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Soldes d’hiver : pourquoi vous devriez TOUJOURS laver vos nouveaux vêtements avant de les porter
©Reuters

C'est parti

Soldes d’hiver : pourquoi vous devriez TOUJOURS laver vos nouveaux vêtements avant de les porter

Les soldes sont l'occasion de rafraîchir sa garde-robe. Attention toutefois, les vêtements neufs ne sont pas forcement très propres au vu de leurs conditions de fabrication, de transport ou de stockage en rayon des magasin. Il est recommandé de toujours bien laver une première fois ses vêtements avant de les porter.

Stéphane Gayet

Stéphane Gayet

Stéphane Gayet est médecin des hôpitaux au CHU (Hôpitaux universitaires) de Strasbourg, chargé d'enseignement à l'Université de Strasbourg et conférencier.

 

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Atlantico : Aujourd'hui c'est le début des soldes, l'occasion de refaire sa garde-robe. Toutefois, les vêtements proposés sur les étals des commerces ne sont pas toujours très propres. Pourquoi faut-il toujours laver ses vêtements neufs avant de les porter une première fois ? 

Stephane GayetCette peur de se contaminer avec des bactéries ou des virus reste très présente dans l’esprit de beaucoup de personnes. C’est même parfois à un niveau véritablement obsessionnel. Or, elle est le plus souvent disproportionnée à la réalité du risque.

Premièrement, il y a les sous-vêtements que l’on n’essaie pas, mais que l’on manipule beaucoup. Il s’agit des sous-vêtements en vrac, sans emballage. Il est manifeste que les clients ne se lavent pas les mains avant de chercher la pièce qui leur convient. Dès lors, les bactéries et virus de leurs mains vont se retrouver sur les articles de lingerie. Mais, si l’on n’a ni plaie, ni lésion cutanée, ni maladie de peau, le danger pour notre santé reste assez virtuel. Il est utile de préciser que l’épiderme sain, intact, est une barrière infranchissable pour la quasi-totalité des bactéries. Très honnêtement, il n’est pas dangereux pour notre santé d’enfiler ces sous-vêtements neufs sans les avoir lavés, s’ils n’ont été que manipulés à mains nues. Maintenant, que le fait de les porter sans les avoir lavés soit à l’origine d’un inconfort psychologique, c’est autre chose. Mais nous ne sommes plus alors dans l’hygiène — c’est-à-dire la prévention —, il s’agit de répulsion. Il est évident que si lesdits sous-vêtements sont visuellement peu propres, on évitera en général de les choisir, instinctivement. Car la propreté est instinctive, à la différence de l’hygiène qui est réflexive ou plutôt qui devrait l’être.

Deuxièmement, il y a toute la catégorie de vêtements que l’on ne peut pas laver parce qu’ils ne sont pas lavables : il s’agit des vêtements doublés et apprêtés, dont les vêtements d’extérieur (vestons, tailleurs, vestes, manteaux…). Avec cette catégorie, le consommateur n’est le plus souvent pas craintif, car ce type de vêtement a peu de contacts avec notre peau et le risque est perçu comme faible.

Troisièmement, il y a les vêtements que l’on essaie et qui se lavent couramment. Ce sont les polos, pull-overs, pantalons en toile, certaines jupes et chemises, etc. Un risque existe, mais la vérité est que peu de maladies peuvent se transmettre de cette façon. Même la gale — excepté la forme profuse pour laquelle le linge est contagieux — ne se transmet pas facilement par le linge. Ce sont surtout des champignons — agents des mycoses cutanées — qui peuvent ainsi être transmis ; mais les personnes atteintes vont peut-être hésiter — du moins on peut l’espérer — avant d’aller essayer des vêtements dans un magasin, encore que les périodes attractives comme celles des soldes peuvent désinhiber les consommateurs.

En somme, cette pratique, qui consiste à laver les vêtements neufs avant de commencer à les porter, relève davantage du confort psychologique que de l’hygiène à proprement parler.

Quelles sont les maladies et les risques pour la santé en général et pour la peau en particulier que le consommateur encours s'il vient à porter un vêtement neuf qu'il n'aura pas lavé ?

Comme nous l’avons dit plus haut, les risques sont beaucoup plus parasitaires et fongiques — liés aux champignons — que bactériens et surtout viraux. Parmi les parasites de la peau, des poils et des cheveux, il y a la gale, les puces et les poux. Dans la forme commune de gale, le parasite ou sarcopte (taille : 0,35 millimètre) n’est en règle générale transmis que de façon interhumaine directe, c’est-à-dire par contact proche et appuyé (donc non fugace). La transmission par le linge, bien que possible, est fort peu probable. En revanche, dans la forme dite profuse de la gale (sujet extrêmement parasité), la transmission par le linge est bien réelle et même importante. Les puces et les poux peuvent également persister dans les vêtements. Dans le domaine des champignons, les plus à craindre sont des champignons microscopiques filamenteux appelés des « dermatophytes ». Ils ont une affinité pour la kératine (épiderme, ongles, poils, cheveux). Sur le cuir chevelu, ils sont responsables de teignes (certaines teignes font chuter les cheveux, d’autres donnent des lésions inflammatoires, d’autres encore donnent des suppurations…). En dehors du cuir chevelu, les dermatophytes déterminent des infections des poils (sycosis : barbe, thorax…). Sur la peau glabre (sans poils), ils sont responsables de lésions des plis cutanés, appelées intertrigos. Ces infections à dermatophytes sont assez fréquentes et n’ont pas tendance à guérir seules.

Afin de relativiser ce problème, constatez vous un important nombre de consultations liées à des maladies provoquées par des vêtements ou cela reste très limité ? 

En pratique, la relation n’est pas faite entre une maladie infectieuse de la peau et l’achat ou l’essai d’un vêtement neuf. C’est assurément déjà une circonstance rare, et les acheteurs n’ont pas tendance à effectuer le rapprochement. Ceci d’autant plus que, à part pour les puces et les poux, les périodes d’incubation (intervalle de temps qui sépare la contamination de l’apparition des premiers signes) sont plus ou moins longues, mais au moins de plusieurs jours.

En toute honnêteté, si ce mode de contamination est certes possible, il est au demeurant quantitativement faible et ne justifie pas de prendre des mesures de prévention réglementaires, ce qui fait bien sûr partie des réponses possibles à ce type de risque. Mais il vaut mieux rester prudent et vigilant et la prévention reste toujours d’actualité et même plus que jamais…

 

 

 

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