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L’ancien séguiniste François Fillon fait l’éloge de Margaret Thatcher.
L’ancien séguiniste François Fillon fait l’éloge de Margaret Thatcher.
©Reuters

Il s'assume

La voie libérale : le nouveau visage que se construit lentement mais sûrement François Fillon

François Fillon joue "la rupture". Dans une interview publiée dans l'Express ce mercredi, l'ancien Premier ministre dévoile son programme économique autour d'un mot clef : la liberté. Un visage clairement libéral que l'ancien séguiniste affiche toutefois depuis de nombreuses années... par petites touches.

Jérôme Sainte-Marie

Jérôme Sainte-Marie

Jérôme Sainte-Marie est président de la société d'enquête et de conseils PollingVox.

 

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Bruno Jeudy

Bruno Jeudy

Bruno Jeudy est rédacteur en chef Politique et Économie chez Paris Match. Spécialiste de la droite, il est notamment le co-auteur du livre Le Coup monté, avec Carole Barjon.

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Jérôme Chartier

Jérôme Chartier

Jérôme Chartier est un homme politique français, actuel maire de Domont et député de la 7ème circonscription du Val d'Oise.

Il est notamment l'auteur d'un rapport sur la convergence fiscale franco-allemande. 

 

 

 

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Atlantico : Dans l'interview que François Fillon a donné au Telegraph le 18 juin (voir ici), l’ancien séguiniste fait l’éloge de Margaret Thatcher, regrettant que la France n’ait jamais connu "de révolution thatchérienne", et tacle les universités françaises, "des foyers du marxisme". Il récidive dans une interview à paraître dans l’Express (voir ici) ce mercredi. Pourquoi assume-t-il enfin son positionnement libéral et pourquoi a-t-il choisi de faire cette déclaration depuis Londres ?

Jérôme Chartier : François Fillon assume clairement que Margaret Thatcher ait réussi à conduire un programme qui a sauvé l’Angleterre, mais il assure aussi son héritage gaulliste. C’est ce qui fait de lui un homme particulier dans le paysage politique français. Il est attaché aux valeurs régaliennes de l’Etat teintées de colbertisme tout en assumant sa vision très libérale de l’économie et en particulier du droit du travail. Il n’y a pas de grand écart. Un exemple, sur l’Agence des participations de l’Etat qui gèrent l’ensemble des participations de l’Etat dans les grandes entreprises.  Certains pourraient voir une action colbertiste, c’est-à-dire de vouloir diriger les entreprises, là où François Fillon voit en fait la participation détenue de façon stratégique. Pour lui, cela permet soit d’encourager les entreprises de façon momentanée, soit de permettre aux grandes entreprises de disposer d’un actionnaire stable et de référence. C’est une vision libérale où il n’y a pas d’immixtion de l’Etat mais où il assure la stabilité dès lors que c’est une entreprise stratégique. 

Il a assumé son appel de Londres et cette double référence au Général de Gaulle et au modèle thatchérien qui a été un modèle de rupture totale avec la pratique du gouvernement précédent. C’est un appel au réalisme économique qui ne peut s’appuyer que sur une vision libérale de l’économie teintée d’un regard gaulliste sur la détention de positions dans les secteurs stratégiques et sur le rôle régalien et régulateur de l’Etat. Ce rôle s’exprime aussi par une armée et un dispositif militaire en adéquation avec un pays qui est la cinquième puissance mondiale.

Jérôme Sainte Marie : L’image de François Fillon a quelque chose de paradoxal. Par exemple, le quinquennat précédent lui a permis de construire sa différence, notamment durant les premiers mois, par rapport à un Nicolas Sarkozy transgressif, voire perturbant pour ses propres électeurs. En cette période où le Premier ministre est devenu durablement plus populaire que le Président de la République, François Fillon a incarné une droite patrimoniale, ferme dans la défense de ses valeurs et de ses intérêts, mais mesurée dans son expression. Il ne faut pas oublier que c’est lui qui a déclaré être à la tête d’un Etat en faillite, et qui avait écrit auparavant, en 2006, un ouvrage dont le titre – "La France peut supporter la vérité" - indiquait sans équivoque sa volonté réformatrice. L’étonnement par rapport à l’interview donnée au Telegraph n’est donc pas dans le contenu, mais plutôt dans son cadre londonien.

