Accélération de la bipolarisation du monde, sur laquelle l’Europe, comme tous les mendiants, s’appuie pour faire monter les enchères. Quémandant d’un côté, cajolant de l’autre. Nous allons apprendre à tendre le bras, pour y recevoir le vaccin, et la main, pour y recevoir l’aumône.

Accélération de la dérive autoritaire de nos pays soit-disant démocratiques, accrue par notre passivité et notre paresse à tenter de forcer notre passage sur la route de la reprise. Qu’attendent les restaurateurs pour lancer enfin une opération massive de désobéissance à l’injustice ? Car il s’agit bien d’injustice, d’aléatoire, en dépit des chiffres qui se concentrent aveuglément sur les contaminations et rien le plateau voire la descente des hospitalisations et décès. L’exemple de Monaco qui n’a pas confiné, ni fermé les restaurant, qui prouvent ainsi que les fermer est inutile (Monaco cumule 4 morts en 1 année).

Accélération de l’arrivée des monnaies alternatives, qui échappent à la folie des Etats, de leur dette abyssale, le Bitcoin passant ainsi de 10 000$ en octobre à 41 000$ en janvier. Malgré quelques exercices d’apesanteur réguliers, il continue sa course vers le haut (1000$ il y a 1 an) et rallie désormais 1000 milliards de dollars de valorisation grâce à l’arrivée massive des fonds qui le qualifiaient de monnaie de blanchiment 1 an plus tôt. Depuis, nos monnaies menacent de devenir monnaies de singes, ruinées par la possible inflation qui pourrait survenir prochainement, laissant la place libre à une monnaie refuge, qui n’appartienne à personne et se transmet à tout le monde.

Accélération des investissements sur l’automatisation, qui recèle un danger absolu sur les emplois de demain. Accélération de l’avènement des valeurs d’avenir, de l’économie numérique, ce que Renault a bien compris, en pariant sur les services. La voiture c’est fini en tant que bien de consommation et d’affirmation de soi. Elle devient un outil de communication. Accélération de tout ce qui est sans contact, notamment des paiements, ce qui met à mal nos banques et institutions financières. Accélération de la disparition des PME françaises, sous capitalisées, dépourvues de trésorerie, incapables d’exporter, insuffisamment digitalisées et qui vont passer à la trappe dans les mois à venir, à un rythme du double de nos voisins selon les études les plus récentes. Accélération du décrochage pour l’Europe et l’Amérique du Sud, selon les mêmes études internationales.

Pour ne pas vouloir reconnaître que nous devons accepter que la vie ne soit pas éternelle quand on a dépassé 85 ans, et préférer condamner 68M de personnes pour 2500 en réanimations, c’est toute la France, et l’Europe, qui finira aux urgences ou à la morgue. Gérer c’est choisir le moins pire entre 2 maux, pas le plus démagogique ! Rien de ce qui émerge ne laisse de place à l’Europe et nous la cédons sans broncher. Où est passé le courage du Français ?

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