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Génération loose (salariale) : les diplômés de 2020 se préparent à des années de galère
©Juan Mabromata / AFP

Génération Covid-19

Génération loose (salariale) : les diplômés de 2020 se préparent à des années de galère

La crise du coronavirus et ses conséquences économiques vont fortement impacter la génération des diplômés de cette année 2020. Quelles pourraient être les conséquences sur le marché du travail pour ces jeunes diplômés ? Quelle est la meilleure attitude à adopter face à cette perspective ?

Pierre Duriot

Pierre Duriot

Pierre Duriot est enseignant du primaire. Il s’est intéressé à la posture des enfants face au métier d’élève, a travaillé à la fois sur la prévention de la difficulté scolaire à l’école maternelle et sur les questions d’éducation, directement avec les familles. Pierre Duriot est Porte parole national du parti gaulliste : Rassemblement du Peuple Français.

Il est l'auteur de Ne portez pas son cartable (L'Harmattan, 2012) et de Comment l’éducation change la société (L’harmattan, 2013). Il a publié en septembre Haro sur un prof, du côté obscur de l'éducation (Godefroy de Bouillon, 2015).

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Atlantico.fr : Quel impact pourrait avoir la crise économique post-coronavirus sur les conditions d'embauche de la génération des diplômés de 2020 ?

Pierre Duriot : Il est vrai que le diplôme obtenu en 2020 pourra apparaître comme dévalorisé, mais ce sera du trompe l'oeil. La perception du diplôme a bien évolué, depuis ce bac quasiment obtenu à l'unanimité, donné et dévalorisé, disent certains, avec une assez juste raison. Les employeurs ne sont pas nés de la dernière pluie et n'ont pas que le diplôme comme indicateur. Ils se concentrent désormais, bien plus qu'avant, sur les savoir-faire et surtout sur les savoir-être, qui témoignent plus objectivement sur vos chances d'intégrer harmonieusement une entreprise, que la présentation d'un diplôme brut. Pour la pratique, ça ne devrait pas changer grand chose, parce que des employeurs ne peuvent pas faire l'impasse sur une génération, au prétexte que les cours n'auront pas tous été dispensés et que les examens n'auront pu être passés dans les conditions optimales. Déjà, hors pandémie, la différence est abyssale entre ceux qui se contentent de leurs cours et ceux qui glanent, de leur propre initiative, des informations périphériques et élargissent leurs champs de compétences en allant au-delà de ce qui est dispensé à l'école. Ceux-là auront télé-étudié, ce sera même un apport à faire valoir pour une future activité professionnelle. Le télé-travail, généralisé avec plus ou moins de succès pendant la crise, va, à coup sûr, devenir quelque chose de plus fréquent que par le passé. Même si le diplôme aura un air dévalorisé, les compétences des candidats sont intactes, les employeurs sauront les déceler et ce sera aux candidats les mettre en valeur, selon le jeu habituel des entretiens d'embauche.

A-t-on d'autres exemples de génération de diplômés sorti des bancs de l'école ou des universités en temps de crises ?

Bien sûr, nous avons la génération de 1968, qui a obtenu, à son époque, des diplômes considérés quelques temps comme dévalorisés et on ne peut pas estimer aujourd'hui que les Soixante-huitards aient eu des carrières au rabais, loin s'en faut et pour certains, ce serait même le contraire : ils ont surfé sur ce millésime devenu mythique. Plus prosaïquement et surtout plus courant, il y a les diplômes obtenus, par exemple, dans le 93, qui n'ont pas non plus une image d'excellence aux yeux des recruteurs. Ils peuvent les associer à une culture, un langage ou des comportements, inappropriés en entreprise, là encore, parfois avec raison. Mais comme le dit l'adage désormais à la mode : pas d'amalgame. Le candidat diplômé, brillant, doit savoir et sait, sortir du lot lors d'un entretien d'embauche. Il reste, de toute façon, une part de déterminisme social, une « prépa » à Henri-IV aura toujours plus de panache qu'une autre en quartier sensible ou dans une obscure ville moyenne de province, mais cela, quelle que soit l'année d'obtention et les vicissitudes de l'actualité.

Quelle attitude adopter lorsque l'on est un de ces étudiants afin de ne pas sombrer dans le pessimisme ?

Quand, avec un diplôme élevé, on vise un poste à responsabilité, avoir confiance en soi, travailler ses qualités propres, soigner sa culture, son élocution, ses savoir-être, ses modalités comportementales, tout en gardant une bonne dose d'humilité et une capacité d'écoute : il nous manque encore l'expérience. Mais ceci est valable quel que soit le millésime de votre diplôme. Il est sûr que l'énoncé, ou la lecture de la date, 2020, pourra générer quelques temps, chez les DRH, un petit sourire en coin, mais il n'y a aucune bonne raison pour que ça en devienne un motif de classement vertical et immédiat des curriculum-vitae.

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