C’est l’OMS qui le dit : investir dans le traitement de la dépression et l'anxiété, c'est bon pour la santé… mais aussi pour l'économie | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Economie
C’est l’OMS qui le dit : investir dans le traitement de la dépression et l'anxiété, c'est bon pour la santé… mais aussi pour l'économie
©Reuters

La vie en rose

C’est l’OMS qui le dit : investir dans le traitement de la dépression et l'anxiété, c'est bon pour la santé… mais aussi pour l'économie

Chaque dollar US investi pour développer le traitement de la dépression et de l’anxiété en rapporte 4 sous forme d’une amélioration de la santé et de la capacité de travail, selon une récente étude de l'OMS. L'institution espère que cette analyse conduira à plus d’investissements des Etats dans la prise en charge de ces maladies mentales.

Dan  Chisholm

Dan Chisholm

Conseiller en systèmes de santé, du Service de Santé mentale et abus de substances psychoactives de l’OMS. Le Dr Chisholm a collaboré avec d’autres experts sur cette étude.

Voir la bio »

Atlantico : La dépression et les troubles de l’anxiété coûtent à l’économie mondiale 1000 milliards de dollars (US $) par an, selon une nouvelle étude de l'OMS (voir ici). La dépression et l'anxiété sont-elles des maladies mentales en progression dans le monde ? Si oui, pourquoi ?

Dan  Chisholm : Oui, les troubles mentaux courants sont en recrudescence dans le monde entier. Entre 1990 et 2013, le nombre de personnes souffrant de dépression et/ou d’anxiété a augmenté de près de 50%, passant de 416 millions à 615 millions. Les raisons primordiales sont les suivantes : une population mondiale qui en croissance et qui veillit (avec la survie jusqu’aux âges quand la dépression et l’anxiété sont plus communs) ; et dans certaines populations, par exemple celles affectées par des urgences humanitaires, une augmentation dans le taux de ces conditions.

Cette étude démontre que traiter la dépression et l'anxiété serait bon pour la santé, mais aussi pour l'économie. Pouvez-vous expliquer pourquoi les traitements de la dépression et l'anxiété sont bénéfiques pour l'économie ?

Les traitements pour la dépression et l’anxiété sont bénéfiques pour l’économie pour plusieurs raisons : un l’individu qui reste en emploi apporte un revenu plus élevé chez lui en fin de mois ; pour les employeurs une meilleure présence et productivité au travail ont un impact positif sur les bénéfices; et pour les gouvernements, il y a plus de recettes fiscales grâce à une meilleure productivité au travail et moins de dépenses pour les budgets de la santé et de la sécurité sociale.

Qu'est-ce que cette étude apporte de nouveau par rapport aux autres études effectuées sur le traitement de la dépression et l'anxiété ?

Cette nouvelle étude dirigée par l’OMS estime, pour la première fois, les avantages pour la santé et aussi pour l’économie de l’investissement dans les traitements de la dépression et de l’anxiété à l’échelle mondiale.

Quelles peuvent être les conséquences pratiques de cette étude sur le traitement de la dépression et l’anxiété?

La santé mentale est un sujet qui est pris très au sérieux par l’Organisation mondiale de la Santé. En effet, l’OMS soutient des pays à travers le monde dans l’établissement et l’amélioration des services de santé mentale. Nous espérons que cette étude menera à plus d’investissement dans la prise en charge pour la dépression et l’anxiété.  

Cette étude prend-elle en compte "l'effet remboursement", qui peut s'avérer très important dans des pays comme la France ? Existe-t-il des évaluations économiques sur la question ? Si oui, lesquelles ?

Les analyses par l’OCDE montrent à quel point les dépenses effectuées pour les personnes souffrant de la dépression et de l’anxiété sont élevées dans les pays de revenu élevé.  Mais cette récente étude mené par l’OMS n’a pas permis de calculer l’impact d’une augmentation dans les traitements pour la dépression et l’anxiété sur le budget  de la sécurité sociale.

 

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !