Féminisme et études de genre : la simplification comme sophistication | Atlantico.fr
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Une banderole de militants féministes lors d'une manifestation.
Une banderole de militants féministes lors d'une manifestation.
©DOMINIQUE FAGET / AFP

Bonnes feuilles

Féminisme et études de genre : la simplification comme sophistication

Helen Pluckrose et James Lindsay publient « Le Triomphe des impostures intellectuelles » chez H & O éditions. La prolifération incontrôlée des croyances anti-Lumières constitue une menace non seulement pour la démocratie et la liberté de penser mais aussi pour la modernité elle-même. Extrait 2/2.

Helen Pluckrose

Helen Pluckrose

Helen Pluckrose est une auteure et écrivaine britannique connue pour ses critiques de la justice sociale. Elle est rédactrice en chef d'Areo.

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James Lindsay

James Lindsay

James Lindsay est un auteur, critique culturel et mathématicien américain. Il est connu pour son implication dans l'affaire des études de griefs avec Peter Boghossian et Helen Pluckrose, avec qui il a co-écrit le livre Cynical Theories.

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Avec pour objectif d’améliorer la vie d’un peu plus de la moitié de la population, le féminisme est, depuis plus d’un siècle, l’un des mouvements sociaux les plus importants de l’histoire de l’humanité. Sans cesse controversé, le féminisme a permis de nombreuses avancées, ce qui lui a sans doute valu parfois une impopularité extrême.

Le féminisme a connu une profonde inflexion au tournant du millénaire après l’adoption par un nombre important d’activistes d’une nouvelle approche « de plus en plus sophistiquée »: l’intersectionnalité. Combinant de nombreuses formes de Théorie de l’identité, l’intersectionnalité a presque entièrement balayé les approches libérales, matérialistes et radicales qui avaient caractérisé le féminisme pendant la majeure partie du XXe siècle. Ces nouvelles féministes ont fait surgir de la Théorie tout un ensemble d’axes appliqués à des identités marginalisées, axes qu’il s’agira de faire passer par le prisme de l’oppression, du sectarisme, de l’injustice, des griefs et de sa propre participation complice aux systèmes de pouvoir et de privilège. Face à l’ampleur et à la soudaineté de ce changement, une série d’articles universitaires parurent au début des années 2000 pour défendre les approches matérialistes et radicales de la théorie féministe.

Ce chant du cygne académique ne tarda pas à faire place à une autre série de papiers pour expliquer la nouvelle inflexion intersectionnelle et montrer en quoi elle représente la voie à suivre pour une « haute culture » de la pensée féministe dans le monde universitaire.

De l’extérieur, l’approche intersectionnelle semble aussi hargneuse qu’incompréhensible. On pourrait la comparer à un peloton d’exécution où les fusilleurs passeraient leur temps à s’attaquer les uns les autres au nom de différences et de griefs insignifiants. Cette approche fonctionne par des appels au soutien mutuel aux différentes tribus opprimés en tant qu’« alliés » d’abord, et plus tard au nom de la « solidarité » — les deux étendards ont d’ailleurs été problématisés par la Théorie puisqu’ils « placent au centre » les besoins des alliés plus privilégiés au détriment de groupes minoritaires opprimés dont les spécificités ne vont que croissantes. Difficile d’échapper à l’impression — qui n’est pas fausse — qu’il est impossible d’accomplir quoi que ce soit de positif dans un tel cadre. Peut-être est-il même conçu pour cela.

Les féminismes d’hier et d’aujourd’hui

Le féminisme n’a jamais présenté un front uni. Il est vrai qu’en prenant comme simple définition du féminisme « la croyance en l’égalité des sexes », il est possible de dire que la majorité de la population occidentale est aujourd’hui féministe. La recherche universitaire et l’activisme féministes se sont cependant toujours tournés vers l’idéologie et la théorie, et les idéologies et théories dominantes du féminisme — et leurs lots de luttes intestines — ont beaucoup évolué au fil du temps. Le féminisme entendu comme mouvement politique et philosophique a fini par donner lieu à une profusion de groupes: féministes culturelles radicales, féministes lesbiennes radicales, féministes libertaires radicales, séparatistes, féministes psychanalytiques françaises, womanistes, féministes libérales, féministes néolibérales, féministes marxistes, socialistes/féministes matérialistes, féministes islamiques, féministes chrétiennes, féministes juives, féministes de choix, féministes de l’équité, post-féministes et féministes intersectionnelles. Tous ces groupes se préoccupent des droits, des rôles et des expériences des femmes dans la société, mais tous diffèrent considérablement les uns des autres sur la façon de les comprendre et donc de les traiter.

Il est bien évidemment impossible d’étudier ici en détail chacun d’entre eux. Nous nous limiterons donc à quatre catégories (très simplifiées) de pensée féministe: le féminisme libéral, le féminisme radical, le féminisme  matérialiste et le féminisme intersectionnel. Le féminisme libéral constituait la plus grande base militante de la « deuxième vague » qui s’étend de la fin des années 1960 jusqu’au milieu des années 1980. Cette même période est également dominée par les féminismes radicaux et matérialistes qui partagent certains éléments du féminisme libéral, tout en restant ses rivales académiques. Le féminisme intersectionnel, quant à lui, est une nouvelle variante qui a remplacé les précédentes dans les milieux académiques et militants à partir du milieu des années 1990. Ce sont ces approches intersectionnelles qui dominent au XXIe siècle — et c’est à cette perspective intersectionnelle que l’on doit le profond changement évoqué au début de ce chapitre.

Depuis les débuts du militantisme féministe de la deuxième vague dans les années 1960, le féminisme était constitué par trois branches principales: libérale, matérialiste et radicale.  Le féminisme libéral permit d’étendre progressivement aux femmes les droits et les libertés d’une société libérale. Il réussit à refaçonner le paysage sociétal, en particulier le lieu de travail. Les féminismes matérialiste et radical ont également compté un versant activiste, et leurs travaux dominaient la recherche universitaire. Les féministes matérialistes se sont principalement intéressées à la façon dont les femmes sont assujetties par les efforts conjoints du patriarcat et du capitalisme au sein de différents environnements comme leur foyer ou leur lieu de travail. Leurs théories s’appuyaient à des degrés divers sur le marxisme et plus largement sur le socialisme. Faisant passer le patriarcat au premier plan de leurs analyses, les féministes radicales considèrent les femmes comme une classe opprimée, et les hommes comme une classe d’oppresseurs. Leur objectif ouvertement révolutionnaire est de rebâtir la société en déconstruisant le concept de genre (mais pas celui du sexe) et en renversant le patriarcat et le capitalisme. Ces trois branches principales du féminisme (et leurs ramifications trop nombreuses pour être exposées ici) ont connu des développements différents selon leur localisation géographique. De cela, retenons que l’approche féministe libérale est celle qui a eu le plus d’influence dans la société, alors que les féminismes radical et matérialiste (en réalité socialiste) ont été les plus présents au niveau académique, en particulier à partir des années 1970.

Tout cela a commencé à changer à la fin des années 1980 lorsqu’une nouvelle fournée de Théoriciens élabora avec succès une approche « plus sophistiquée » de la Théorie postmoderne destinée à la nouvelle génération de militants. Cette approche de postmodernisme appliqué considérait l’oppression identitaire comme « une réalité », ce qui la rendait particulièrement pertinente pour l’activisme féministe.  Elle combine des  aspects de la Théorie queer, de la Théorie postcoloniale et, en particulier, de la Théorie critique de la race avec le concept d’intersectionnalité. Ces nouveaux développements ont profondément modifié aussi bien la perception du féminisme dans la conscience populaire que sa conception dans la recherche universitaire. L’approche de la « troisième vague » du féminisme qui en résultait avait ainsi tendance à négliger les questions de classe et surtout à traiter l’identité entendue comme race, genre et sexualité. Plutôt que de se rallier autour d’une identité partagée des femmes — « sororité » —, les féminismes intersectionnel et queer ont refusé l’idée que les femmes puissent avoir des expériences en commun, ajoutant en confusion à la signification même de femme. Alors que les féministes libérales souhaitaient pouvoir rejeter les rôles de genre et bénéficier des mêmes chances sociétales que les hommes, les féministes radicales voulaient saper le concept du genre comme construction sociale oppressive. Les  féministes intersectionnelles considéraient, elles, le genre à la fois comme une construction culturelle, tout comme quelque chose dont on pouvait avoir une expérience réelle et dont on pouvait attendre qu’il soit reconnu comme tel.

Une Théorie « de plus en plus sophistiquée »

Au début des années 2000, le féminisme avait déjà bien amorcé son tournant intersectionnel. Les féminismes précédents considéraient les femmes comme une classe à laquelle apporter des changements positifs. Mais sous l’influence croissante du post-modernisme appliqué, la question des désavantages matériels au sein des structures sociales comme le droit, l’économie et la politique, laissa la place à celle de la nature oppressive des discours. En 2006, Judith Lorber, professeur (aujourd’hui émérite) de sociologie et d’études de genre, résumait ainsi les quatre grandes tendances à l’œuvre dans ce « changement de paradigme »:

