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La France compte aujourd'hui 3,496 millions de chômeurs.
La France compte aujourd'hui 3,496 millions de chômeurs.
©Reuters

Patience et longeur de temps...

Chômage au plus haut : combien de temps pour que l'action de la BCE produise ses premiers effets ?

3,496 millions : les chiffres du chômage n'en finissent pas de narguer la promesse de campagne de François Hollande. Plus que jamais, les effets du rachat massif d'actifs par la Banque centrale européenne en termes de croissance, et donc d'emploi, sont attendus. Mais les décisions et leurs conséquences ne vont jamais à la même vitesse...

Nicolas Goetzmann

Nicolas Goetzmann

 

Nicolas Goetzmann est journaliste économique senior chez Atlantico.

Il est l'auteur chez Atlantico Editions de l'ouvrage :

 

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190 000 chômeurs de plus en 2014, après 175 000 en 2013, et 285 000 en 2012, le cauchemar continue pour l’emploi en France. Après 6 années de crise, la barre des 1.5 millions de chômeurs supplémentaires est désormais franchie.

Pourtant, le contexte économique pourrait bien finir par s’améliorer en cette année 2015. En effet, après la baisse de l’euro et la baisse du pétrole, c’est au tour du plan d’assouplissement quantitatif annoncé le 22 janvier dernier par La Banque centrale européenne d’apporter sa contribution à la croissance au sein de la zone euro. En appuyant sur le bouton monétaire, la BCE apporte un soutien inespéré à la demande intérieure européenne, ce qui permettra de compenser, notamment, l’affaiblissement de la demande mondiale.

Dès lors, si les membres de la zone euro parviennent à s’entendre sur le sort de la Grèce, en évitant les écueils d’une désintégration de la monnaie unique sur l’autel du strict respect des règles, la croissance deviendra une possibilité. Car si l’Europe en a perdu l’habitude, il convient tout de même de rappeler que la croissance reste une possibilité. La stagnation n’est pas une fatalité.

Il reste à mesurer ce que veut dire création d’emplois en France, en termes de croissance. En appliquant une simple régression entre les niveaux de croissance (INSEE), les indices PMI (Markit) (qui mesurent mensuellement le niveau d’activité) et l’évolution du nombre de chômeurs (DARES), on peut se rendre compte que le chômage commence à baisser lorsque la croissance trimestrielle progresse de 0.42%, soit 1.68% en rythme annuel. Il ne s’agit nullement d’un système prédictif, mais simplement d’un indice basé sur les données des 15 dernières années. En somme, un indicateur, et rien de plus.

A ce jour, les prévisions de croissance pour la France s’accordent sur le chiffre de 1% pour l’année 2015. Ce chiffre, inférieur au seuil de 1.68%, laisse donc peu d’espoir pour que le chômage puisse baisser en 2015. Cependant, avant même l’arrivée du plan de soutien de la BCE, plusieurs gouvernements européens avaient déjà pu réviser leurs anticipations de croissance à la hausse. Ceci en raison de la baisse du prix du pétrole, mais également en raison de la baisse de l’euro. Berlin révise sa croissance 2015 de 1.3 à 1.5% quand Madrid passe de 2 à 2.5%. Il existe donc une première probabilité que la croissance française soit révisée de quelques dixièmes de point sur la base de ces deux éléments. Il suffit de noter que les autres gouvernements ont ajusté leurs prévisions de 0.2 à 0.5% de croissance.

Puis, concernant l’effet direct d’un plan d’assouplissement quantitatif sur la croissance, seule la banque d’Angleterre avait pu se lancer dans une analyse chiffrée des effets, par le biais des économistes Martin Weale et Tomasz Wieladek. Selon l’institution, le plan déployé au Royaume-Uni avait pu permettre de relancer la croissance de 3%, sur la totalité de la période. En détaillant plus précisément cette estimation, il est indiqué que pour un achat d’actifs équivalant à 1% du PIB, la croissance fut soutenue de 0.18%. L’étude menée par la Banque d’Angleterre indique également que l’impact de la politique d’assouplissement quantitatif aux Etats Unis a été encore plus efficace, chaque % de PIB de rachat d’actifs ayant permis de soutenir la croissance de 0.36%.

En Europe, le plan de rachat d’actifs de 1000 milliards d’euros représente environ 10% du PIB de la zone, étalé sur 18 mois. A titre indicatif, l’application mécanique et donc très imprécise, de l’effet britannique correspondrait à un apport de croissance de 0.9% pour 2015 et de 0.9% pour 2016. A l’échelle française, et au regard de la prévision de croissance actuellement chiffrée à 1%, un tel surplus permettrait tout simplement de faire passer l’économie du stade de la destruction d’emplois à celui de la création d’emplois, et ce dès la fin d’année 2015. Cependant, il reste à considérer que selon l’OFCE, les entreprises françaises sont en état de sureffectifs (200 000 personnes). Ce qui signifie qu’avant d’embaucher de nouvelles recrues, les entreprises devront déjà revenir un état normal de production. Alors si la prédiction est absurde par nature, il est aujourd’hui possible d’être plus optimiste.

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