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L'enfant cristallise beaucoup de choses au niveau identitaire, tout en bousculant l'organisation familiale, en même temps qu'il fait passer le couple du statut d'enfants à celui de parents, il repousse les parents à une place de grands-parents...
L'enfant cristallise beaucoup de choses au niveau identitaire, tout en bousculant l'organisation familiale, en même temps qu'il fait passer le couple du statut d'enfants à celui de parents, il repousse les parents à une place de grands-parents...
©Pixabay

Cellule de crise familiale

Belle-mère, grands-parents… Que faire lorsque votre entourage remet systématiquement en cause votre autorité parentale ?

Maternité, éducation des enfants... Pourquoi ces sujets sont la source de tant de conflits familiaux, particulièrement avec notre belle-famille ? Voici quelques conseils pour éviter ces tensions qui nous exaspèrent tous.

Gérard  Neyrand

Gérard Neyrand

Gérard Neyrand est sociologue, est professeur à l’université de Toulouse), directeur du Centre interdisciplinaire méditerranéen d’études et recherches en sciences sociales (CIMERSS, laboratoire associatif) à Bouc-Bel-Air. 

Il a publié de nombreux ouvrages dont Corps sexué de l’enfant et normes sociales. La normativité corporelle en société néolibérale  (avec  Sahra Mekboul, érès, 2014) et, Père, mère, des fonctions incertaines. Les parents changent, les normes restent ?  (avec Michel Tort et Marie-Dominique Wilpert, érès, 2013).
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Atlantico : La gestion de la maternité (biberon, allaitement...) et l’éducation des enfants sont souvent au centre des conflits familiaux, particulièrement avec les beaux-parents. Quelle est selon vous la bonne attitude à adopter face aux remises en cause de l'autorité décisionnelle parentale par un tiers ?

Gérard Neyrand : L'une des grosses difficultés des situations familiales contemporaines réside dans le décalage qui existe désormais entre chaque génération. Aujourd'hui, grâce aux progrès médicaux, quatre générations peuvent coexister. Chacune a connu une socialisation différente de celle qui l'a précédé, et c'est la première fois que cela arrive dans l'histoire de l'humanité ! Les références divergent d'une génération à l'autre et il est donc parfois difficile de se comprendre, car chacun pense détenir les bonnes réponses, celles qu'il a acquises lui-même au moment voulu. Le décalage s'accentue encore lorsqu'il s'agit des beaux-parents plutôt que de ses propres parents, car alors entrent en jeu des dimensions inconscientes non maîtrisées qui peuvent rendre difficile le dialogue. La belle-fille, qu'elle le veuille ou non, est placée en situation de rivalité imaginaire avec la mère (et vice-versa), et cette potentialité de tension, qui peut être à peu près régulée dans les relations entre couples, se trouve réactivée plus ou moins violemment lorsqu'advient l'enfant... 

Pourquoi la gestion de la maternité et l'éducation des enfants cristallisent-elles les tensions familiales, particulièrement avec les beaux-parents ?

L'enfant en effet cristallise beaucoup de choses au niveau identitaire, tout en bousculant l'organisation familiale, en même temps qu'il fait passer le couple du statut d'enfants à celui de parents, il repousse les parents à une place de grands-parents ou beaux-grands-parents parfois difficile à accepter. Lorsqu'existe un conflit, il devient difficile à régler du fait de toutes ces implications inconscientes non maîtrisées, et il convient de faire preuve de diplomatie. Toutefois, il faut rappeler que ce sont les parents qui ont la charge d'élever l'enfant, et non la génération précédente. Il faut donc leur reconnaître l'autorité parentale, même si d'autres normes que celles qu'ils édictent peuvent être sollicitées. Ce qui permet aussi d'initier l'enfant à la différence des places et des positions.

Comment éviter que la gestion de la maternité et l'éducation des enfants ne deviennent des sujets de discorde avec la famille, particulièrement avec les beaux-parents ? Que faire pour prévenir le conflit ?

Si l'on veut se placer dans une perspective préventive, il semble souhaitable que les parents disent clairement les choses : que ce sont eux les éducateurs en dernière instance de l'enfant, et les responsables de son éducation devant la société. Qu'ils peuvent donc légitimement demander à ce que certaines règles auxquelles ils tiennent soient respectées, sans pour autant remettre en question le fait que des manières de faire différentes sont mises en oeuvre par les autres personnes qui s'occupent de leurs enfants, qu'il s'agissent des grands-parents, beaux-parents, assistantes maternelles ou éducatrices de jeunes enfants... L'explicitation verbale des attentes parentales et le dialogue dès le départ sont de bonnes façons de faire de la prévention des conflits.

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