1. Faire du genre — et non du sexe biologique — un élément central;

2. Considérer le genre et la sexualité comme des constructions sociales;

3. Faire une lecture foucaldienne de ces constructions en y voyant un pouvoir diffus;

4. Se concentrer sur le point de vue, c’est-à-dire sur l’identité.

Lorber voit dans ces changements un modèle « de plus en plus sophistiqué » de pensée féministe, alors qu’ils ne sont qu’une con - séquence directe de la Théorie postmoderne appliquée. Tous ces points ne font en effet que reprendre le principe de connaissance postmoderne et le principe politique postmoderne tels que les ont finalement énoncés la Théorie queer (d’où l’accent mis sur le genre et son statut considérés comme construction sociale), la Théorie critique de la race (avec l’intersectionnalité) et la Théorie postcoloniale (avec l’extension de la portée de l’intersectionnalité pour y inclure des thèmes postcoloniaux). Selon ce nouveau paradigme féministe, la connaissance est « située », ce qui signifie qu’elle résulte d’un « point de vue » dans la société; autrement, dit, elle est l’expression d’une appartenance à une intersection de groupes identitaires. Une telle conception interdit toute vérité objective, relie la connaissance au pouvoir et fait dépendre connaissance et pouvoir des discours qui sont censés créer, maintenir et légitimer la domination et l’oppression au sein de la société.

Ces conceptions dérivées de la Théorie possèdent un certain nombre de caractéristiques  qui expliquent probablement leur adoption. Plus important encore, l’intersectionnalité redonnait du sens aux militants en leur fournissant de nouveaux problèmes à examiner et de nouvelles accusations à porter — en particulier les uns contre les autres. C’est qu’ainsi qu’une grande partie des représentantes de la pensée afro-féministe et de la Théorie critique de la race, décisives dans ce tournant intersectionnel, ont accusé le féminisme d’être « blanc » et d’ignorer les problèmes liés à la race, en raison des influences corruptrices du privilège blanc. Et à la même période, les représentantes de la pensée féministe queer ont accusé le féminisme d’exclure les problématiques lesbiennes, puis les problématiques LGB, puis LGBT, et plus tard LGBTQ car elles partaient de différents présupposés de normativité  et de privilèges qui y étaient associés.  Tout cela a conduit un certain nombre de chercheurs précautionneux à être de plus en plus « woke », littéralement « éveillés », autrement dit conscients et sensibles non seulement à la manière dont les autres sont opprimés, mais aussi à toutes les manières de mettre en Théorie le féminisme de façon à le rendre susceptible d’entraîner de la culpabilité ou de le rendre complice d’oppression. C’est cet effort qui a finalement trouvé son expression dans les études de genre qui se sont inspirées de la pensée féministe pour ensuite la façonner, mais qui constituent académiquement un domaine de recherche distinct.

Pour bien comprendre cela, intéressons-nous à l’histoire du développement des études  de genre.  L’étude universitaire du genre est apparue dans les années 1950 et 1960 principalement dans le cadre de la théorie littéraire. Ce champ académique fut d’abord appelé « études des femmes » car il traitait de problématiques propres aux femmes et prônait leur autonomisation politique. Parmi les textes de référence figuraient Le Deuxième Sexe (1949) de Simone de Beauvoir, ouvrage révolutionnaire avançant l’idée que les femmes sont construites selon une compréhension culturelle de leur infériorité par rapport aux hommes, et La Femme mystifiée  (1963) de Betty Friedan qui critiquait l’idée que le destin des femmes se réalisait pleinement dans la vie de famille et la maternité. Dans Sexual Politics (1970), Kate Millet analyse minutieusement les représentations négatives des femmes dans les textes littéraires écrits par des hommes, et dans La Femme eunuque (1970), Germaine Greer défend l’idée que les femmes étaient  sexuellement réprimées, qu’elles ne disposaient pas de leur propre corps et ignoraient à  quel point les hommes les détestaient.  Ces textes qui relèvent tous du féminisme radical soutiennent que la féminité est culturellement cons truite et imposée par les hommes (dans une dynamique de pouvoir descendante) et prônent le renversement révolutionnaire du patriarcat.

Durant les années 1970 et une grande partie des années 1980, les universitaires féministes se sont penchées de près sur le rôle des femmes dans la famille et le marché du travail, ainsi que sur les attentes de la société où les femmes se devaient d’être féminines, soumises et belles, pour ne pas dire sexuellement disponibles  et désirables. On trouvait alors beaucoup d’analyses marxistes où les femmes étaient traitées comme une classe subordonnée et vouée au maintien des hommes (eux-mêmes voués à maintenir le capitalisme).  C’est l’époque où les féministes se réunissaient pour « se sensibiliser » à ces idées. Lors de ces séances, ces femmes tentaient de pleinement comprendre leur propre oppression, une oppression culturellement  construite selon le concept marxiste de « fausse conscience », c’est-à-dire selon des modes de pensée qui empêchent l’individu d’être conscient des réalités de sa condition — un concept qui s’apparente à celui de « misogynie intériorisée » qui, lui, renvoie à l’acception par certaines femmes de leur infériorité sociale qu’elles considèrent comme normale et naturelle. Mais à la fin des années 1980 et début des années 1990, l’influence postmoderne appliquée de la Théorie queer, de la théorie postcoloniale et de l’intersectionnalité commença à se faire sentir.