Bruno Jeudy : Il assume son positionnement et son programme de redressement conservateur et libéral, et surtout son envie d’ancrer une vraie rupture par rapport aux candidatures présidentielles de la droite. Pour lui il ne faut pas se disperser dans un grand programme mais se concentrer sur l’urgence qui est d’apporter des vraies réponses à la crise économique et sociale. Il assume vouloir taper très fort et faire une vraie rupture. Il ne change pas de cap depuis un an. Il pense que la société française est mûre après la rupture de Nicolas Sarkozy qui n’a pas eu lieu selon lui et les échecs de François Hollande. C’est une vraie rupture qui sera douloureuse. François Fillon est dans la gestuelle gaulliste qui est la base de sa carrière politique. Il a voulu faire un clin d’œil à l’histoire en allant le 18 juin s’exprimer dans une fondation libérale, il a voulu s’inspirer de ce que font les conservateurs britanniques au pouvoir.

Que préconise concrètement l’ancien Premier ministre ?

Jérôme Chartier : Il préconise la suppression de l’ISF dans la mesure où il préfère voir les Français fortunés investir en France que hors de France. Il propose de supprimer toute référence à une durée légale du travail en renvoyant la durée à la négociation en entreprise. Il souhaite remettre la fonction publique aux 39 heures travaillées permettant d'offrir aux fonctionnaires une perspective autre que le gel du point d'indice et la régression salariale sur les vingt prochaines années. François Fillon propose enfin, et entre autres, de revoir en profondeur le système d’indemnisation du chômage pour encourager vraiment le retour à l’emploi avec un accompagnement du chômeur pris comme un investissement et non une charge. C’est un bloc fort de propositions que François Fillon n’avait pas présenté, jusqu’à présent, sous une forme structurée et dotée d'une telle cohérence. Son pacte de compétitivité à lui permet une vraie libération du marché du travail, complété par des mesures efficaces pour faire baisser les charges sur les entreprises.

Pour lui, "le peuple français est en train de devenir libéral".  Quel écho un tel projet peut-il espérer avoir au sein de la droite et plus largement de l'opinion ? Les retombées peuvent-elles être positives ? N’est-ce pas risqué d’être sur ce créneau politique alors que les Français sont souvent considérés comme étatistes ?

Jérôme Chartier : Je partage sa conviction. D'ailleurs, j’avais déjà proposé des mesures permettant la libéralisation du travail dans mon livre "éloge du travail" (Grasset, 2013), qui manifestait une conviction libérale. Je pense que les Français sont rendus à l’idée que la mondialisation implique une vision nettement plus libérale de l’économie, qui n’est pas en contradiction avec la nécessaire protection des citoyens ni avec un Etat régulateur et à l'autorité retrouvée. François Fillon a raison de faire le pari que les Français attendant davantage de liberté. Les Français ont tiré la leçon que les modèles traditionnels qu'ils ont connus ne s’inscrivent plus dans une perspective d’avenir. Je pense au communisme, au socialisme teinté de social-démocratie, à une certaine vision gaulliste-conservatrice très éloignée du réel. Lorsque Nicolas Sarkozy et François Fillon étaient au pouvoir, nous aurions pu connaître une vraie rupture si la violence de la crise financière n'avait pas contraint à un changement de cap. Bref, pour l'instant et depuis tant de temps, on a tout essayé sauf la liberté. Je crois que le moment est venu d’essayer la liberté.

