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Comment refaire de l’industrie française une véritable machine à croissance
©Reuters

Remonter la pente

Comment refaire de l’industrie française une véritable machine à croissance

Au cours des 20 dernières années, le secteur industriel français a connu une véritable dégringolade, la part de l'industrie dans l'économie passant de 18,4% du PIB en 1990 à 11,5% en 2013. Devant ce constat accablant, la Fondation Concorde propose les conditions du redressement.

Fondation Concorde

Fondation Concorde

La Fondation Concorde est un think tank français fondé en 1997, présidé par Michel Rousseau (professeur associé à l'Université Paris-Dauphine). Tournée prioritairement vers les TPE/PME et l’industrie, elle a pour préoccupation permanente la compétitivité des entreprises et l'entrepreneuriat, tout en exigeant un Etat allégé et la réduction de la dépense publique.

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Passant de 18,4% du PIB en 1990 à 11,5% en 2013, notre industrie a connu une véritable dégringolade au cours de ces 20 dernières années. Une chute de nos capacités productives qui n’a pas déclenché de réaction majeure : nos élites ont cru à tort remplacer avantageusement l’industrie par les services, une illusion qui nous coûte cher aujourd’hui.

Un secteur industriel prospère est pourtant l’un des éléments clés d’une économie en bonne santé : l’industrie, dans un tissu économique, tire directement plus de 50% des autres activités. Partout dans le monde les taux de chômage les plus faibles se trouvent dans les régions les plus industrialisées, car l’industrie joue un rôle central dans la chaîne de valeur ; dans la France de la désindustrialisation, le chômage ne cesse de croitre.

Sans industries compétitives, la France est incapable de résorber le déficit de sa balance commerciale. Elle est désormais le seul grand pays de la zone euro à présenter un déficit courant à 2,2% du PIB.

Enfin, l’industrie génère beaucoup plus de gains de productivité que les autres activités économiques ; ces gains de productivité se diffusent à l’ensemble de l’économie par des baisses de prix qui donnent du pouvoir d’achat à tous. Ils constituent le principal déterminant de la croissance économique.

Une cause : le déclin de l’investissement productif

La cause de cette régression est le déclin des investissements effectués dans l’industrie. La France a accumulé au fil des ans un retard considérable dans ce domaine. Selon la BEI, la France est, avec l’Irlande, le pays d’Europe qui a investi le moins dans son outil industriel entre 1995 et 2002. La France est désormais un des pays développés les moins robotisés, alors même que la robotique avancée devrait permettre de relocaliser la production dans les pays développés. Ce déclin de l’investissement productif est facilement explicable : la rentabilité du capital en France est l’une des plus faibles d’Europe. Elle n’est jamais tombée aussi bas qu’aujourd’hui depuis 1998. En effet, avec le taux de prélèvements obligatoires le plus élevé d’Europe, la France présente aussi le taux de marge le plus faible : 28% de taux de marge contre 40% en moyenne en Europe et 41% en Allemagne. A ce niveau, les entreprises françaises ou internationales n’ont aucun intérêt à investir sur le territoire français.

Devant ce constat accablant, la Fondation Concorde propose les conditions du redressement. La reconstruction de notre système productif doit atteindre un objectif : le secteur industriel devra représenter 20% du PIB en valeur relative, ou avoir doublé en volume en 2035, seule voie pour un retour de la croissance et la réduction rapide du chômage.

Une proposition phare : diminuer de 50% les charges patronales des secteurs exposés

La Fondation Concorde propose de supprimer le CICE et de concentrer les efforts sur le secteur industriel en diminuant de 50% les charges patronales des secteurs exposés à la concurrence internationale

Réduire de 50% les charges patronales des 3.485.000 salariés des secteurs confrontés à la concurrence internationale coûterait 23,5 milliards d’euros. Si l’on prend pour hypothèse, un retour en recette fiscale de 10 % par l'IS, le coût net serait de 21 ,1 milliards d'euros.

Cette mesure créerait un vrai choc de compétitivité, stimulant la croissance et l’emploi et relevant fortement le potentiel de croissance de notre économie. Elle permettrait de réduire l’écart entre les salaires industriels français et allemands.

A cette baisse de charges s’ajoutent d’autres mesures spécifiques  pour rendre attractif ce secteur industriel, dont le dynamisme est indispensable pour redresser notre économie :

•             Supprimer l’ISF qui déstabilise les entreprises patrimoniales et pousse les entrepreneurs à l’expatriation ou à la vente de leur entreprise. L’ISF a joué un rôle extrêmement nocif dans les processus de transmission des entreprises familiales.

•             Réduire la CET de 50% pour ce même noyau dur productif. Réduire cette charge typiquement française en gardant cependant un lien avec la collectivité 

•             Retour à l’impôt forfaitaire sur les dividendes et les intérêts pour les personnes physiques investissant dans le secteur productif 

•             Réduire à 2 ans de la durée de l’amortissement

La Fondation Concorde souhaite montrer la voie des économies possibles pour poursuivre nos efforts dans le secteur industriel mais aussi pour atteindre nos objectifs de réduction de la dépense publique. Elle présente donc, au terme de ce rapport, un catalogue de mesures à même de financer les réformes qu’elle propose.

Cet article a également été publié sur le site de la Fondation Concorde

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