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Les hommes dépenseraient plus que les femmes durant les soldes.
Les hommes dépenseraient plus que les femmes durant les soldes.
©Reuters

Accrochage

Fin des soldes : êtes-vous bien sûre que votre mari vous a bien tout dit de son shopping ?

Les hommes sont de sacrés cachottiers : contrairement aux idées reçues, ils dépenseraient plus que les femmes. C'est ce qu'ont constaté Pascale Hébel et Thierry Mathé du département "Consommation" du CREDOC.

Pascale  Hébel

Pascale Hébel

Pascale Hébel est directrice du département « Consommation » du CRÉDOC (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie) et est spécialisée dans l’anticipation du comportement des
consommateurs. Elle vient de publier récemment un livre baptisé « La révolte des moutons » aux éditions
Ailleurs.

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Atlantico : Selon votre étude sur les dépenses en fonction des sexes publiée ce mois-ci, les hommes dépenseraient de manière globale bien plus que les femmes. Qu'est-ce que cela traduit ?

Pascale Hébel : Dans les foyers avec plus de femmes, les dépenses totales sont moins élevées que celles des foyers plus masculins. Cela s’explique notamment par le fait que les hommes gagnent plus que les femmes, fait que nous avons pu, au cours de notre étude, vérifier en comparant les revenus totaux des foyers monoparentaux. Cependant, on a également constaté que les hommes vivant seuls, malgré un salaire de 12 % plus élevé que les femmes, dépensaient en moyenne 6 % de moins que les femmes seules.

Pourtant, il est de notoriété publique que les femmes seraient plus dépensières que les hommes. Comment expliquer ce changement de tendance ? Les hommes cacheraient-ils en fait leurs dépenses ?

Dans les foyers solos, les femmes sont, en effet, plus dépensières, elles sont plus attentives à leur santé et ont des dépenses plus fortes en médicaments non-remboursés ainsi qu'en alimentation, alors que les hommes dépensent plus en alcool et tabac. Les femmes dépensent nettement plus en habillement-chaussures (80% de dépenses en plus), en équipement du foyer (14% en plus).

Par contre, dans les foyers avec plus de deux personnes, les foyers plus féminins dépensent moins en raison de revenus plus faibles. Dans les foyers plus masculins, les parts consacrées à l’alimentation, aux boissons alcoolisées, aux transport (notamment l’automobile), et aux hôtels restaurants sont plus fortes que dans les foyers plus féminins.

Comment se répartissent les dépenses en fonction des sexes ? Qu'est-ce que cela révèle ?

Les dépenses sont plus importantes en vêtements-chaussures. Les femmes sont plus enclines aux achats que portent sur la présentation de soi. La validation de l’identité sexuelle par les femmes reste très présente au travers des dépenses du paraître. Les achats de vêtements sont un prétexte de flânerie et ont une fonction récréative. Le plaisir des achats peut être partagé avec sa fille. Alors que les hommes font leurs achats vestimentaires le plus souvent seuls, les femmes le font entre amies ou avec leur fille. Les achats vestimentaires sont beaucoup plus utilitaires pour les hommes. Quand ils font leurs courses, ils s’éloignent très peu de l’objet de départ, contrairement aux femmes. Les courses se font beaucoup plus rapidement.

Dans les foyers plus féminins, les dépenses sont également plus importantes en communication. Les femmes et les adolescentes sont plus sociables que les hommes. Les temps passés par les femmes en courriers et téléphone sont plus élevés de trois quarts.

Votre étude a également mis en lumière une tendance de la part des hommes à faire les courses et le ménage. Allons-nous vers une répartition des tâches plus égalitaires au sein des foyers ?

On observe une tendance à une réduction des écarts de comportements de consommation masculins – féminins au court du temps. L’effet d’altérité s’estompe. Les jeunes générations d’hommes vont faire de plus en plus souvent la cuisine mais aussi les courses alimentaires. Dans la génération des hommes vivant en couple, ayant entre 25 et 34 ans en 2010, 75% des hommes ont déjà fait les courses alimentaires alors que dans la génération des hommes ayant aujourd’hui entre 45 et 54 ans, ils n’étaient que 65% au même âge à avoir déjà fait les courses alimentaires lorsqu’ils étaient en couple. Ce partage des tâches ménagères s’explique dans la recherche de plaisir, de ludique retrouvée dans l’achat de produits gourmands comme le chocolat, les boissons alcoolisées, les confiseries et la charcuterie. La dimension plaisir est retrouvée lors de la fabrication de repas pour des invitations d’amis.

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