Jérôme Sainte Marie : Je ne vois pas dans les études publiées la trace d’une conversion des Français au libéralisme, avec d’ailleurs toute la difficulté à définir aujourd’hui ce terme. Il y a toujours une demande de protection adressée à l’Etat, l’attente d’une intervention publique dans la politique industrielle, et l’attachement à une redistribution financière par la voie fiscale. C’est d’ailleurs sur ce message que François Hollande a mené sa campagne victorieuse en 2012. L’immense déception des Français face à son action présidentielle n’ont pas pour le moment provoqué une mutation idéologique vers le libéralisme, mais plutôt vers un protectionnisme polymorphe. D’ailleurs, le succès politique de Marine Le Pen profite de ce nouveau cours, et pour cela, à partir du Congrès de Tours du Front national, elle s’est nettement éloignée du libéralisme économique de son père.

Bruno Jeudy : François Fillon fait une analyse de la situation politique française et de la droite. Pour lui on est arrivé à un moment où les Français se méfient de ceux qui promettent la lune.  Il pense que les Français sont mûrs pour accepter ce programme. Il n’est pas non plus naïf et sait que ce n’est pas un programme très facile à vendre. Il sait qu’il va se heurter au scepticisme et aux critiques. Il pense que sur la durée ces concurrents ne seront pas capables de présenter un vrai programme de redressement, soit ne présenteront pas un programme de rupture avec qui a été fait.

Ce n'est pas en tout cas l'idée qui semble prévaloir actuellement à l'UMP où conservateurs et libéraux n'ont jamais été si divisés. Espère-t-il pouvoir faire la synthèse dont la droite a aujourd'hui besoin ? Comment ?

Bruno Jeudy : L’UMP est un parti de synthèse de gaulliste, libéraux, centristes. Il est à la fois l’héritier du RPR et de la famille libéralo-giscardienne de l’UDF. Ses propositions libérales et son positionnement personnel, étant issu de la France rurale, fait qu’il peut incarner une forme de synthèse entre la droite conservatrice classique et la tentation libérale de la droite qui n’a jamais pu être dominante. Il peut la réussir comme Nicolas Sarkozy était parvenu à le faire en 2007. François Fillon veut toutefois être partisan d’une nouvelle rupture qui serait plus forte. Il reste à crédibiliser son positionnement, il y a toujours une méfiance entre ceux qui font des promesses libérales en campagne mais ne les tiennent pas une fois au pouvoir. Il devra être plus crédible que Nicolas Sarkozy si ce dernier revient sur ce créneau. Il aura à défier Nicolas Sarkozy là-dessus mais peut-être que les deux seront doublés par un quadra qui incarnera le renouveau et une vraie rupture libérale. Les sympathisants de droite sont en tout cas dans une vraie attente des solutions de rupture avec un vrai programme libéral, crédible et chiffré.

Que reste-t-il de l’ancien séguiniste au début de la carrière politique de François Fillon  ?

Jérôme Chartier : Chaque individu se construit sur un socle et François Fillon n'est pas différent à cet égard. Ainsi, le socle du gaullisme social et du séguinisme est présent dans sa pensée à travers la vision du rôle de l’Etat, l’amour de la France et de la patrie, la confiance absolue dans la capacité de la France à se régénérer… Il en reste donc beaucoup. Philippe Séguin, ce n’était pas seulement une personnalité hors du commun, c’était une âme politique et François a conservé une part de cette âme tout en réussissant à se construire une pensée politique originale en mesure de bâtir un véritable projet de rupture, ce qu'il est en train de démontrer par ses propositions. À ceux qui s'étonnent de ses propositions radicales, je veux leur dire qu'ils ne sont pas au bout de leur surprise.

