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La confiance est rompue entre l'industrie agroalimentaire et les consommateurs.
La confiance est rompue entre l'industrie agroalimentaire et les consommateurs.
©PHILIPPE MERLE / AFP

Les entrepreneurs parlent aux Français

Comment des entreprises propres pourraient nettoyer le monde du péril imposé par l’industrie agroalimentaire

Le entrepreneurs rêvent d’un concept de "boîte clean", qui permettrait de mettre en avant ceux qui respectent la chaîne de valeur et d’éthique dont toute l’industrie agroalimentaire devrait s’emparer.

Denis Jacquet

Denis Jacquet

Denis Jacquet est fondateur du Day One Movement. Il a publié Covid: le début de la peur, la fin d'une démocratie aux éditions Eyrolles.  

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Cette semaine la rubrique Les entrepreneurs parlent aux Français sera courte. Elle consistera en un cri d’alarme. Une alarme qui devrait réveiller le monde, les consciences mais surtout susciter un réveil brutal pour que nous évitions la tombe. Le péril que j’aimerais partager avec vous, ne répond pas au joli nom de déflation, croissance atone ou courbe de chômage non inversée. Il ne se nomme pas intégrisme fanatique, Daech  ou Isis. Il ne se présente pas sous la forme d’une arme, d’une bombe ou de pains de plastique. Mais sous la forme très commune de ces milliers de produits que nous ingérons chaque jour, confiants que nous sommes, que ces marques, qui dépensent des millions à la télévision, en veulent certainement à notre porte-monnaie mais pas à notre santé.

Nous avons bien tort. Un génocide alimentaire progresse chaque jour, à pas feutrés, leurs armes fourbies dans les antichambres des assemblées parlementaires, dont ils hantent les couloirs, à la recherche de députés et sénateurs, français ou européens, prêts à leur rendre les armes en échange de quelques emplois et d’un peu de croissance. Notre santé physique pèse bien peu face à la santé de notre économie et les maladies qu’ils génèrent rendent un service énorme à nos industries pharmaceutiques, qui trouvent chez eux un fournisseur appliqué et constant, qui leur fournit la dose nécessaire de cancers, d’infertilité et d’obésité, qui à son tour alimente leur croissance.

Ce petit club entretient sa propre économie, la maladie des uns alimentant le business des autres. Le rôle des laboratoires consiste à entretenir, le plus longtemps possible, des morts en sursis, que notre collectivité bienveillante, au nom du droit à la santé pour tous, accepte de soigner sans poser de question, le chéquier à la main et la conscience au repos. Nos déficits s’accumulent ainsi de façon systématique et cumulative, afin de traiter les conséquences plutôt que de traiter le mal à la racine.

Il y a 30 ans, un chimiste renommé inventait un cocktail de mort qui allait se révéler plus efficace que tous les djihad de la terre. Ce cocktail, qui introduit la notion "d’état de félicité". Ce poison qui réalisa l’équilibre parfait entre gras saturé, sucre et sel, est de venu l’élixir de base du poison alimentaire mondial. Ce poison qui transforma en moins de 30 ans un Etat américain en repère à obèses (en 2013, la totalité des Etats américains étaient obèses à plus de 50%), notre planète en terre à cancers et, avec le renfort précieux des pesticides spécial Monsanto une planète sans capacité de se reproduire, puisque près d’un homme sur trois sera infertile en 2030. Merci le progrès !

Ce mélange explosif donne en fait au cerveau une récompense ou la sensation d’un plaisir assimilable à une récompense. Et notre cerveau, pavlovien par nature, n’éprouve qu’une seule envie une fois le cocktail ingéré… Celle de recevoir cette récompense à nouveau. Ce qui explique cette passion développée au fur et à mesure du temps pour ce type de nourriture, mélange subtil de sel, sucre et gras. Le bonheur gustatif pour une mort à bas prix. Un crime parfait que n’aurait pas boudé un certain Arthur Conan Doyle et aucun Sherlock à l’horizon pour le démasquer.


Ce qui signifie que malgré des normes dont le nombre est inflationniste et le descriptif sans pitié, cette industrie continue en toute impunité à nous tuer par ordonnance, sans état d’âme et sans barrière. Ce tsunami balaie tout sur son passage, y compris le législateur, trop content de perpétuer un système qu’il affectionne, à savoir de très grands groupes capables de lui garantir de très grands emplois fournis à des très corruptibles citoyens.

Ceux d’entre vous qui ont lu la presse cette semaine auront été stupéfaits de réaliser que les députés européens, si prompts à nous noyer sous la norme la plus exigeante, tatillonne, voire vexatoire et souvent inutile, ne savent pas résister aux doux arguments des lobbies mondiaux. Le tabac, la pharmacie, et l’agroalimentaire notamment. Très organisés, très forts, tout à fait persuasifs et capables de s’acheter la conscience de nos soit-disant protecteurs, bien corruptibles au final. Notre santé pèse peu par rapport à la leur. Ils ont rarement le dernier mot, afin que nous n’ayons pas le notre à dire.

Ainsi, face à ses lobbies très persuasifs, les Européens se sont aplatis "façon crêpe" et ont refusé d’admettre l’évidence et de stopper les bataillons de la mort de nos spermatozoïdes, qui en mourant et en dégradant notre fertilité, condamne notre espèce à mort, progressivement, pour les décennies à venir.

En ce moment, nos sénateurs, ont entre leurs mains le sort de nos maladies préférées, le cancer et l’obésité croissante, dans un pays (la France) où l’on estime que plus d’un tiers de la population sera obèse en 2030 ! Un tiers !! Combien d’obèses et de malades du cancer nous faudra t-il, pour que nos élus, que nous avons mis là pour nous protéger et faire une loi juste et devraient nous rendre des comptes, puissent voter une loi comme celle sur l’étiquetage qui est en cours de vote chez eux ?

Une obligation qui consisterait seulement à indiquer, sur tous les produits, quels sont les produits qui contiennent en proportion anormale, ce fameux cocktail de félicité. Le simple fait que l’industrie résiste prouve bien sa culpabilité. En effet, ce qu’ils craignent le plus, c’est que le monde incrédule découvre leur supercherie, déjà ancienne et abandonne ces marques ensuite, en quête de sens et de qualité. Pour faire mourir, eux préfèrent se faire discret. Le vote déterminera donc si l’étiquetage obligera à mettre à nu le cocktail de mort. Et de mettre ainsi à nu une pratique qui n’a que trop durer et les obliger à en inventer un autre (malheureusement) ou de revenir à des produits de qualité.

Un mouvement important se met en place aux USA, pays "pionnier" en la matière, qui unit dans son lit les cheveux blonds et gris des Subway, General Mills et autre Chipotle, qui s’engagent à supprimer de leurs repas un nombre ahurissant de conservateurs, colorants et arôme artificiels, avant que les consommateurs de plus en plus rapides, informés et actif sur la toile, ne les montrent du doigt ou plutôt la main dans le sac, au risque d’être boycottés.

Je rêve d’un concept de "boîte clean", qui permettrait de mettre en avant des entrepreneurs respectueux de la chaîne de valeur et d’éthique dont tout l’industrie devrait s’emparer. Une charte de qualité, ou simplement de confiance, qui permettrait de faire le tri entre les entreprises vertueuses et les autres. Et au plus vite. Un mouvement porté par des entrepreneurs, représentatifs en termes de taille et de secteur, de l’entreprise française, qui pourraient montrer leur fierté face à la qualité de leur produit. Bref en ces temps de pluie, se mouiller pour la bonne cause, mettre au premier plan ce que l’industrie géante a oublié : la confiance !

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