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Chelsea a remporté la finale de la Ligue des Champions, ce samedi 29 mai.
Chelsea a remporté la finale de la Ligue des Champions, ce samedi 29 mai.
©Manu Fernandez / POOL / AFP

Finale de la Ligue des Champions

Chelsea/Manchester City 1-0 : les Blues de Thomas Tuchel sont champions d'Europe !

Neuf ans après son premier titre européen, Chelsea retrouve les sommets. À Porto et à l'issue d'une finale palpitante, un seul petit but inscrit par Kai Havertz a suffi au bonheur des Blues de Thomas Tuchel.

Olivier Rodriguez

Olivier Rodriguez

Olivier Rodriguez est entraîneur de tennis et préparateur physique. Il a coaché des sportifs de haut niveau en tennis. 
 
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Dans cette soirée de gala, il y avait quelque chose de passionnant à observer deux équipes à la recherche, non pas de la vérité, mais simplement d'une aventure qui sorte carrément de la banalité. L'enjeu était splendide puisque Manchester City et Chelsea s'affrontaient pour remporter la 66e Ligue des Champions. Vous savez, cette épreuve déjà bien déséquilibrée que la majorité des plus gros clubs voulait transformer, il y a peu, en Ligue fermée...
Hier soir donc, la crème de la crème,100% anglaise, était représentée par un club appartenant à Abu Dhabi et par un autre détenu par un oligarque Russe... Ce qui donne une certaine idée de l'Europe du Football et qui rappelle cette évidence : si les illusions se valent toutes, les rêves n'ont pas tous le même prix.
Était-ce par que cette finale se jouait à Porto que les deux équipes nous ont offert un beau paquet fado ? Allez savoir... Quoiqu'il en soit, quand de nombreuses finales accouchent d'un jeu fermé, celle-ci aura été extrêmement palpitante, rythmée et intense. Une finale mettant aux prises deux équipes aux styles opposés et portées par l'idée que si le destin les a souvent privées de leurs plus belles émotions, c'est pour leur en réserver de plus grandes. Mais puisqu'il ne peut y avoir qu'un vainqueur, cette année, ce sera Chelsea.
Celui de Thomas Tuchel et de Tiago Silva, deux bannis du PSG qui peuvent ce matin savourer leur revanche. S'ils sont couverts de gloire ce matin, et même si le second est sorti sur blessure avant la mi-temps, c'est que leur équipe a fait l'éclatante démonstration que contrairement à l'idée reçue, c'est bien la force qui fait l'union. Et quand on parle de la force, il s'agit de la force dans toutes les dimensions et dans toutes ses expressions : celle de l'impact dans les duels, celle dans l'intensité et surtout celle qui permet de transformer le pressing défensif en véritable chasse à l'homme. La force donc, toujours, envers et contre tous. 
Dans cette finale qui fut un combat de chaque instant et de tous les ballons, les Blues auront été exemplaires. Puisqu'il faut citer quelques-uns de ces joueurs exemplaires, nous citerons Mount, pour sa justesse, Azpillicueta, pour son sens du sacrifice, Harvertz, pour son but et surtout Kanté pour l'ensemble de son match. N'Golo Kanté ou le joueur increvable par excellence, impeccable dans l'effort comme dans l'état d'esprit (10 ballons récupérés hier soir !). Un modeste à l'énergie profuse qui prouve sans cesse qu'un homme à vertus en vaut deux. En fait, ce joueur paraîtrait presque suspect tant il semble sans défaut... Certains prétendent même qu'il n'a jamais trompé sa femme. Bref, vous avez compris que nous parlons-là d'un original indispensable à n'importe quelle équipe. Du début à la fin de cette finale, le meilleur, c'était lui.
Du côté des perdants, la pilule est difficile à avaler, surtout pour Guardiola qui attendait ça depuis dix ans. Cet échec est aussi le sien, ou celui de la philosophie de son jeu, comme on voudra. Un jeu léché, basé sur un paradoxe qui fait que le temps de possession de l'équipe est inversement proportionnel au temps de possession par joueur. Pour le dire autrement, chez Guardiola, si l'équipe conserve longtemps le ballon, les joueurs, eux, ne le gardent pas. Hier soir, la composition très (trop ?) offensive de son équipe, son choix de jouer sans sentinelle et ses principes historiques n'auront pas tenu face au collectif et à la discipline que Thomas Tuchel, viré à Noël par le PSG, a su inculquer en quelques mois à la sienne. Si certains de ses cadres (Gundogan et Mahrez par exemple) n'ont pas été à la hauteur de l'évènement, il faut tout de même préciser que la sortie sur blessure de De Bruyne, son maître à jouer, aura constitué un handicap insurmontable. Comme quoi le football prête parfois à contusion.
Évidemment, l'exploit des Blues est aussi immense que la déception des Citizens est grande. Neuf mois après une finale perdue contre le Bayern, Tiago Silva et Thomas Tuchel offrent à leur club la deuxième Ligue des Champions de son histoire. Grâce à un but marqué par Havertz (42è), magnifiquement servi par Mount et grâce à un hermétisme défensif qui n'aura autorisé à l'adversaire qu'un seul tir cadré en 90 minutes. Des miettes donc.
Si Chelsea fait ce matin un beau champion d'Europe qui n'a rien volé, il faut noter que Tuchel devient dans le même temps le premier entraîneur à remporter la C1 après avoir été congédié en cours de saison. Nous aurons donc forcément une petite pensée pour les dirigeants du Paris Saint Germain dont le destin, sacrément farceur, les oblige à contempler, dans la même semaine, la réussite continentale des deux derniers entraîneurs qu'ils ont viré. Gageons que l'ironie de l'histoire leur donnera inévitablement à méditer sur la validité de leur permis d'éconduire.
Quant à nous, téléspectateurs reconnaissants de la qualité du spectacle offert, nous garderons de cette finale l'image réjouissante du retour tant espéré du public, de ses cris, de ses chants et de ce tout ce qui fait la beauté d'un stade à nouveau rempli de vie. Car oui, il y avait quelque de chose de jouissif à contempler 16500 supporters donner corps à un tel évènement après des mois de football sous vide. 16500 spectateurs donc, vivant par procuration l'expérience des autres, faisant battre leurs cœurs d'un pouls unique sans que l'on sache vraiment quel est le ciment de ce sortilège. Car comment comprendre les forces obscures qui sous-tendent ce type de cohésion et de ferveur ? Comment expliquer que des gens venus de tous horizons se fédèrent, dans le bonheur ou l'angoisse, dans les moments les plus intenses d'un match ? À bien y réfléchir, être dans le public, c'est particulier. Il s'agit là d'un rituel tout de même étonnant qui consiste à s'installer dans une tribune à côté de dizaines de personnes que l'on ne connaît pas... De partager avec elles quasiment toutes les émotions possibles... Pour ensuite trouver ça formidable pendant deux heures... Avant que chacun ne s'en retourne, pour bien souvent ne plus jamais se revoir... Curieux non ? 
Mais après tout qu'importe. Hier soir, et pour notre plus grand plaisir, ceux qui aiment les joueurs comme des amis qu'ils ne connaissent pas très bien ont su colorer de toutes leurs émotions et de leurs états d'âme une très belle finale. Vienne la nuit, sonne l'heure, quand les joueurs s'en vont, eux, ils demeurent. Le public est de retour, et c'est formidable.

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