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Eric Zemmour prononce un discours dans le cadre des Universités d'été de Reconquête à Gréoux-les-Bains, dans le sud-est de la France, le 11 septembre 2022.
Eric Zemmour prononce un discours dans le cadre des Universités d'été de Reconquête à Gréoux-les-Bains, dans le sud-est de la France, le 11 septembre 2022.
©JEFF PACHOUD / AFP

Université d'été

Éric Zemmour prouve que Reconquête bouge encore mais comment atteindre l’après-demain qu’il vise ?

Eric Zemmour a tenu son discours de rentrée politique ce dimanche 11 septembre pour conclure l'université d'été de son parti Reconquête.

Christophe Boutin

Christophe Boutin est un politologue français et professeur de droit public à l’université de Caen-Normandie, il a notamment publié Les grand discours du XXe siècle (Flammarion 2009) et co-dirigé Le dictionnaire du conservatisme (Cerf 2017), le Le dictionnaire des populismes (Cerf 2019) et Le dictionnaire du progressisme (Seuil 2022). 

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Paul-François Paoli

Paul-François Paoli

Paul-François Paoli est l'auteur de nombreux essais, dont Malaise de l'Occident : vers une révolution conservatrice ? (Pierre-Guillaume de Roux, 2014), Pour en finir avec l'idéologie antiraciste (2012) et Quand la gauche agonise (2016). En 2018, il publie "Confessions d'un enfant du demi-siècle" aux éditions du Cerf et "L'imposture du vivre ensemble: Quelques points de repères" aux éditions de L'Artilleur. 

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Atlantico : Eric Zemmour a tenu son discours de rentrée politique ce dimanche 11 septembre dans les Alpes-de-Haute-Provence pour conclure l'université d'été de son parti Reconquête. Quel bilan tirer de ce discours et de ces universités d’été pour Reconquête ? Eric Zemmour a-t-il réussi l’une des plus importantes rentrées des partis du pays comme il l’a évoqué dans son discours ?

Christophe Boutin : Trois jours et une soirée : l’université d’été de Reconquête a commencé dès jeudi soir - par des veillées dans lesquelles les militants étaient invités à raconter leurs souvenirs de campagne. Le vendredi a ensuite été consacré à des questions assez générales - sur l’islamisation, le « politiquement correct » ; et le samedi divisé en deux, avec d’abord un programme destiné plus précisément aux jeunes, puis un programme pour les cadres. Enfin, la journée de dimanche a été consacrée à une série de tables rondes concernant les libertés et leur amoindrissement dans notre société moderne, la déconstruction et la réponse conservatrice, et les éléments nécessaires pour bâtir une nouvelle droite, avant la conclusion attendue, le discours prononcé par Éric Zemmour.

Succès ou pas de cette université d’été ? Il est certain que, comme la question de l’Ukraine avait télescopé la campagne présidentielle d’Éric Zemmour, la mort d'Elizabeth II a fait passer au second plan l’université d’été de Reconquête, comme la réunion de rentrée du Rassemblement national ou la fête de L’Humanité. Mais les deux autres avaient un avantage politique important par rapport à Reconquête pour conserver un minimum d’audience : celui de disposer d’élus à l’Assemblée nationale. Il s’agissait de s’interroger sur la place des communistes dans la Nupes, sur les futurs combats du RN, quand avec Reconquête il s’agissait de relancer un parti, et les choses sont fort différentes.

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Pour autant, n’oublions pas d’où partait Éric Zemmour, c’est-à-dire du néant politique. Il lui a donc fallu créer un mouvement, ce qu’il a fait pendant toute la campagne présidentielle, puis structurer ceux qui l’avaient rejoint, bâtir donc une vraie formation politique, autant de choses fort difficiles. Il lui a fallu aussi digérer l’échec de la présidentielle - même s’il y a fait un score que beaucoup d’autres candidats auraient aimé faire - et surtout l’échec aux élections législatives de sa candidature et de celles des membres de son nouveau parti, pour tenter de remobiliser ses troupes après une période estivale qui ne facilite pas les choses.

En ce sens, avoir réussi à tenir une université d’été, avec un nombre respectable d’invités, exister encore politiquement, c’est déjà une réussite que l’on ne peut nier. Reste la question posée par Éric Zemmour lui-même dans son discours, quand il a considéré qu’il ne s’agissait pas de se poser la question d’hier, ni même du présent, mais celle de demain ou d’après-demain – et donc celle de savoir comment tenir jusqu’à cet après-demain. Car demain sera essentiellement le temps des oppositions parlementaires, alors que s’annonce une longue période sans nouvelles élections, la seule fenêtre de tir existante relativement proche étant celle des élections européennes de 2024.

