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L'importance de connaître les limites et frontières qui nous constituent en tant qu'homme
©MAURICIO LIMA / AFP

Bonnes Feuilles

L'importance de connaître les limites et frontières qui nous constituent en tant qu'homme

Trois débats nous obsèdent : autour du genre, des droits de l’animal, de l’euthanasie. Et trois disciplines politiquement correctes traitent désormais de ces questions dans le monde universitaire : gender studies, animal studies, bioéthique. En lisant les penseurs à l'origine de ces trois courants de pensée, Jean-François Braustein lève le voile sur la folie très inquiétante qui s'est emparée de la philosophie aujourd'hui. 2/2

Jean-François Braunstein

Jean-François Braunstein

Jean-François Braunstein est professeur de philosophie contemporaine à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il y enseigne l’histoire des sciences et la philosophie de la médecine ainsi que l’éthique médicale. Il a notamment publié Canguilhem, histoire des sciences et politique du vivantL’histoire des sciences. Méthodes, styles et controverses et La philosophie de la médecine d’Auguste Comte. Vierge Mère, vaches folles et morts vivants (PUF).

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"La mort, le retour à l’inorganique, est évidemment notre destin, mais c’est justement contre ce destin que l’humanité s’est constituée, en refusant de toutes ses forces la perspective de notre anéantissement. L’erreur principale commise par nos gendéristes, animalitaires et autres bioéthiciens, est de croire qu’il faut « effacer » les frontières de toutes sortes. L’humanité ne se constitue que par la mise en place de limites et de frontières. Ce sont ces frontières qui font que l’humanité existe comme telle. S’il n’y a plus ni limites ni frontières, nous ne sommes plus dans l’humanité, nous sommes dans la nature. Certes, du point de vue de l’étude scientifique de la nature, toute une série de gradations existe entre masculin et féminin, l’homme est à certains égards un animal et la vie et la mort sont difficiles à distinguer et à définir. C’est sous ce prétexte que certains voudraient prêcher un continuisme universel.

Mais l’humanité connaissante, dans toute son histoire, s’est justement efforcée de distinguer radicalement les sexes, de préciser la différence entre les hommes et les animaux, de tenir le mort à distance du vivant. Le langage, la pensée rationnelle, dans la mesure où ils établissent définitions et catégories, consacrent aussi des distinctions nécessaires. La raison est par nature « essentialiste », comme on dit péjorativement aujourd’hui, dans la mesure où elle s’efforce d’arriver à des définitions de plus en plus exactes."

Extrait de Jean-François Braunstein, La philosophie devenue folle aux Editions Grasset & Fasquelle

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