En 2006, Judith Lorber publia l’essai « Changement de Paradigmes et remise en cause des catégories » où elle livre une étude historique du féminisme marxiste et de sa conception des femmes comme classe. Elle explique ainsi que sur la question des inégalités au sein du lieu de travail dans les années 1970 et début des années 1980, « les féministes marxistes ont étendu leur analyse pour montrer que l’exploitation des femmes au foyer faisait partie intégrante de l’économie capitaliste. » Cette vision féministe matérialiste présente une succession de métarécits sur les hommes, les femmes et la société structurés par l’opposition binaire homme oppressif / femme opprimée. Un tel binarisme était littéralement impensable  pour les Théoriciens postmodernes dont le prisme derridien suppose toujours à l’œuvre une dynamique similaire de domination et de subordination au sein d’un tel « jeu de langage ». Les nouveaux Théoriciens, qui exerçaient une grande influence sur la pensée féministe à la fin des années 1980, se tournèrent alors vers la Théorie queer pour remettre en question les fondements linguistiques des catégories de « femmes » et d’« hommes ».

Jane Pilcher et Imelda  Whelehan ont résumé ce bouleversement conceptuel dans  leur ouvrage consacré aux études de genre. Ces changements sont importants, expliquent-elles, car dans l’approche postmoderne, « le statut individuel et la position de celles que nous regroupons et appelons “femmes” et de ceux que nous appelons “hommes” varient tellement au fil du temps et selon l’espace et la culture qu’il n’y a guère de justification à utiliser ces noms collectifs. » Au début des années 2000, la vision dominante du  féminisme considérait comme une incohérence fautive de parler de « femmes » et d’« hommes » puisque la construction du genre variait selon les époques et lieux des discours dominants. Les deux autrices expliquent que, pour la Théorie, « les “femmes” et les “hommes” sont considérés comme des constructions ou des représentations réalisées par le discours, la performance et la répétition, plutôt que de “réelles” entités. » Cette nouvelle conception fait du sexe un objet d’étude intrinsèquement instable — et qui risque de négliger les expériences d’individus opérant dans des cadres culturels différents.  D’où la nécessité de passer du féminisme  à une étude plus large et plus souple du genre et de l’identité de genre. Il s’agit en effet de comprendre que l’étude des « femmes » ou des « hommes » du point de vue de la Théorie n’a aucune pertinence. Dans le postmodernisme appliqué, c’est le « genre » qui importe — le genre qui est défini par les comportements et les attentes que les gens considérés comme des hommes et des femmes apprennent, et dont on ne peut pas entièrement se débarrasser, mais qu’il est en revanche possible de perturber, troubler, complexifier.

La Théorie a radicalement changé le féminisme, et de deux manières. D’abord en modifiant sa conception du genre. Il s’agit toujours d’une construction sociale mais qui ne s’établit plus sur une opposition binaire simpliste d’oppression: le genre est à présent conçu comme un phénomène fluide et instable au potentiel libérateur. Et la Théorie est également responsable de l’introduction de l’intersectionnalité au sein du féminisme. Cette inflexion marque, selon Pilcher et Whelehan, le passage conceptuel du féminisme aux  études de  genre: «  À mesure que les conceptions du genre formaient un domaine varié, complexe, et pluridisciplinaire impliquant l’étude des relations entre comme au sein des sexes, le terme d’“études de genre” a gagné en crédibilité, en restant malgré tout remis en question. » En d’autres termes, tout au long de la phase de postmodernisme appliqué, divers groupes minoritaires se rangèrent sous la bannière de l’oppression considérée comme la seule « bonne » façon d’envisager le féminisme. Pendant ce temps, les mouvances majoritaires du féminisme cédaient leur place aux études de genre sous les auspices de la Théorie queer et faisaient de l’intersectionnalité une sorte de grande théorie unificatrice du pouvoir social et de l’injustice sociétale.

© H&O éditions, 2021

A lire aussi : La théorie postcoloniale : déconstruire l’Occident pour sauver l’autre

Extrait du livre d’Helen Pluckrose et James Lindsay, « Le Triomphe des impostures intellectuelles », publié chez H&O éditions

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