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Selon le CNCC, dès le début des soldes les commerçants consentiront à de grosses remises
Selon le CNCC, dès le début des soldes les commerçants consentiront à de grosses remises
©Reuters

L'interview Atlantico Business

Jean-Michel Silberstein - CNCC : "De grosses remises dès le début des soldes"

Les soldes d'hiver débutent ce mercredi et 74% des Français envisagent d'aller faire quelques achats. C'est 11% de moins par rapport à l'an dernier selon un sondage IPSOS commandé par le CNCC. Pour Jean-Michel Silberstein, délégué général du Conseil National des Centres Commerciaux (CNCC), cette baisse significative de la fréquentation entrainera dès le début de très grosses remises. Une situation qui s'explique également par la multiplication des offres à prix cassés durant l’année.

Jean-Michel Silberstein

Jean-Michel Silberstein

Jean-Michel Silberstein est  délégué Général du Conseil National des Centres Commerciaux (CNCC).

Le Conseil National des Centres Commerciaux est l’organisation professionnelle française fédérant les acteurs qui participent à la promotion et au développement des centres commerciaux : promoteurs, propriétaires, gestionnaires, enseignes, prestataires et groupements de commerçants. 

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Atlantico Business : Doit-on s'attendre à d'importantes remises dès le début ?

Jean-Michel Silberstein : En effet, dès le début des soldes, on aura de très grosses remises. Les commerçants ont pris l'habitude, depuis quelques saisons, de consentir des réductions très importantes dès le début de cette période. Cette saison a été marquée par des résistances au niveau de la consommation. Cela a conduit les commerçants à faire, tout au long de la saison, plus de promotions qu'ils ne l'avaient imaginés. Et ce, notamment à cause des ventes du début de la saison qui se sont mal passées. D'ailleurs, on note un sursaut des ventes fin novembre, justement parce que les commerçants ont fait des promotions à cette occasion et cela a anticipé les premiers achats de Noël. Ils ont compris que, même si la durée légale des soldes est de 5 semaines, elle ne durent en réalité que les 10 premiers jours . On ne peut plus faire comme avant avec la première démarque, puis la deuxième etc. Cette fois encore, l'essentiel des ventes se feront sur cette période réduite.  
La consommation est en berne, pourtant votre sondage indique les Français ne changeront pas leur budget pour les soldes. Qu'est-ce que cela traduit du comportement des consommateurs ?

Notre sondage montre que moins de Français iront faire les soldes. Mais pour ceux qui y participent, leur budget sera du même niveau que l'année dernière, c'est-à-dire 225 euros. Cela signifie que le besoin d'acheter "moins cher" grâce aux soldes ne concerne plus autant de consommateur qu'avant, justement parce que les commerçants font davantage de promotions durant la saison. Les achats à bon compte reste au même niveau, ils vont simplement se distribuer d'une manière différente, puisque les commerçants offrent plus de promotions hors période de soldes. Pour bien comprendre cette tendance, il faut se remettre dans le cadre de ce que vivent les Français. Nous avons passé une saison compliqué avec des messages très négatifs envoyés par les pouvoirs publics en terme d'imposition, de taxe...  Tout cela s'est cristallisé et a entrainé un climat général de morosité. La conséquence, c'est la diminution des achats "plaisirs", que pouvaient représenter les soldes, au profit d'achat plus "pragmatiques".

D'après plusieurs indicateurs, les consommateurs délaissent les grands centres commerciaux au profit d'un retour en centre ville. Cela peut-il modifier le déroulement et les remises lors de ces soldes ?

C'est une idée qui n'a pas de sens dans la réalité. Aujourd'hui, si l'on compare les centre commerciaux de centre-ville et ceux de périphérie, ce sont clairement ceux de périphérie qui surperforment les autres. Donc les soldes seront les mêmes partout. Dire qu'il y a un départ des consommateurs des centres commerciaux, ce n'est pas le cas et l'idée que les centres-villes en profitent, n'a aucune justification économique. Si on regarde le taux de vacance des commerces en centre-ville, il est largement plus important que celui des centres commerciaux. Cela montre que le centre-ville vit une vraie crise. Les centres commerciaux eux, ont les moyens de se rénover, d'aller chercher des enseignes modernes alors que le centre-ville n'a pas les capacités à gérer sa commercialité. Nous allons terminer l'année quasiment à l'équilibre par rapport à l'année dernière. Cela démontre la solide santé des centres commerciaux. Même si les grands centre commerciaux, en effet, profitent plus que les autres.
Propos recueillis par Julien Gagliardi

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