Jérôme Sainte Marie : Ses faits d’armes aux côtés de Philippe Séguin, y compris contre la ratification du traité de Maastricht, appartiennent à un temps où, comme l’immense majorité des élus, il était à peu près inconnu du grand public au niveau national. Député en 1981, sa cote de popularité ne commence à être mesurée par TNS Sofres qu’en 2002. Sa notoriété s’amorce avec son entrée au gouvernement, en 1995, et ce sont ses fonctions ministérielles qui construiront son image. C’est lui qui pilote le changement de statut de France Télécom, et sa privatisation partielle. Ceci passe relativement inaperçu de l’opinion publique, mais il en va tout autrement lorsqu’à partir de 2002, au sein du gouvernement Raffarin, il conduit la réforme des 35 heures, d’ampleur limitée, puis celle des retraites. Au printemps 2003, il affronte plusieurs manifestations, essentiellement de fonctionnaires, et entre en conflit avec la CGT et FO. Affichant une ligne de fermeté, il est alors particulièrement apprécié dans les sondages par les personnes travailleurs à leurs comptes, celles affichant des idées libérales, et plus généralement apparaît comme le paladin d’une droite combative contre les forces qui avaient combattu le plan Juppé en 1995. Autant dire que le personnage appartenant à la « droite sociale » et attaché à l’économie mixte des années De Gaulle n’a jamais existé, le concernant, dans l’opinion publique.

Bruno Jeudy : Il vient du gaullisme social, mais c’est un souvenir. Il vient de très loin et a zigzagué dans les méandres gaullistes avant d’avoir été un ministre important sous Jacques Chirac puis sous Nicolas Sarkozy. Il a commencé son évolution en 1995. L’homme qui a diagnostiqué la faillite est assez cohérent. A Matignon il assurait d’avoir longtemps négligé les solutions libérales. Cette évolution vers le libéralisme économique, on l’a vu évoluer pendant son passage à Matignon où à l’épreuve des dossiers économiques il a fait un constat. Dans son dernier livre « la France peut supporter la vérité » paru en 2006 il esquisse un certain nombre de solutions beaucoup plus radicales que celles du programme de Nicolas Sarkozy : la suppression des 35 heures, la diminution des dépenses publiques, la suppression des départements. Désormais, Hervé Novelli le conseille toujours et c’est quelqu’un de très libéral. Finalement il n’en reste plus rien sauf peut-être une forme d’esthétisme et un goût pour le rassemblement et le dialogue social.

En off, certains fillonnistes rappellent que Nicolas Sarkozy était dans la pratique sur une ligne économique plus dirigiste qu’annoncée pendant la campagne, un positionnement en partie lié à la crise économique. Sa ligne politique peut-elle aussi être vue comme un besoin de se démarquer de Nicolas Sarkozy et de s’affirmer enfin avec une ligne politique plus claire ?

Jérôme Chartier : À travers ses huit propositions fortes sur la compétitivité, François Fillon apporte des solutions qui sont le fruit d'un long travail fait d'enseignements tirés de son expérience du pouvoir et de longues heures passées à échanger avec les acteurs de l'économie que sont les entrepreneurs et les salariés. Il présente aux Français sa nature d'homme engagé, conscient des mutations et des changements nécessaires pour y faire face. On est bien loin de la recherche d'un positionnement politique quel qu'il soit. C'est au contraire l'affirmation d'un cap, et aussi d'un homme comme d'un tempérament.

Jérôme Sainte Marie : François Fillon invoque dans l’interview au Telegraph la crise financière venue des Etats-Unis comme un facteur de ralentissement des réformes, faisant de celle pour l’autonomie des universités menée par Valérie Pécresse un exemple assez isolé. Il semblerait aussi que l’image rapidement accolée à Nicolas Sarkozy de "Président des riches" ait rendu les choses beaucoup plus difficiles. Il est évidemment plus difficile de justifier devant l’opinion des sacrifices et des remises en cause quand on a promu le "bouclier fiscal", par exemple. Au-delà du jeu tactique de l’opposition de gauche, combattant alors des mesures qu’elle entreprend peu ou prou aujourd’hui, il y a eu un choc culturel entre la "nuit du Fouquet’s" et un peuple qui chérit la "nuit du 4 août". Ceci s’est très concrètement traduit par des défaites électorales cuisantes pour la droite aux élections locales, avant la défaite de 2012. La leçon à en tirer est la nécessité de produire un discours inscrivant la rupture dans l’empathie, voire la compassion.

