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Belgique :
Toutes les utopies ont une fin
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EDITORIAL

Belgique : Toutes les utopies ont une fin

365 jours sans gouvernement : une situation kafkaïenne qui a sans doute dépassé le point de non-retour. Vivent la Flandre néerlandaise, et la Wallonie française ?

Depuis plus d’un an, la Belgique n’a plus de gouvernement, battant ainsi largement un record mondial établi jusqu’ici par… l’Irak. Les dernières élections législatives se sont en effet tenues le 13 juin 2010 et, depuis, le vide institutionnel n’empêche pas le pays de tourner, les régions administratives s’étant largement substituées à l’Etat fédéral sur la plupart des dossiers. De fait, la Wallonie et la Flandre sont déjà des petits pays en tant que tel, tissant de plus en plus de liens avec leurs autres voisins, tout en dénouant ceux qui les unissaient artificiellement.

On sait qu'une de plus en plus large partie des Flamands ne jure plus que par les Pays-Bas, et que les aspirations rattachistes sont de plus en plus largement partagées des deux côtés de la frontière. Où l’on parle la même langue, accessoirement.

On ignore souvent en revanche que la ligne séparant les deux pays n’a été définitivement établie qu’en… 1995, alors même que la Belgique est née en 1830… d’une sécession des Etats du Sud d’avec ceux du Nord du “Royaume-Uni des Pays-Bas”. Autant dire que la Belgique est née par accident, accident dont les feux ont été allégrement poussés par les Anglais d’alors, fidèles au fameux précepte « diviser pour régner ».

Encore la frontière belgo-néerlandaise pouvait-elle s’appuyer sur une limite naturelle, une fleuve, dont la rectification a d’ailleurs créé des dizaines de petites enclaves belges ou néerlandaises de part et d’autre.


Une frontière historique dessinée sur du sable


Coté français en revanche, de fleuve ou de chaîne montagneuse, il n’en est point. Une large partie des limites de la Belgique actuelle, au Sud, date en fait… des conquêtes flamandes de Louis XIV sur les Pays-Bas espagnols, glorifiées par la plupart des peintures qui ornent la galerie des Glaces, à Versailles. Pour dire si ça date ! De facto, Bien qu’historiques, elles n’en sont pas moins pour le coup totalement artificielles et arbitraires, fixées par un traité de paix entre deux puissances ennemies, la France et l’Espagne, dont l’une des deux n’était manifestement pas à sa place et s’en est retournée depuis. 

Eclairé par ces éléments, tout un chacun peut, me semble-t-il, se forger une opinion plus avisée sur la Belgique et son avenir. Il n’y eut pas, ou peu d’interrogations quant à la légitimité d’offrir aux près de 200 000 Mahorais la possibilité d’entrer dans le giron national, entrée devenue définitive le 31 mars 2011.  Pourquoi le rapprochement – je ne parle pas ici d’un rattachement dont le sens politique et historique est beaucoup plus lourd- de la Wallonie et de la France ne serait-il pas dès lors envisageable, alors même que la plupart des feux sont au vert ? Langue, culture, proximité géographique évidemment, échanges économiques, tout concorde. A défaut de pouvoir, pour les autorités françaises, émettre un signal fort à destination de la communauté française de Belgique, il serait compréhensible que les Français soient portés par les mêmes sentiments envers leurs voisins wallons, que les Néerlandais à l’égard de leurs voisins flamands.

Soyons basiques : tous les éditorialistes, et Dieu sait si je lis avec attention mes estimés confrères, ressassent en boucle le pessimisme obsessionnel pour ne pas dire maladif français, y trouvant la cause de bien des maux, y compris économiques.

Personnellement, l’idée de voir la communauté francophone, et, osons le mot, française, s’agrandir, ou plutôt, se réunir, ne serait-elle pas susceptible de susciter une vague d’enthousiasme, et derrière, d’installer un climat de confiance en l’avenir, que ce soit chez nos cousins wallons ou chez nous ?

La question mérite, je crois, d’être réfléchie, pour ne pas dire posée. Un grand homme d’Etat français osa un jour un « Vive le Québec libre ». Celui qui osera un « Vive la Wallonie française » prendra soit une veste, soit un billet en première pour l’Elysée.

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