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Ce mystère que les scientifiques viennent de percer sous nos pieds devrait permettre de lutter contre le dérèglement climatique
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Atlantico Green

Ce mystère que les scientifiques viennent de percer sous nos pieds devrait permettre de lutter contre le dérèglement climatique

Il serait possible de lutter efficacement contre la prolifération des gaz à effet de serre... à condition de revoir nos pratiques agricoles.

Sébastien  Couasnet

Sébastien Couasnet

Co-fondateur & PDG chez Groupe ÉLÉPHANT VERT

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En quoi les sols et les plantes peuvent-ils jouer un rôle dans la diminution de gaz à effet de serre ?

Sébastien CouasnetLes sols sont le deuxième réservoir de carbone après l'océan sur la planète et les plantes sont des pièges à carbone. De même que les arbres, les forêts et bien sûr l'agriculture. Ce qui fait qu'il y a beaucoup de séquestration de carbone dans le sol. En fait, en captant ce carbone, les plantes produisent du sucre, dont le carbone est l'un des composants principaux. C'est une transformation biologique. Et si le déracinement n'engendre pas spécialement de libération du carbone (ce serait le cas si les plantes étaient brulées), il empêche les plantes de le stocker.

Le captage du Co2 dans le sol, permet aussi de limiter les consommations d'eau. 

Quelle pourrait être les "bonnes pratiques" pour favoriser cette captation du carbone tout en ne diminuant pas les rendements ? 

Aujourd'hui des techniques démontrées et prouvées montrent qu'on peut replanter en direct. C’est-à-dire qu'on fait une récolte en laissant les souches, les mauvaises herbes se développer et on ressème dessus. Quand c'est bien fait, les rendements ne sont pas inférieurs aux autres. Bien au contraire.

Quand on parle de bonne pratique, on entend par là qu'il faut complétement revoir nos pratiques agricoles pour permettre au sol de vraiment jouer son rôle de réservoir de carbone.  En transformant les champs et en adoptant ces nouvelles méthodes, on pourrait compenser jusqu'à 15% des émissions mondiales de combustibles fossiles par an. Il y a une initiative française qui entend revitaliser les sols de manière différente en travaillant avec des matières organiques. Ainsi, avec cette nouvelle pratique, les sols permettraient de stocker le carbone et nous pourrions atteindre les objectifs fixés par la cop 21 de diminution de gaz à effet de serre. 

Y a-t-il un désavantage à cette technique ? Comme une baisse des rendements par exemple ?

Il n'y a pas de désavantage à cette méthode. On retournerait en fait vers des pratiques agricoles normales. Aujourd'hui les sols sont extrêmement pauvres en matière organique et cela limite le rôle du sol. On arrache, on dessouche… 

Ces mauvaises pratiques s'expliquent par le fait que la pédologie, jusqu’à il y a 7 ans, était le parent pauvre de l'agronomie. C'est dire si les gens s'en souciaient peu ! Aujourd'hui elle redevient le pilier principal de l'agronomie. Il faut bien comprendre que le sol n'est pas un objet sans âme et sans vie. Il y a tout un micro-écosystème dans le sol et aujourd'hui c'est une notion qui est remis sur la table, théorisée et insérée dans toute les pratiques agricoles. La nature nous offre tout un tas d'outils qu'il faut optimiser. Jusqu’à présent, on a cherché à domestiquer la nature en intégrant des produits complètements externes et étrangers  à l'environnement. Alors qu'en aillant une meilleure connaissance des sols et une utilisation intelligente des avantages et inconvenants de ce qui est déjà à disposition, on arrive à tenir des rendements tout en respectant et la santé des agriculteurs et des consommateurs. 

Il y a des expérimentations et des agriculteurs pionniers qui prouvent que cette technique marche et qui ont des rendements équivalents ou supérieurs à ceux de leurs voisins. 

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