Paul-François Paoli : Il faut d'abord constater un phénomène : Eric Zemmour semble inaccessible au découragement. Il a cette qualité, très rare, propre aux "bêtes politiques". Il apparaît increvable aussi bien sur un plan moral que sur un plan nerveux. C'est une force considérable. C'est aussi une limite, car aussi intelligent soit-il, il a parfois du mal à admettre qu'il a pu se tromper sur tel ou tel point. Il est bien évident que s'il n'avait été aussi  "poutinôlatre" avant que ne se déclare la guerre en Ukraine il n'aurait pas dégringolé comme il l'a fait en passant de 17 pour cent des estimations de vote à son résultat des présidentielles. Un résultat d'ailleurs honorable pour un homme politique non professionnel surtout quand on songe aux scores dérisoires d'Anne Hidalgo ou de Valérie Pécresse.  Je ne crois donc pas qu'il faille enterrer politiquement Eric Zemmour mais qu'au contraire son parti va exister à l'avenir. Tout simplement parce qu'il occupe la fonction de la radicalité à droite qu'occupait jadis le Front national avant que Marine Le Pen ne recentre son parti.

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Eric Zemmour lors de son discours a lancé plusieurs nouveaux concepts afin de permettre à Reconquête de poursuivre sa progression et d’être un laboratoire d’idées pour l’avenir. Après la lutte contre le « grand remplacement », contre le « grand déclassement », Eric Zemmour souhaite lutter contre le « grand endoctrinement » et contre les « idéologies ». Il souhaite également politiser les faits divers et les agressions en « francocide » comme les féministes ont su politiser les féminicides, selon lui. Cette démarche et ces concepts peuvent-ils s’imposer dans le débat public et s’avérer payant pour Reconquête ?

Christophe Boutin : Il n’est pas certain qu’il suffise de lancer de nouveaux concepts pour être un laboratoire d’idées. Pour prendre ce seul exemple, s’il apparaît effectivement opportun de s’interroger sur la multiplicité et la fréquence des violences que subissent nos concitoyens, avec ces agressions multiples, ces blessés graves et ces morts, on peut être réservé sur la notion de « francocide » à partir du moment où une partie au moins des agresseurs, comme Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur, se plaît à le rappeler, sont titulaires d’une carte d’identité française. Quant à la comparaison avec les féminicides, même si l’on peut trouver parfois excessif une certaine systématisation du terme dès qu’une femme perd la vie, il n’est pas certain qu’Éric Zemmour, dont certains avaient déjà trouvé lors de la campagne que sa critique du féminisme pouvait être tempérée, ait eu raison de la faire – et ce d’autant moins, sur le seul plan du jeu politique, que cet élément clivant va tourner en boucle dans les médias.

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Quant à la lutte entreprise contre ce qu’Éric Zemmour appelle les idéologies, la définition qu’il en donne dans son discours aboutit à un concept un peu « attrape tout ». En effet, à côté d’idéologies clairement identifiées - on pense naturellement à celles qui ont donné naissance aux totalitarismes du XXe siècle, communisme et fascisme - il y place de simples radicalisations qui ne sont pas des constructions comparables : entre le communisme et « l’écologisme » par exemple, il semble pour l’heure assez difficile de faire un parallèle crédible.

Paul-François Paoli : Je pense qu'il a raison ici car le pouvoir est au bout des mots. La grande faiblesse de Marine Le Pen est d'avoir déserté le terrain sémantique. Elle rassure de plus en plus mais elle n'assure pas vraiment sur ces questions-là. Or les grands débats vont être de nature anthropologique. Ils vont concerner la GPA ou la différence des sexes et les relations hommes femmes. Mais aussi l'écologie et le wokisme, cette idéologie para-totalitaire. Or sur ces questions Marine Le Pen est relativement absente. Un pays ce n'est pas qu'un taux de chômage, d'insécurité ou d'immigration, c'est une civilisation en devenir. Sommes-nous encore une civilisation ? Zemmour est le seul, à la droite de la droite, à avoir le cran de poser ces questions. Ici, Zemmour a un véritable boulevard. Mais il n'est pas le seul: chez les Républicains, quelqu'un d'aussi talentueux que François-Xavier Bellamy pose d'excellentes questions. Il a même débattu avec François Ruffin, de la France insoumise, dans la revue "Limite". Ce qui prouve qu'entre gens intelligents et de bonne foi on peut toujours débattre. En réalité, les questions qui nous attendent et qui concernent l'identité, l'écologie ou l'éducation débordent largement les étiquettes partisanes. Il y a à droite ou dans le camp conservateur toutes sortes de gens qui devraient pouvoir se parler hors des ornières partisanes. Face au wokisme et au féminisme radical, très minoritaires dans l'opinion mais très puissants dans les médias et les institutions, le camp conservateur devrait  opposer un front uni. Il ne devrait pas y avoir de différence sur ces sujets entre Laurent Wauquiez et Marion Maréchal, Bruno Retailleau ou François-Xavier Bellamy.

