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La crise de l'euro, une chance pour la France ?
La crise de l'euro, une chance pour la France ?
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Aubaine

Et si la crise européenne sauvait la France ?

Alors que Moody's abaisse une nouvelle fois la note de l'Irlande, les dirigeants européens débattent d'un second renflouement de la Grèce... avant un éventuel effondrement de la zone euro. Ce serait alors une excellente opportunité pour la France qui s'est toujours réformée après des chocs extérieurs graves.

Serge  Federbusch

Serge Federbusch

Serge Federbusch est président du Parti des Libertés, élu conseiller du 10 ème arrondissement de Paris en 2008 et fondateur de Delanopolis, premier site indépendant d'informations en ligne sur l'actualité politique parisienne.

Il est l'auteur du livre L'Enfumeur, (Ixelles Editions, 2013) et de Français, prêts pour votre prochaine révolution ?, (Ixelles Editions, 2014).

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Depuis près de 150 ans désormais, la France ne se réforme profondément qu’à l’occasion de chocs extérieurs graves, contrainte et forcée par une situation militaire et/ou diplomatique qui lui échappe. Défaites face à l’Allemagne en 1870 et 1940, crise de la décolonisation avec ses conséquences sur l’Algérie en 1958 : les mutations constitutionnelles sont à chaque fois les résultantes de coups de boutoir qui viennent de l’étranger ou des territoires non métropolitains. Le système politique français, paralysé par son fonctionnement corporatiste et ses castes d’élus et de hauts fonctionnaires ultraconservateurs, était incapable de faire face à ces crises.

Ce qui se passe aujourd’hui, sur le front de l’euro et de l’Europe, est-il du même ordre et pourrait-il avoir des conséquences approchantes ? Certes, le ballet consternant des eurocrates ferraillant avec les « spéculateurs », sur un front mobile qui s’ouvre tantôt en Grèce, tantôt au Portugal, en Italie, en Espagne ou en Irlande n’a pas le même caractère de gravité que l’arrivée des chars de Guderian à Paris.

La moitié de l'Europe ne peut pas vivre avec l'euro

Pourtant, la construction bureaucratique qui tient lieu d’Union Européenne fait face à un péril mortel. Comme un château de cartes ou un pull qui se détricote, le naufrage de l’euro pourrait entraîner rapidement celui de l’Europe dans sa version bruxelloise.

Les marges de manœuvre sont étroites. Quand bien même des virtuoses du refinancement et des prestidigitateurs de la dette parviendraient, dans les jours qui viennent, à élucubrer un swap de dettes équivalent à un « défaut » non avoué, le corset qui se resserre sur l’économie européenne sera de plus en plus étouffant. La concomitance de taux réels élevés, d’un euro surévalué et de l’austérité budgétaire ne peut que reproduire indéfiniment le scénario de la crise jusqu’au constat final : une bonne moitié de l’Europe ne peut pas vivre avec la monnaie commune actuelle.

Quand sera venu le temps de l’explosion de l’union monétaire (de deux semaines grand minimum à deux ans grand maximum), la France sera confrontée à une crise qui, sans avoir le caractère dramatique de celle de 1940, sera néanmoins dévastatrice pour ses institutions et les placera devant des alternatives radicales.

Un choix crucial devra être fait : une « petite Europe » autour de l’Allemagne, sorte de ressucée de la communauté du charbon et de l’acier avec une monnaie commune en plus. Ou le retour à un système de change national et des accords de coopération ouvrant vers toutes les directions de l’Europe.

Vers une souveraineté retrouvée

Notre conviction est simple et forte : le destin de la France ne pourra être de s’asservir et de se soumettre à une vision de l’Europe purement continentale, méprisante du monde méditerranéen, distante des Anglo-saxons. La souveraineté retrouvée de notre pays sera l’occasion, non de différer des réformes indispensables à sa modernisation ou de se laisser aller à des narcoses isolationnistes et protectionnistes, mais de renouer avec un élan à la fois patriotique et libéral, pareil à celui que le gaullisme a su porter en 1958.

Par delà les apparences, les réformes courageuses que la France a trop longtemps différées pour s’adapter au monde moderne ne pourront voir le jour que dans le retour à une politique plus indépendante, débarrassée de la fausse protection d’une Union européenne qui agonise lentement.

Liberté, démocratie, patriotisme et souveraineté : il va falloir réapprendre le sens de ces mots dans les années qui viennent.

La crise de l’Europe est une chance pour la France.

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