Bruno Jeudy : Il détermine sa ligne politique et économique sans penser à Nicolas Sarkozy, ça remonte à plus loin. Là, Nicolas Sarkozy s’apprête à revenir sur une ligne politique un peu indéfinie, où on a le sentiment que sera plus sur sa personne. François Fillon occupera un créneau sans doute plus à droite qu’Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, qui joueront plus le centre et le consensus. Il sera le plus libéral et il aura des solutions les plus radicales des trois. Il sera plus près des aspirations des militants de droite sur l’aspect programmatique que les deux autres qui le seront plus sur l’incarnation du chef et du leadership.

Plusieurs fillonnistes sont critiques en privé au sujet de sa capacité à fédérer et mobiliser ses troupes. Peut-il toutefois devenir un vrai chef de guerre et un homme de fer, comme l’a été Thatcher en version femme ?

Jérôme Chartier : François Fillon est incontestablement devenu un chef de guerre. Il sait avoir une poigne de fer lorsque les circonstances l’exigent. Je l’ai personnellement toujours vu à la hauteur des responsabilités dans son exercice du pouvoir. Depuis l’élection à la présidence de l’UMP en 2012, pas un seul parlementaire qui l'a soutenu à l'époque ne lui manque, et récemment de nombreux autres sont venus le rejoindre en lui disant qu'il avait eu raison le premier. François Fillon est un rassembleur et un fédérateur, il n’a jamais été l'homme d'un clan ou d'une clique. Il sait entretenir la fibre de l'engagement politique chez ses soutiens. Seulement il le fait discrètement et sans tapage. Les Français, et à plus forte raison les sympathisants et les militants UMP, attendent en ce moment deux choses d’un chef politique : une dimension et un cap. La dimension, il l'a. Et c'est justement ce cap que François Fillon est en train de bâtir proposition après proposition, sur la sécurité de proximité, sur l'éducation et maintenant sur la Compétitivité.  Je n'ai pas de doutes que ces dernières propositions vont nourrir le débat public et vont permettre à la droite de renouer avec les idées ce qu'elle n'a pu faire ces derniers temps.

Jérôme Sainte Marie : François Fillon a tout de même réussi à devenir après un quinquennat entier à Matignon une personnalité politique parmi les plus populaires. Contrairement à Nicolas Sarkozy, il n’a pas suscité un rejet épidermique chez les sympathisants de gauche. Cependant, la campagne interne à l’UMP, en 2012, a révélé une prudence excessive, et même une mauvaise appréciation des demandes profondes du peuple de droite, par exemple sur l’immigration. Dans un moment de crise économique mais aussi identitaire où s’exprime une demande d’autorité, ceci lui a coûté la présidence de l’UMP. Il apparaît que François Fillon entend aujourd’hui corriger cette image trop consensuelle, alors que la pression du Front national s’accroît. La difficulté est double. D’une part, celle de la mesure de ses interventions, qui ne peuvent être en discordance ouverte avec le personnage auquel l’opinion s’est habituée. On voit bien que l’interview londonienne se rapproche dangereusement de cet écueil. D’autre part, et là on bascule de la communication à la politique au sens plein du terme, il s’agit de fixer une ligne intégrant des attentes fortes en matière de développement économique de valorisation identitaire et de cohésion nationale, notamment, avec des engagements européens que François Fillon ne semble plus désormais vouloir remettre en cause.

Bruno Jeudy : C’est le défi de François Fillon dans les années qui viennent : s’il veut devancer ses rivaux dans une éventuelle primaire il doit démontrer sa capacité à entraîner ses troupes ce qu’il n’a pas démontré en 2012. Il fait l’analyse que son programme sera suffisamment forte pour créer l’adhésion auprès des Français. Il lui manque peut-être la fougue et les jambes pour pousser les gens dans une campagne électorale et électriser les foules.

 

Propos recueillis par Julien Chabrout

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