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"En avant", pour dire "we still can", le slogan d’Obama est meilleur que ceux de nos candidats.
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EDITORIAL

"En avant", pour dire "we still can", le slogan d’Obama est meilleur que ceux de nos candidats.

"En avant" est le nouveau slogan de campagne de Barack Obama, il est juste et très contemporain. Davantage qu’un slogan, c’est un appel à la mobilisation, à l’énergie, à la conquête, à la lutte contre le défaitisme et le fatalisme.

Alain Renaudin

Alain Renaudin

Alain Renaudin dirige le cabinet "NewCorp Conseil" qu'il a créé, sur la base d'une double expérience en tant que dirigeant d’institut de sondage, l’Ifop, et d’agence de communication au sein de DDB Groupe.

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Lorsque les temps sont durs, la tentation est grande de s’arrêter, de se figer dans l’immobilisme, à la fois désabusé du futur, et nostalgique du passé. Mais le passé peut aussi être une force, un socle, une inspiration pour construire et bâtir à nouveau, sur de solides fondations.

La tentation est grande de chercher désespérément à préserver les acquis, les rêvant immuables, dans un monde immobile qui ne peut pourtant l’être, ni économiquement, ni politiquement, ni physiologiquement. La vie est un mouvement, une succession de strates, géologiques, généalogiques aussi.

"En avant" est le nouveau slogan de campagne de Barack Obama, il est juste et très contemporain. Davantage qu’un slogan, c’est un appel à la mobilisation, à l’énergie, à la conquête, à la lutte contre le défaitisme et le fatalisme, à la responsabilité à la fois collective et individuelle, à la bonne volonté finalement. Nous ne trouverons pas de solutions innovantes du point de vue social, économique ou écologiques, en regardant en arrière, en nous repliant sur nous-mêmes.

C’est aussi pour cela qu’il y a quelques semaines, j’écrivais que je préférais à l’idée du "made in France" celle du "made by France", qui l’englobait, et qui surtout s’inscrivait davantage dans un esprit de conquête plutôt que de défense, de force et d’affirmation plutôt que de repli. C’est d’ailleurs amusant rétrospectivement de constater que cet article avait été repéré par l’Université de Yale et traduit dans leurs publications, peut-être en raison de cet état d’esprit, peut-être plus anglo-saxon.

"En avant", pour une bannière plutôt qu’une barricade, un étendard porté sur les premières lignes. Lorsqu’Obama clame "en avant", il porte la bannière étoilée, il dit à la fois "suivez-moi" et "levez-vous".

Mais cet "en avant" ne doit pas être uniquement une charge héroïque, désespérée, jetant ses dernières forces dans un brouillard épais, il doit fixer un cap, un horizon, une perspective. Et cette ambition ne nécessite pas forcément de connaître à l’avance dans le détail tous les moyens qui permettront de la réaliser.

Lorsque Kennedy lance le programme Apollo, défiant l’Amérique à marcher sur la lune, il ne sait pas comment. Nous auto-censurons trop souvent aujourd’hui nos ambitions à force de vouloir les maîtriser à l’avance, ce qui a tendance à nous décourager avant même de commencer à affronter nos grands défis contemporains, et donc intimidants. Mark Twain nous a pourtant prévenu, nos ambitions ne doivent pas toujours être rationnelles : "ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait".

Aujourd’hui nous sommes condamnés à être ambitieux, à aller de l’avant. Du XVème au XXème siècle nous avons conquis l’espace. De Christophe Colomb vers l’Amérique, à Vasco de Gama vers les Indes ; d’Auguste Piccard et Jacques-Yves Cousteau vers les profondeurs, à Hillary et Tenzing sur le toit du monde puis Gagarine et Amstrong vers l’espace ; de Richard Byrd, Jean-Baptiste Charcot et Jean-Louis Etienne vers les zones glacières à Haroun Tazieff vers les abysses volcaniques ; de Max Planck vers l’infiniment petit de la physique quantique à Hubert Reeves vers l’infiniment grand, nous avons exploré, et repoussé les limites de nos frontières. Même si celles-ci restent infinies, nous sommes désormais tel Jim Carrey dans "The Truman show" : nous nous heurtons aux limites de notre globe, qui est aussi notre bulle.

Après avoir conquis les alentours, nous devons maintenant gérer la maison commune, pour y vivre durablement et harmonieusement les uns avec les autres. Il nous faut conquérir le temps, non pas pour l’allonger mais pour durer, non pas à l’échelle d’une vie (c’est déjà fait, par l’abaissement du taux de mortalité infantile et l’allongement de la durée de vie par exemple), mais à l’échelle de l’humanité, en trouvant de nouvelles ressources technologiques et écologiques, de nouvelles habitudes au vivre ensemble social, c’est à dire au vivre avec l’autre, et même grâce à l’autre, et non pas contre l’autre comme peuvent y appeler tant les mouvements tant d’extrême droite que d’extrême gauche.

Avancer est pourtant bien une lutte, un combat, une épreuve parfois, qui nécessite enthousiasme, foi et persévérance, qui nécessite surtout de se projeter dans un projet, dans un avenir, pour aller de l’avant.

Parce qu’il faut rendre l’avenir désirable pour avancer, en avant !

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