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Eric Ciotti et Valérie Pécresse se sont qualifiés pour le second tour du Congrès des Républicains. Le nom du grand gagnant sera annoncé ce samedi.
Eric Ciotti et Valérie Pécresse se sont qualifiés pour le second tour du Congrès des Républicains. Le nom du grand gagnant sera annoncé ce samedi.
©JOËL SAGET / AFP

Objectif 2022

Congrès LR : Dis Siri, quel est le chemin le plus court pour arriver à l’Elysée ? 

Si les résultats du premier tour ne tuent pas totalement le suspens, les rapports de force à droite sont désormais clairement dessinés. Quels pièges à éviter, quelles cartes à jouer ?

Guillaume Bernard

Guillaume Bernard

Guillaume Bernard, docteur et habilité à diriger des recherches en histoire des institutions et des idées politiques, est maître de conférences à l'ICES (Institut Catholique d'Études Supérieures).

Il enseigne ou a enseigné dans divers autres établissements comme Sciences-Po Paris. Il a rédigé ou codirigé un certain nombre d'ouvrages scientifiques parmi lesquels Dictionnaire de la politique et de l'administration (PUF, 2011) et Introduction à l'histoire du droit et des institutions (Studyrama, 2éd., 2011), ou destinés au grand public, dont L'instruction civique pour les nuls (First, 2e éd., 2015). Il est également l'auteur de La guerre à droite aura bien lieu, (Desclée de Brouwer, 2016).

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Jean Petaux

Jean Petaux

Jean Petaux est docteur habilité à diriger des recherches en science politique, spécialiste de la vie politique française. Il s’est aussi spécialisé dans l’analyse localisée de la politique. Il dirige une collection aux éditions « Le Bord de l’Eau » intitulée : « Territoires du politique ». Prochain livre à paraître : « Entretiens avec Jacques Valade » (octobre 2021). Officier des Palmes académiques, il est, par ailleurs, membre associé de l’Académie nationale des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Bordeaux.  

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Atlantico : Dans un mouchoir de poche, Eric Ciotti et Valérie Pécresse arrivent en tête du premier tour du congrès LR. Quest ce que ces résultats nous indiquent sur l'état du parti ?

 Guillaume Bernard : La première position pour Éric Ciotti est significative. C’est un homme politique qui avait une notoriété moyenne. Mais le fait de passer devant un ancien commissaire européen, trois anciens ministres dont deux sont président de région réélus, signifie bien qu’il y a toujours chez LR un électorat « droitiste » qui n’a pas encore basculé ni chez Zemmour, ni chez Marine Le Pen. Il y a encore chez LR un électorat de droite qui assure la continuité avec les anciennes motions de droite de 2012, la désignation de Fillon en 2016 et l’élection de Wauquiez à la présidence de LR. Cette première place est donc symboliquement forte, même si les résultats sont serrés.

Ces résultats s’expliquent par la qualité des débats et le peu de différences profondes entre ceux qui sont arrivés en deuxième, troisième et quatrième position. Il y a des différences de fond entre Pécresse et Bertrand qui sont infinitésimales. Les attachements locaux, les personnalités des candidats, les réseaux internes au parti ont plus joué que les différenciations idéologiques.

Les électeurs ne se sont pas laissés dicter leur choix par les sondages qui disent que celui qui est le plus haut pour le parti est le meilleur, soit Xavier Bertrand. Ils ont choisi de mettre en première position celui qui est dans la continuité d’un Nicolas Sarkozy ou d’un Laurent Wauquiez et qui s’assume de droite. Il y a donc eu un choix de désignation au niveau du programme. Éric Ciotti ne cherchait pas ce qu’il avait à dire dans les débats, il était parfaitement naturel dans ses propositions. Cela a sans doute plu et joué. 

