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Journal de Cannes : Dario Argento, le cinéma d'horreur qui fait rire
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Involontaire

Journal de Cannes : Dario Argento, le cinéma d'horreur qui fait rire

Entre kitsch et 3D, le « Dracula » du maître de film d'horreur de série B lasse plus qu'il ne convainc.

Clément  Bosqué et Victoria Rivemale

Clément Bosqué et Victoria Rivemale

Clément Bosqué réfléchit aujourd'hui sur les problématiques de l'action publique, dans le domaine des relations internationales et de la santé. Diplômé de littérature et agrégé d'anglais, il écrit sur le blog letrebuchet.c.la sur l'art, la société et l'homme.

Victoria Rivemale est diplômée en Lettres.

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« Loufoque », « potache », « kitsch à souhait », etc. : le journaliste de lambda-hebdo aura tous ces poncifs à disposition pour distinguer la création – la créature- de Dario Argento (1940- ), le maître italien de l’horreur.

Les spectateurs chaussent de bonne grâce les lunettes 3D, levant les yeux au ciel avec un sourire comme un adulte se prête à un jeu d’enfant. Les premiers rires fusent rapidement ; la salle a, dans son ensemble, décidé de jouer le jeu avec bienveillance.

Argento a parsemé son œuvre de maladresses exprès (dialogues chargés artificiellement d’information à destination du spectateur, tels que : « - Ce soir, c’est… - La nuit de Walpurgis, je sais ! ») et d’effets visuels grossiers : la 3D est mise à contribution pour donner tout leur relief aux formes girondes de ses belles vampiresses, projeter toutes sortes d’objets et de fluides au visage du spectateur et tirer parti des perspectives intérieures du château et de la profondeur des sous-bois de Transylvanie.

L’histoire suit, à quelques transpositions près, l’intrigue originelle de Bram Stoker. Argento n’oublie pas de glisser ici et là quelques références dans cette expérience d’horreur aux couleurs vives, comme dans les vieux films colorisés.

Private jokes

Certaines scènes sont directement copiées du Dracula de Coppola ; ainsi l’interprète du héros Jonathan Harker est un frère de Keanu Reeves, qui interprétait le même rôle en 1992  et parvient même à avoir l’air plus niais. Le Comte Dracula se délecte de la « musique » des hurlements des loups (« les enfants de la nuit ! »), prononce certains mots comme s’il avait la bouche pleine de sang (« pppleasant ») ; enfin, Rutger Hauer jouant le Dr Van Helsing a plus que de faux airs d’Anthony Hopkins.

Toutes ces petites private jokes sont accueillies avec des pouffements. Mais la bienveillance a ses limites : la fantaisie d’Argento est tout compte fait bien raisonnable, les meilleures blagues sont les plus courtes, et on finit par n’avoir plus rien à faire de ce qui peut bien arriver aux uns et aux autres.

En cette année d’anniversaire du centenaire de la mort de Bram Stoker, le meilleur moyen de se plonger dans l’atmosphère de Dracula reste encore de lire le livre dans sa traduction récente en français.

D’Argento, pourquoi ne pas s’offrir deux films d’horreur pour le prix d’un seul avec Two Evil Eyes (1990), adaptation superbe de deux nouvelles d’Edgar Allan Poe ?

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