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Le candidat de Reconquête souhaitait tourner la page du scrutin présidentiel de 2022 comme il l’a dit dans ce discours : « Je ne suis pas là pour parler d'hier, de la campagne passée, mais de demain et même d'après-demain ». Eric Zemmour semble-t-il avoir appris de ses erreurs de la campagne au regard de ce discours de rentrée ?

Christophe Boutin : Qu’a-t-on pu reprocher à Éric Zemmour lors de sa campagne -sur sa méthode et non sur ses idées ? Peut-être de n’avoir pas poussé assez loin la mue de l’essayiste en politique, et d’avoir confondu un débat de plateau de télévision entre deux chroniqueurs et un discours politique. Sa surprise - qu’il a encore évoquée lors de cette université d’été - sur la place et le rôle de certains médias reste étonnante. En ce sens, travailler de manière très solitaire, avec une minuscule garde rapprochée dans laquelle, visiblement, personne n’arrivait à indiquer au candidat qu’il était alors que certaines formules ou thématiques devaient être écartées a sans doute été parfois contreproductif. Or, quand on regarde le contenu du nouveau discours, il est permis de se demander s’il y a en la matière un véritable changement.

Un candidat, un homme politique, doit nécessairement, tout le monde en convient, avoir une grande confiance en soi, et disposer autour de lui de soutiens sûrs. Pour autant, le risque est alors - et bien des politiques autres qu’Éric Zemmour y ont été confrontés -, celui de l’autisme, d’un phénomène de cour et d’un fonctionnement en miroir - le miroir répondant de toute manière toujours que l’on est le plus beau. Il fallait parfois aux souverains un bouffon du roi qui osait les contredire…

Paul-François Paoli : Eric Zemmour est un homme qui réfléchit. Il a donc les moyens de prendre de la distance sur tel ou tel de ses propos ou prises de positions. Par exemple il a commis une erreur psychologique majeure en semblant ne pas éprouver d'empathie particulière pour les réfugiés ukrainiens qui souhaitaient émigrer en France. La politique c'est aussi de la psychologie et de l'affectivité. Il ne suffit pas d'avoir raison sur l'essentiel pour l'emporter, il faut aussi savoir rassurer. Sur ce plan-là, je pense qu'Eric Zemmour a des progrès à faire.

Eric Zemmour s’est montré très critique à l’égard du président de la République Emmanuel Macron (« la girouette de l’idéologie » et en le qualifiant d’ « insouciant » et en l’assimilant au « vide » et au « néant »). Eric Zemmour a également critiqué les choix des dirigeants (notamment sur la politique énergétique). Eric Zemmour a-t-il marqué des points dans ces parties du discours et en s’attaquant à Emmanuel Macron ? Son constat sur la crise énergétique et les erreurs des dirigeants vont-elles permettre de conquérir une partie des électeurs qui ont fait défaut à Eric Zemmour lors de la campagne de 2022  et qui avaient voté pour Marine Le Pen ?

Christophe Boutin : Sur la partie énergétique, effectivement, Éric Zemmour a rappelé que les constats qu’il avait fait sur l’évolution du nucléaire, sur la manière dont les énergies renouvelables étaient devenues bien souvent une pompe à subventions dont les nuisances n’étaient jamais prises en compte, étaient en partie au moins exacts. Il a regretté avec justesse l’absence de vue à long terme de nos dirigeants, ce qui, d’ailleurs, dépasse largement la seule personnalité du Président actuel. En effet, même si, au début de son premier quinquennat, Emmanuel Macron avait pensé limiter notre parc nucléaire - pour complaire à certains écologistes et/ou favoriser les intérêts financiers liés aux énergies renouvelables -, l’absence de continuité de la politique nucléaire des années 50/60 date de bien avant son mandat.