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Jean Petaux : Plusieurs éléments peuvent être pris en compte pour apprécier l’état du parti « Les Républicains ». Avant même le résultat, il importe de souligner le haut niveau de participation à cette consultation. Le parti LR donne le chiffre de 80,89% de suffrages exprimés soit 112.738 voix sur un potentiel de 139.742 inscrits. Selon certaines informations, au moins 60.000 de ces électeurs auraient payé leur cotisation pour participer au vote dans les six derniers mois. Cela montre un réel engouement pour l’exercice et révèle que dans certaines fédérations départementales, les adhésions ont été très fortes, conséquence du fait qu’elles ont dû  être vivement sollicitées. Il s’agit-là d’un classique. Le parti LR a donc connu un surcroit de mobilisations à l’occasion de cet exercice de démocratie interne. Pour comparer, en 2006 lors de la primaire interne vécue par le Parti Socialiste, 179.412 adhérents du PS (y compris ceux qui n’avaient payé qu’une cotisation « réduite » de 20 € pour être autorisés à voter à la primaire) s’étaient exprimés. Mais le potentiel des inscrits était bien supérieur à ces  quelques 180.000 suffrages exprimés, ramenant le chiffre de participation à moins de 70% des adhérents du PS. Premier constat donc sur l’état de LR : une mobilisation forte pour un congrès de désignation clôturant une campagne interne digne et respectueuse, ouverte au grand public, et synonyme d’une vie politique interne à LR intéressante. Globalement, compte tenu des nuages qui s’accumulaient au-dessus de toute cette séquence depuis plusieurs mois, il est juste de considérer que Christian Jacob, actuel président du parti, peut estimer avoir fait correctement le job, même si le match n’est pas encore achevé… 

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Ces résultats sont-ils une image fidèle des sensibilités présentes dans le parti et des rapports de force ?

Guillaume Bernard : Il y a toute une partie de l’appareil des élus LR qui ont voté Eric Ciotti sans oser forcément le dire. Il y a une partie de l’appareil qui souhaite le maintien d’un positionnement de droite assumée et pas trop Macron-compatible. Objectivement, l’électorat de droite dure a déjà basculé chez Marine Le Pen et Éric Zemmour, mais il en reste à LR et ceux qui restent à LR ont voté Ciotti.

Ces résultats sont une image des sensibilités et cela veut dire que LR est écartelé. Le parti est pris en étau entre les droites de la droite et Emmanuel Macron de l’autre. Pour continuer à exister, ils ont besoin de se démarquer d'Emmanuel Macron. Ils sont alors écartelés entre un ralliement à Emmanuel Macron comme l’a fait Edouard Philippe et une position qui se réduit en peau de chagrin car les positions de droite sont représentées ailleurs.

Jean Petaux : Il n’est pas certain que l’on puisse transposer mécaniquement les voix obtenues par la candidate et les quatre candidats à une « grille » des sensibilités à l’intérieur de LR. Les ressorts d’un tel scrutin sont multiples et complexes et ne sauraient se résumer à un seul critère : le position idéologique ou, pour reprendre votre vocabulaire, la « sensibilité ». Ainsi entrent en ligne de compte les chances estimées du candidat désigné pour l’emporter, in fine, au second tour de l’élection présidentielle ; le charisme de tel ou telle ; ses qualités propres par rapport à d’autres candidats (Le Pen, Zemmour, Dupont-Aignan…)  et encore nombre de critères tels que sa capacité estimée à réunir toutes les composantes en interne, etc.

