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Malgré le remaniement ministériel, la famille reste exclue du gouvernement. Le mot même de « famille » est bannie des intitulés décrivant les fonctions de chacun des membres du gouvernement Borne 2.
Malgré le remaniement ministériel, la famille reste exclue du gouvernement. Le mot même de « famille » est bannie des intitulés décrivant les fonctions de chacun des membres du gouvernement Borne 2.
©Ludovic MARIN / POOL / AFP

SOS ministère abandonné

Ces 19 millions de familles françaises oubliées du gouvernement Borne

Malgré le remaniement de cette semaine, la famille reste exclue du gouvernement : pas un portefeuille ministériel, ni même un secrétariat d’Etat ou une délégation ne lui est consacrée. Le mot même de « famille » est bannie des intitulés décrivant les fonctions de chacun des membres de ce gouvernement Borne 2.

Ludovine de La Rochère

Ludovine de La Rochère

Ludovine de La Rochère est présidente de La Manif Pour Tous.

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Décidément, Emmanuel Macron n’aime pas la famille.

Le principe de réalité aurait pourtant dû prévaloir sur son aversion personnelle : la France compte en effet près de 19 millions de familles et 80% des Français vivent aujourd’hui en famille. Et si les familles sont en difficulté – comme c’est le cas depuis des années – la natalité est en berne, l’économie tourne au ralenti, l’avenir des retraites ne peut être assuré, l’éducation se défait, les relations sociales se détériorent, l’instruction devient impossible, la volonté de travailler s’amenuise… Autrement dit, les difficultés croissantes que connaissent les familles ne sont pas étrangères à tous ces maux dont souffre la France ; ou plutôt, les solutions à ces maux se trouvent notamment dans les familles.

Mais le président de la République refuse manifestement de le voir et d’en tenir compte. Et ce, alors que les crises qui se sont succédées sous son premier quinquennat ont toutes souligné l’importance de la famille. Les urgences et les appels à l’aide exprimés par les Gilets jaunes sur les rond-points comme dans les cahiers de doléance ont en effet largement témoigné que leurs premières préoccupations étaient d’avoir la possibilité de faire vivre et accompagner dignement leurs enfants, leurs adolescents, leurs jeunes, leurs parents âgés. En un mot, leur famille. Quant aux confinements successifs, les Français les ont tous passés en famille et ceux qui se sont trouvés séparés de leurs parents vivant en EHPAD l’ont très mal vécu.

Rien d’étonnant à cela : la famille est plébiscitée par les Français dans toutes les enquêtes d’opinion qui la concernent. Et pour cause : elle est irremplaçable comme premier lieu d’affection, de solidarité et de dignité. Elle protège chacun de ses membres, à commencer par les plus vulnérables…

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Certes, la famille n’est pas non plus un monde idéal, parce qu’elle est profondément humaine. Mais précisément, c’est là toute sa force : parce qu’elle est à taille humaine, elle seule peut accueillir l’enfant, l’aimer sans condition, l’éduquer, lui consacrer tous ses moyens et toutes ses capacités, tout donner pour son avenir.

Hélas, elle est mal aimée d’Emmanuel Macron. Laissée pour compte depuis des années, elle est la « dernière roue du carrosse » auraient dit nos grands mères : depuis 2017, exception faite du rallongement du congé de paternité visant en réalité à s’assurer que les hommes prennent part aux « corvées du ménage », pas une mesure n’a été prise en leur faveur, bien au contraire. Outre des lois sociétales détruisant les fondements même de la famille, une succession de mesures prises par les gouvernements d’Edouard Philippe puis de Jean Castex ont rogné la politique familiale et exclu toujours plus de familles de ses bénéfices. Seules les familles monoparentales semblent intéresser le président de la République. Les autres familles, probablement ringardes selon lui, ne trouvent pas grâce à ses yeux. Même les familles nombreuses qui pourtant contribuent tout particulièrement à l’avenir du pays, des actifs et à la création de valeurs, ne l’intéressent pas. Au point de ne rien faire pour enrayer la chute de la natalité qui ne cesse pourtant de s’accentuer, alors qu’il prétend "en même temps" régler le problème du financement des retraites !

Les Français de tous âges en sont les victimes, et y compris ceux qui ne vivent pas en famille, puisque dans un pays où la famille va mal, tout va mal.

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Presque toutes les mesures politiques mises en œuvre impactent la vie des familles, mais ce paramètre n’est jamais pris en compte : en effet, toutes mesures compliquent ou facilitent le quotidien, améliorent ou détériorent le bien-être des couples, sécurisent ou déstabilisent les enfants, fragilisent ou renforcent la stabilité des foyers… Il suffit de songer à l’éducation, à l’emploi, au pouvoir d’achat, à la santé, à la dépendance, mais aussi au sociétal et à la bioéthique pour le réaliser.

Il est urgent de prendre en compte les familles dans toutes les décisions politiques comme de prendre pour elles des mesures puissantes et innovantes et ce, dans tous les domaines.

Personne au gouvernement ne portant cette problématique, c’est encore et toujours la société civile, au premier rang desquelles les associations, qui devront faire entendre leur voix. La Manif Pour Tous ne manquera pas de le faire !

Ludovine de La Rochère

Présidente de La Manif Pour Tous

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