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Le féminisme n'est pas qu'un combat contre les hommes.
Le féminisme n'est pas qu'un combat contre les hommes.
©Reuters

Papa poule

Droit de garde des enfants : les féministes doivent apprendre à dénoncer les inégalités homme-femme même lorsqu’elles jouent en leur faveur

Alors que l'association SOS Papa a été reçue cette semaine par la ministre de la Justice pour faire entendre le droit des pères divorcés, il est nécessaire de rappeler que le féminisme n'est pas un combat contre les hommes.

Lydia Guirous

Lydia Guirous

Lydia Guirous est essayite, auteure de « Assimilation en finir avec ce tabou français » aux éditions de l’Observatoire et de « Ca n’a rien à voir avec l’Islam ? Face à l’islamisme réveillons-nous » aux éditions Plon, réédition en version augmentée et inédite.

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Le mouvement féministe a contribué à l’épanouissement personnel et professionnel des femmes. D’Olympes de Gouges à Gisèle Halimi, les femmes se sont battues pour que soient reconnus leurs compétences, leurs droits et leur liberté. Si la parité, l’égalité salariale, la lutte contre les violences restent encore des objectifs fondamentaux pour les femmes, force est de constater que de nombreux progrès ont été réalisés en France et en Europe ces dernières année

L’action de Serge Charnay, ce père retranché dans une grue à 40 mètres de haut pour pouvoir revoir son fils, donne une acuité particulière à la question de la parentalité en cas de séparation. Peu d’observateurs se sont d’ailleurs interrogés sur la dynamique entre féminisme et parentalité en cas de séparation. Le féminisme nous a permis d’acquérir la liberté de choisir son partenaire, son mode de vie, de se séparer et ce, sans subir les foudres du conservatisme. Ces libertés constituent des avancées importantes. Toutefois,  un féminisme moderne ne peut pas admettre que ces libertés se traduisent par la négation du rôle des pères en cas de séparation.

Le féminisme n’est pas un combat contre les hommes. Il est une recherche d’équilibre et de justice sociale. Cette recherche prend une acuité particulière lorsque l’on touche à la question de l’exercice de la parentalité en cas de séparation.

Les réactions de l’association féministe de gauche "Osez le féminisme", qui ont suivi l’entretien de l’association "SOS Papa" avec la ministre de la Justice Christine Taubira et la Secrétaire d’Etat à la famille Dominique Bertinoti, sont indignes et sont la meilleure représentation de ce que l’on appelle la pensée unique….  Quelle consternation face à cette condamnation sans appel et ce refus de traiter les messages que portent ces pères privés de leurs enfants. Evidemment, l’association dite "masculiniste" de "SOS Papa" écrit parfois en utilisant des expressions outrancières et insultantes... mais n’est-ce pas le cas également au sein des associations féminismes ?


Au-delà de ces excès de langage, souvent l’attribut de ceux qui se sentent blessés, il est indispensable de se concentrer sur le fond du problème à savoir la séparation, parfois très brutale, entre des pères et leurs enfants.  

Doit-on rester muet face à ces chiffres alarmants de l’Institut national des études démographiques (INED) ?

  • 25% des enfants qui vivent avec leur mère et dont le père est vivant ne le voient plus jamais
  • Seulement 20 % le voient tous les 15 jours
  • Environ 12.000 plaintes ou mises en cause à la suite d'un refus de confier l'enfant au parent qui est en droit de le demander (pendant les week-ends ou les vacances) seraient enregistrées régulièrement chaque année, à la demande des hommes. Le taux de condamnation pénale est de 7 à 8 %, avec moins de 1 % de prison ferme. 
  • Environ 15.000 plaintes ou mises en cause à la suite d'un non-paiement de pension alimentaire (délit d'abandon de famille) seraient enregistrées régulièrement chaque année à la demande de femmes. Le taux de condamnation pénale est de 98 à 99 %, avec 24 % de prison ferme.


Face à ces disparités, se trouvent des réalités contrastées. Certes, dans certains cas d’urgence (violence, mise en danger d’autrui), il est logique que l’institution judiciaire se prononce en faveur de la mère. Toutefois, ces situations sont minoritaires et ne peuvent expliquer que 25% des enfants qui vivent avec leur mère et dont le père est vivant ne le voient plus jamais…

Par ailleurs, le féminisme moderne ne peut que condamner les pratiques inégalitaires et contraires à son objectif de parité. Une remise à plat globale des différents éléments psychologiques, financiers et fiscaux doit être menée de manière urgente aujourd’hui en France, lorsque des couples avec des enfants se séparent.

Être une femme libre aujourd’hui, c’est être responsable et savoir dénoncer les inégalités hommes-femmes, même lorsqu’elles jouent en faveur des femmes. Il en va de l’équilibre de notre société et de l’intérêt de nos enfants.

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