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Si l’on s’intéresse à la répartition des voix, l’élément le plus  frappant, c’est un véritable fractionnement en « quatre quarts ». Si on met à part le professeur Juvin, sans doute victime de son manque de notoriété interne mais aussi vraisemblablement d’un « mécanisme de vote utile », il est spectaculaire de souligner que les quatre principaux candidats se « tiennent » dans  une fourchette de 3.631 voix, autrement dit en volume, 99 voix de plus que le seul score de Philippe Juvin. En pourcentage des suffrages exprimés, l’écart apparaît encore plus étroit : 3,23% entre Eric Ciotti, premier et Xavier Bertrand, quatrième, grand perdant de cette séquence. Autant comme la dynamique collective du parti LR sort renforcée par l’importance de la mobilisation, autant cette fragmentation en quatre parts quasi-égales peut être porteuse de difficultés pour le parti LR. En 2006, encore une fois à titre comparatif, Ségolène Royal, élue dès le premier tour de la primaire du PS fermée, avait littéralement « tué » le match en obtenant plus de 60% des voix (plus de 108.000 suffrages) contre ses deux challengers, Dominique Strauss-Kahn (20,69%) et Laurent Fabius (18,66%). Cela n’a pas empêché l’appareil du PS de particulièrement « trainer les pieds » pour soutenir la candidate « officielle » du parti contre Nicolas Sarkozy entre janvier et mai 2007, mais cela c’est aussi une autre histoire… qui montre d’ailleurs qu’une élection « confortable » au terme d’une primaire interne n’est pas forcément synonyme d’une mobilisation en rangs serrés de l’appareil partisan derrière celle ou celui qui l’a emporté lors de la désignation.

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Reste une inconnue dans cette compétition particulièrement intéressante et dont le résultat tranche avec certaines consultations internes à l’UMP ou aux LR (en particulier l’élection au suffrage universel des adhérents de Nicolas Sarkozy à la présidence de l’UMP en 2014). A l’époque, en 2014, lors de cette élection, au terme d’une campagne interne animée, sur les 268.000 inscrits susceptibles de voter,  64,50 % avaient voté Sarkozy ; 29,18% Bruno Lemaire (excellent score qui avait renforcé son ambition pour la présidentielle de 2017) et Hervé Mariton, représentant l’aile droite, en tous les cas la frange « catho-tradi » de l’UMP (comparable, par certains côtés, à Eric Ciotti, en étant moins « affiché » à proche d’une droite sécuritaire et souverainiste pour Mariton) : 6,32%. Comment vont s’opérer les « coagulations » avant et après le second tour ? Voilà sans doute la principale interrogation que va rencontrer le parti LR dans les semaines à venir.

Pour la suite à quel point va donc-t-il être important de jouer collectif ?

Guillaume Bernard : Comme les résultats sont très proches, il est certain qu’il est important de constituer une équipe de campagne où les différentes personnalités auront leur place. L’alliance Pécresse-Bertrand est inscrite à la fois dans les résultats et dans leur programme.

Ces résultats impliquent aussi moins de déchirures qu’en 2016. Lors de cette primaire, il y avait de tels écarts entre les candidats que le vainqueur n’a pas cherché à intégrer les équipes de ceux qu’il avait vaincus. Les résultats proches sont un gage de cohésion pour la suite de la campagne.

Nous sommes maintenant dans l’expectative concernant les résultats du second tour. L’arrivée d'Eric Ciotti en première place n’avait pas été annoncée par beaucoup. Le plus vraisemblable reste la victoire de Valérie Pécresse, mais il va falloir regarder les scores. Si Eric Ciotti fait un bon score au second tour, il va être difficile à évincer.

Forte des ralliements de Michel Barnier, Philippe Juvin et Xavier Bertrand, Valérie Pécresse pourrait-elle perdre ce second tour ?

Guillaume Bernard : Que l’électorat Bertrand se reporte sur Valérie Pécresse, cela semble vraisemblable, mais que tout l’électorat Barnier se reporte sur Valérie Pécresse je n’en suis pas si sûr. Les électeurs de Michel Barnier l’ont fait pas légalisme, ils voulaient un candidat plus modéré qu'Eric Ciotti, mais qui n’avait pas quitté LR.

Il n’est pas certain que Valérie Pécresse gagne au second tour. Les motivations des votes au premier tour ne sont pas toutes connues, mais on peut considérer qu’il y a un certain nombre de personnes qui se sont portées sur Michel Barnier par souci de désigner un candidat qui doit rester fidèle à l’appareil. Au second tour, cet électorat peut se porter sur Eric Ciotti pour la même raison, car il est toujours resté fidèle au parti. Il ne l’avait pas quitté. Et par souci de stratégie, un bon score de Ciotti éviterait la prise en main de la famille LR par des gens qui pourraient être considérés comme Macron compatible.

