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Comment l’issue d’une campagne électorale peut impacter le niveau de stress et les comportements d’une population
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C’est le pompon

Comment l’issue d’une campagne électorale peut impacter le niveau de stress et les comportements d’une population

Les périodes d'élections sont des périodes incertaines. Les propositions des candidats peuvent inciter à l'espoir ou virer à l'inquiétude. Dans ce contexte, les comportements des électeurs peuvent être troublés. Le stress peut avoir un impact sur le comportement des populations.

Jean-Roger Dintrans

Jean-Roger Dintrans

Jean-Roger Dintrans est psychiatre, chargé de cours à Paris V et à Paris VII.

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Atlantico : En quoi les périodes électorales comme celle qui s'ouvre en France ou la présidentielle américaine en 2016 peuvent être facteur de stress ?

Jean-Roger Dintrans : Une élection va d'une part faire envisager l'avenir aux citoyens d'une façon positive ou négative. Les élections remuent des principes et des idéologies sous lesquelles il y a des réalités sociales, conflictuelles. Une élection va être mobilisatrice d'espoir ou d'inquiétude, de menaces. L'élection de Donald Trump semble avoir été pour 52 % de ces déclarants un haut facteur de stress par crainte qu'elle entraîne des pertes de droits pour les citoyens, de voir se réduire l'étendue de leurs possibles pour les noirs, les personnes atteintes de maladies graves, les femmes avec des difficultés pour avoir accès à l'avortement. D'autre part, il y a des personnes qui ont eu le sentiment que leur expérience soit bafouée, les personnes victimes d'agressions sexuelles entre autre. Un risque d'impunité aurait pu se développer pour les agresseurs avec le cas de Trump révélés dans une vidéo ou il disait qu'il attrapait les femmes par le vagin. Il semblait donner une forme d'impunité morale aux agresseurs sexuels. 

On voit au travers de cet exemple comment une situation politique peut être facteur d'espoir ou de stress suivant l'avenir économique et sociétal qu'elle semble prédire (les noirs, les femmes pour l'avortement, les malades avec la fin de l'Obamacare ou comment elle peut être source de stress si dans l'idéologie du présidentiable des positions qui semblent cautionner des situations dont des personnes ont souffertes. 

La situation de stress vécue par les américains lors de la présidentielle  suivant leurs déclarations à l'enquête de l'American Psychological Association pourrait-elle être similaire en France ? 

Les candidats à l'élection présidentielle en France devraient réfléchir aux propositions et aux idées qu'ils avancent, les projets dont ils sont porteurs pour la France pour prendre conscience que celles-ci peuvent être source d'inquiétudes profondes ou d'espoirs. Ils devraient faire beaucoup plus attention aux conséquences psychologiques de leurs discours. Tous discours des extrêmes, qu'ils soient de droite ou de gauche qui poussent à la division, à la confrontation entre individus et non pas à la confrontation avec une difficulté réelle sont des discours dangereux pour la société. Mais les discours qui dénient les réalités sociales sont tout aussi dangereux, qui prêtent à confusion et inquiétants. La difficulté pour les hommes politiques et candidats et de trouver un discours qui tienne compte à la fois des réalités sociaux-économiques sans déni et qui ne pousse pas à la division, ni à la confrontation entre individus mais qui pousse à la confrontation face aux obstacles qui existent. La confrontation doit se faire avec les difficultés du pays et non pas contre les individus. Essayer de résoudre les problèmes réels sont pousser à la confrontation, ce n'est pas simple. Pas beaucoup d'hommes et femmes politiques y arrivent. Il faut par exemple pourvoir parler des problèmes du communautarisme sans pousser les gens dans le racisme. 

L'article du journal Pacific Standard affirme que la campagne politique aux Etats-Unis a eu un impact sur le stress et la sexualité. Est-ce que la situation politique actuelle peut avoir un impact sur la sexualité ? 

Cet article ne fait pas référence à des études sur le lien entre les périodes d'élections politiques et la fécondité dans un pays. Il est donc difficile de se positionner sur ce sujet. A l'inverse, ce cas de figure de la politique et de la sexualité peut-être rapproché à une étude récente qui a été publiée récemment dans la presse. Elle montre qu'à la suite du Carnaval de Rio, il y a eu une augmentation des grossesses sans augmentation corollaire des infections sexuellement transmissibles, ni des IVG. Cela tend à prouver que les grossesses qui ont été rapportées n'ont pas été le résultat d'une euphorie liée à l'alcool, il y aurait eu beaucoup d'IVG dans le cas contraire. Il s'agissait donc de grossesses désirées liées à la période d'euphorie du Carnaval. On peut constater qu'une période d'euphorie va pouvoir avoir une incidence sur le désir d'enfants et l'augmentation des rapports sexuels. Mais à l'inverse, dans les situations de stress, il peut y avoir une hausse des rapports sexuels comme moyen de lutte contre l'angoisse. Dans une période troublée, on peut imaginer un moindre désir d'enfants parce que l'avenir est incertain.

 
 

 

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