Mais il n’est pas le seul sur le créneau - on rappellera que Marine Le Pen était très largement intervenue sur la question des éoliennes par exemple durant toute sa campagne présidentielle, et qu’elle vient de rappeler l’importance de la question énergétique. Une question qui préoccupe particulièrement les Français en cette rentrée, parce qu’elle touche très directement une des thématiques qui était au cœur de la campagne de Marine Le Pen, celle du pouvoir d’achat. On a l’impression ici qu’Éric Zemmour pense plus l’énergie en termes de souveraineté, et Marine Le Pen plus en termes de pouvoir d’achat, les deux d’ailleurs étant tout à fait compatibles – il ne s’agit jamais que des deux facettes d’une même pièce -, mais avec des implications sans doute différentes sur l’électorat. Enfin, bien évidemment, cette politique énergétique menée par le gouvernement, son développement et ses éventuelles errances, c’est avant tout à la Chambre qu’il va falloir en discuter dans les temps qui viennent, et on retrouve là le handicap de Reconquête, cette absence de parlementaires qui obère la visibilité de ses analyses, quand bien même seraient-elles justes.

Paul-François Paoli : Zemmour a raison concernant l'identité invertébrée du président de la République dont on ne sait jamais  au juste ce qu'il pense sur l'essentiel. On peut d'ailleurs être très intelligent, c'est le cas de Macron, et n'avoir aucune pensée en propre, ni même aucune identité comme le Zelig de Woody Allen. Qui sait après plus de cinq ans de présidence qui est, au juste, le président Macron? Mais n'avons-nous pas les chefs que nous méritons ? La France a-t-elle encore une identité civilisationnelle à part entière ? Nous ne sommes plus à proprement parler un pays catholique ni une République jacobine comme nous l'avons été si longtemps. Macron n'est-t-il pas, en fin de compte, l'expression de cette indétermination française ?

Que faut-il penser des propositions d’Eric Zemmour et de son mode d’emploi de la France de demain ? Ses rencontres de Reconquête à travers le pays dans les mois à venir vont-elles permettre d’enraciner ses idées et de faire croître le nombre de militants ? En l’absence d’échéances électorales à court terme, comment Eric Zemmour et Reconquête vont-ils faire pour exister politiquement ? Cette lutte contre les idéologies et l’inscription de l’engagement politique sur un temps long ont-elles des chances de percer ?

Christophe Boutin : Comment exister politiquement, ce qui veut dire aussi exister médiatiquement, lorsque l’on n’a pas de parti politique ? Éric Zemmour a décidé de jouer sur plusieurs tableaux à la fois. Le premier, et celui de ses rencontres directes avec les militants bien sûr, mais aussi avec les Français, pour des réunions-débats thématiques. Il est toujours bien de rencontrer directement les gens, et Éric Zemmour est un excellent débatteur, un orateur convaincant, et a un contact stimulant avec ses spectateurs, mais cela ne concerne qu’une part limitée de la population. Bien sûr, on peut se douter que certaines de ces réunions seront ensuite retransmises et disponibles sur divers médias, mais on parlera ainsi plus à des convaincus qu’on ne touchera des publics nouveaux, ceux qui écoutent tel ou tel politique dans un journal télévisé, et ressurgit le risque d’une sorte d’entre soi. Quant au développement de l’information sur les réseaux, cela ne concerne qu’une minorité des Français - et aussi, par ailleurs, une minorité des votants : une catégorie âgée fréquente peu Twitter.

Éric Zemmour paye globalement le fait de ne plus disposer de la visibilité que lui donnait une émission télévisée, sans pour autant avoir obtenu celle que lui aurait conférée son élection à l’Assemblée nationale. Et s’il peut très bien monter sa propre chaîne sur le net, on peut craindre qu’il lui manque parfois le regard amical, amusé, mais aussi distancié d’une Christine Kelly qui savait, quand il le fallait, « recadrer » l’essayiste.  

Pour conclure, on peut dire que si Éric Zemmour a eu le mérite d’avoir créé de toutes pièces Reconquête tout au long des campagnes présidentielle puis législatives de 2022, et s’il arrive, malgré les déconvenues, à maintenir la barque à flots, s’il a aussi ainsi permis à des problématiques longtemps ignorées ou cachées de faire irruption dans le débat politique, il doit sans doute continuer à évoluer pour convaincre plus largement.

Paul-François Paoli : Zemmour veut redonner une dignité historique à ce pays en lui rappelant d'où il vient. Voilà le sens de son projet national-libéral qui n'est pas si éloigné de celui de Viktor Orban en Hongrie. Il ne peut y parvenir qu'en rassurant et en démontrant que l'on peut être radical tout en étant raisonnable. Et il ne peut le faire qu'en s'inscrivant dans une vaste alliance conservatrice dont il serait l'ailier droit et qui ne peut pas exister sans les Républicains et le Rassemblement national.  

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