Eric Ciotti a dit qu’il aurait comme Premier ministre Laurent Wauquiez, c’est un appel du pied à tout l’électorat qui l’avait désigné comme président du parti. Laurent Wauquiez comme Eric Ciotti ou Bruno Retailleau sont des personnes qui assument un positionnement à droite. À partir du moment où Ciotti est adoubé par un quart des adhérents, on peut penser qu’il puisse augmenter son score au second tour très largement et ne pas finir écrasé par l’autre candidate.

L’ombre de Bruno Retailleau ou de Laurent Wauquiez plane sur cette élection. Ces personnalités n’ont pas osé y aller, ils pensaient vraisemblablement que le parti n’arriverait pas à gagner l’élection. Et la nature à horreur du vide et sont allés à cette élection ceux qui ont profité du vide créé par des personnalités comme Wauquiez ou Retailleau.

Eric Ciotti est donc l’outsider qui peut pourquoi pas faire un bon score au second tour et même l’emporter. Il y a eu 20 % d’abstention au premier tour donc il n’est pas pas envisageable qu’il y ait une plus forte mobilisation au deuxième tour. S'il y a une plus forte mobilisation, elle sera en faveur d'Eric Ciotti.

Jean Petaux : On se souvient qu’en 2011 pour la « primaire citoyenne » qui a vu la désignation de François Hollande, celui-ci, opposé à la maire de Lille, ancienne première secrétaire nationale du PS, Martine Aubry, avait recueilli les soutiens de tous ses concurrents : Royal (après une séquence où cette dernière avait fondu en larmes) ; Montebourg et  Valls, auxquels s’était adjoint le « patron » du PRG candidat pour prendre date, Baylet, réunis dans une sorte TSA (Tout Sauf Aubry) qui avait tout simplement atteint son but. Dès ces ralliements, d’autant que l’écart était assez net entre les deux finalistes (Hollande : 39% et Aubry : 30%), tous les observateurs ont estimé que François Hollande sortirait vainqueur du second tour. Dans le cas du duel Ciotti vs Pécresse, le différentiel en faveur du « vainqueur » du premier tour est très peu important : 665 voix, soit 0,59 % des suffrages exprimés. On voit mal Eric Ciotti, compte tenu des voix obtenus par les trois autres candidats (Barnier, Bertrand et Juvin), tous s’étant ralliés à Valérie Pécresse, pouvoir maintenir une telle différence, si ténue. L’addition des voix de Barnier, Bertrand et Juvin dépasse le seuil des 55.700 voix. Même si la moitié seulement de ce « réservoir » suit les consignes de votes « Pécresse » données par chacun leur « champion » et un quart rejoint Eric Ciotti, la présidente de la région Ile-de-France est à même de l’emporter largement.

Si, à la surprise générale, Eric Ciotti parvient à conserver son avance sur Valérie Pécresse au terme du second tour, alors les conséquences risquent d’être lourdes pour LR et la suite de la campagne présidentielle. Certes le candidat le plus à droite évitera une « hémorragie » d’électeurs LR vers Zemmour ou Le Pen. Ce qui risque d’advenir, de manière limitée néanmoins dans l’hypothèse de sa défaite. En revanche, s’il l’emporte et devient le candidat « officiel » LR il perdra considérablement d’électeurs favorables à Xavier Bertrand ou à Valérie Pécresse qui iront tout droit voter Macron ou ne voteront pas du tout… Sans compter qu’un tel renversement de situation signifierait un énorme désaveu  à l’égard des quatre candidats concurrents de Ciotti et donc une coupure définitive entre les « grands élus » et la « base adhérente »… laquelle vient tout juste de se reconstituer à la faveur de cette primaire.

