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La libération de DSK déchaîne les chroniqueurs.
La libération de DSK déchaîne les chroniqueurs.
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DSK : certains préféreraient-ils un innocent en prison plutôt qu'un présumé coupable en liberté?

Animant un "chat" sur le site Internet du quotidien belge La Libre Belgique, le journaliste de Libération Jean Quatremer enfonce Dominique Strauss-Kahn jusqu’à plus soif. Selon lui, "traiter les femmes comme le fait DSK devrait susciter le même sentiment de rejet qu'un politique qui aurait un comportement raciste"...

L’affaire DSK passionne les Belges (surtout francophones) presque autant que les Français. Son non-lieu a fait la couverture des grands quotidiens. Mercredi passé, La Libre Belgique (catholique centriste) propose à ses lecteurs de "chater" avec Jean Quatremer, journaliste pour Libération et blogueur réputé, à propos de l’avenir politique de DSK.

Gonflé à bloc (il est quasiment le seul à avoir dénoncé tempore non suspecto la relation très spéciale de DSK avec la gent féminine), Jean Quatremer n’y va pas par le dos de la cuillère. Un vrai procureur de la République.

Pour le journaliste de Libé, le soutien de DSK à quel que candidat socialiste que ce soit signifierait « le baiser de la mort » car « Strauss-Kahn n'a absolument pas été blanchi comme on a pu l'entendre à la télévision, par la justice US. Mais la justice a simplement renoncé à le poursuivre craignant de perdre le procès ».

« Il ne va pas être facile pour DSK d'expliquer aux citoyens français comment une femme de ménage qu'il ne connaissait pas à pu consentir à une fellation non-tarifée selon ses avocats en l'espace de 7 minutes », poursuit-il. Et, foi de polémiste, l’opinion publique française en aurait « parfaitement conscience ». Quatremer n’a sans doute pas lu le rapport de 25 pages de Cyrus Vance qui propose un panégyrique des mensonges de la plaignante et décrit sa façon de se rouler par terre en pleurant à propos d’un viol en Guinée qui n’a jamais existé.

Pour Quatremer, les choses sont limpides : « DSK ne doit qu'à son pouvoir et à son argent de s'en sortir à si bon compte... Dans cette affaire, les valeurs de gauche qu'il était censé incarner ont été particulièrement malmenées pour ne pas dire violées. »

L’appartenance ethnique de la victime supposée aurait fait le reste : « (…) On peut aussi sans doute incriminer un biais racial et culturel chez Cyrus Vance. On peut imaginer que sa décision aurait été différente si la victime avait été blanche et riche… » Quatremer rappelle ensuite l’attitude déplacée des socialistes qui ont défendu «le puissant, le riche, l'homme, le blanc contre la pauvre, la noire, la femme ». Comme si la couleur de peau de Diallo en faisait une oie blanche.

Pour une fois plus nuancé et étant donné la forte capacité d’oubli des Français (cf. l’affaire de l’Observatoire avec Mitterrand), Jean Quatremer s’interdit tout pronostic sur l’avenir de DSK et un possible retour en politique.

Comme si vous y étiez, Quatremer enfonce le clou : « Ce qui reste de DSK, c'est un homme qui s'est fait faire une fellation par une parfaite inconnue dans sa chambre, après avoir passé une nuit avec une autre femme que la sienne, qui va déjeuner avec sa fille et qui, ensuite, saute dans l’avion pour aller rejoindre sa femme légitime à Paris (…). Traiter les femmes comme le fait DSK devrait susciter le même sentiment de rejet qu'un politique qui aurait un comportement raciste. »

Faisant fi de la décision d’abandon des poursuites, Quatremer rajoute, répondant à un internaute qui suppose que les Français un peu paillards lui pardonneront: « Si vous considérez que la tentative de viol ou le harcèlement font partie de l'érotisme, vous n'appartenez pas au même monde que moi. Seuls les machistes voient dans les comportements déviants à l'égard des femmes une forme de séduction. »

Bref, on sent confusément une aigreur de la part de Quatremer qui ne semble pas digérer que DSK s’en sorte à si bon compte.

Face au peu de crédibilité de Nafissatou Diallo, fallait-il prendre le risque de mettre un innocent en prison plutôt que laisser un présumé coupable en liberté ?

[La retranscription complète du chat de Jean Quatremer pour La Libre Belgique]

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