Au regard de ces résultats, quel est désormais pour LR le chemin de la victoire à la présidentielle ? Quelle peut-être la stratégie gagnante et quels sont les pièges à éviter ?

Guillaume Bernard : Il y a un vrai enjeu pour LR : celui de la survie du parti. Un parti politique qui n’est pas plusieurs fois de suite au deuxième tour de la présidentielle, il s’affaiblit énormément. Ils ne l’ont pas été en 2017 et s’ils ne le sont pas en 2022 il y a des chances que le parti implose. Pour autant, ce n’est pas un parti moribond comme le parti socialiste car ils ont gagné des élections locales. Ils ont un tissu d’élus locaux qui leur donne la capacité d’être présents dans la campagne, médiatiquement parlant et dans les terroirs. C’est quelque chose qui manque à Eric Zemmour et à Marine Le Pen. C’est leur force sur laquelle il devrait s’appuyer pour l’élection.

Si c’est Eric Ciotti, il pourra reprendre des électeurs qui sont partis chez Eric Zemmour et si c’est Valérie Pécresse, elle pourra en prendre qui sont partis chez Emmanuel Macron. On verra maintenant ce que LR choisira, mais ce soir celui qui doit être le plus embêté c’est évidemment Eric Zemmour. Un haut score d'Eric Ciotti, mais absent du deuxième tour lui permettait de récupérer un réservoir de voix, mais Eric Ciotti au deuxième tour qui a dit qu'il jouerait le jeu de soutenir le candidat désigné veut dire qu’il va retenir à LR un certain nombre d’électeurs qu'Eric Zemmour voulait récupérer.

Jean Petaux : Il faut sans doute attendre dimanche soir pour pouvoir apporter une réponse complète à votre question. Dans l’hypothèse d’une désignation de Valérie Pécresse, même si cette dernière n’a jamais semblé, dans les simulations de votes pour le premier et le second tour présidentiels d’avril 2022 être à même d’inquiéter Emmanuel Macron (elle est potentiellement créditée d’un score moindre que celui que pouvait espérer Xavier Bertrand en cas de désignation comme candidat de LR), il est probable que sa (belle) élection par une large majorité d’adhérents de LR va lui apporter un « supplément » électoral, une sorte de « booster » en somme. Elle peut donc, en comparaison avec d’autres candidatures annoncées qui ne « décollent » pas (Montebourg, Hidalgo, Jadot, Hidalgo), apparaitre comme ayant réussi son entrée « lancée » (par la primaire qui, encore une fois, s’est bien déroulée) dans l’arène de la vraie compétition présidentielle. À condition d’éviter les pièges que François Fillon avait commencé à « percuter » avant même le « Pénélope Gate », à la fin de janvier 2017. De ce point de vue-là le principal artisan de la campagne de Pécresse qui n’est certainement pas pour rien dans la « remontada » (la vraie celle-là, pas celle d’Arnaud Montebourg) qu’elle vient d’effectuer pour battre déjà Barnier et Bertrand, ex-directeur de campagne de Fillon en 2016-2017, Patrick Stefanini, serait inspiré d’être aussi fin stratège dans la phase « officielle » de la campagne que lors de la phase qualificative de la primaire… Il s’agira sans doute de ne pas prendre de front un électorat versatile, qui, même s’il est majoritairement favorable à la droite actuellement, n’entend pas être soumis à un « libéralisme » ou à un « anti-étatisme déprotecteur » hors de saison dans la période actuelle. Valérie Pécresse dont le grand-père, Louis Bertagna, éminent Résistant, l’un des fondateurs clandestins sous l’Occupation nazie de la prestigieuse revue « Témoignage Chrétien », grand professeur de médecine et pionnier en France du traitement de la dépression nerveuse, très proche de Jacques Chirac parce qu’il soigna aussi sa fille Laurence, devrait garder en tête que la société française souffre de nombre maux, dont une tendance mélancolique profonde propice à tous les éclats et à tous les débordements…

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