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Les Français et les banques : pas de panique mais plus d'inquiétude qu’en 2008
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Sondage Atlantico/Ifop

Les Français et les banques : pas de panique mais plus d'inquiétude qu’en 2008

Sondage Atlantico Ifop sur le niveau de confiance des Français envers leurs banques. 56% des Français ont confiance en la solidité des banques pour affronter la crise financière, mais 14% envisagent d'en retirer leurs économies, soit plus qu'au moment de la crise financière de 2008

Jérôme Fourquet

Jérôme Fourquet

Jérôme Fourquet est directeur du Département opinion publique à l’Ifop.

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Atlantico : Quels sont les principaux enseignements de l’étude IFOP/Atlantico.fr, menée de ce mardi à ce jeudi, sur le niveau de confiance des Français dans la solidité des banques de notre pays ?

Jérôme Fourquet : Un peu plus d’un Français sur deux (56% dans l’étude) a confiance en la solidité des banques françaises. Quand on regarde dans le passé, c’est supérieur à ce que l’on observait en 2008-2009 lors du déclenchement de la crise financière (53%). On serait donc tenté de dire qu’aux yeux de l’opinion la situation n’a guère évoluée et qu’elle est toujours est toujours aussi préoccupante.

Pour autant, la confiance dans les banques a un peu progressé – de l’ordre de quatre points - alors que tous les jours l’actualité était centrée sur les mouvements de yoyo violents que connaissaient les bourses, sur les inquiétudes liées à la crise de la zone euro et sur les répercussions sur les établissements bancaire français.

Par conséquent, sur une période longue, la perception de la solidité des banques de la part des Français ne s’est guère améliorée. Mais sur une période plus récente, la spirale médiatique et financière ne semble pas avoir dégradé davantage cette confiance.

Une partie importante de la population française regarde donc peut-être ces événements avec un regard distancé. Les sommes en jeu sont tellement importantes, les scenarii évoqués tellement difficiles à appréhender, que les Français ont du mal à se représenter les volumes financiers dont il est question et les conséquences de cette crise.

 

Comment l’expliquez-vous ?

Les Français assistent à ce spectacle depuis plus de trois ans. Il existe une certaine perplexité. Reste que tout de même 44% des Français émettent des doutes sur la solidité des banques. C’est colossal pour un secteur qui repose sur la confiance…

 

Rentrons dans le détail… Il existe des différences dans la perception que les Français ont des banques selon leur niveau socio-culturel…

Oui, ceux qui ont le plus confiance dans les banques sont les personnes âgées (64% ont confiance en elles, chez les 65 ans et plus) et les hommes (61%). Les femmes qui gèrent souvent les finances du ménage et sont souvent plus sensibles au pouvoir d’achat et à la hausse des prix n’ont confiance dans la solidité des banques françaises qu’à 52%. On constate également que les catégories modestes sont plus inquiètes que les catégories sociales supérieures.

 

Ce sont donc les personnes qui se trouvent dans une situation de précarité qui ont le moins confiance dans la solidité des banques ?

Exactement. Alors qu’on aurait pu penser que ce soient les personnages âgées et les CSP+ qui ont le plus à perdre dans cette bataille parce que c’est eux qui ont le plus d’argent sur les comptes et le plus d’économie, on s’aperçoit que l’inquiétude est en réalité davantage ancrée dans les segments déjà les plus fragiles de la société française. Comme si cette crise bancaire n’était qu’une facette beaucoup plus large d’un phénomène de crise qui s’est déployé depuis 2008 et touche au quotidien ces personnes là.

 

Comment expliquez-vous la différence Paris/province ? Les habitants de la région parisienne font confiance à 63% dans les banques contre seulement 52% dans le Nord-Est…

Le Nord-Est correspond aux régions les plus populaires, les plus touchées par la crise. En termes de niveau de revenus et de population de cadres, l’Ile-de-France est évidemment surreprésentée : c’est donc là encore le facteur économique et social qui entre en jeu.

Dans les régions plus pauvres, cette crise financière et bancaire n’est qu’une manifestation d’une situation plus générale qui se dégrade de jour en jour. Ils en payent déjà le prix en termes d’emploi, de pouvoir d’achat ou d’accès au crédit. Ils ont une vision plus globale de la crise.

 

Un mot sur les différences d’appréciation de la crise bancaire, selon l’appartenance politique des personnes interrogées ?

Il faut distinguer deux choses. D’une part, il y a le facteur sociologique : au Front de Gauche (42% seulement ont confiance dans la solidité des banques françaises) ou au Front National (40%), on aura un électorat davantage populaire, et on a vu combien cet électorat était inquiet. A l’UMP (78%), l’électorat est tendanciellement davantage âgé et CSP+.

D’autre part, d’un point de vue idéologique, les personnes interrogées proches de l’UMP ont tendanciellement une vision plutôt bienveillante à l’égard du système capitaliste et pensent que le gouvernement fera tout ce qu’il peut. A l’inverse, les partisans du Front de Gauche ou du Front National sont plus méfiants vis-à-vis des institutions financières et des banques.

 

En pratique, comment peut se manifester cette crise de confiance ?

Il faut étudier les réponses à la question « avez-vous songé à… ». On constate ainsi qu’entre les 44% inquiets sur la solidité des banques et les 14% qui ont pensé à placer par précaution « tout ou partie de leurs économies dans un autre établissement que leur banque principale », on en perd en chemin.

Mais, imaginez que vous ayez vraiment 14% des Français qui aillent retirer leur argent des banques – des millions de personnes, donc – la solidité des banques en serait considérablement affaiblie ! Il s’agit donc d’une proportion non négligeable. Surtout, entre octobre 2008 (un moins après la faillite de la banque Lehman Brothers), où 11% des personnes interrogées envisageaient de déplacer leur argent de leur banque, et le 15 septembre 2011, la part de personnes qui envisagent un tel changement a augmenté. Notamment pour chez ceux qui seraient prêt à carrément retirer leur argent des banques (et non à le placer dans une autre banque). C’est intéressant : cela montre qu’au sein des personnes qui sont inquiets vis-à-vis de la solidité des banques, la peur progresse. Entre le 2 septembre dernier et le 15 septembre la proportion de personnes prêtes à retirer leurs économies de leur banque augmente de 5%. C’est considérable. Une partie des Français est donc inquiète vis-à-vis de la solidité des banques. Il s’agit certes d’une minorité. Mais cette minorité là a de plus en plus peur.

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Atlantico : Aujourd’hui, diriez-vous que vous avez confiance ou pas confiance dans la solidité des banques françaises pour faire face aux suites de la crise financière ?

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[1] Etude Ifop pour Le Journal du Dimanche réalisée par téléphone du 22 au 23 janvier 2009, auprès d’un échantillon de 956 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

[1] Etude Ifop pour le JDD.fr réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 31 août au 2 septembre 2011, auprès d’un échantillon de 1027 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

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[1] Etude Ifop pour Le Monde réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 7 au 8 octobre 2008 auprès d’un échantillon de 951 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

[1] Etude Ifop pour le JDD.fr réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 31 août au 2 septembre 2011, auprès d’un échantillon de 1027 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

 

Les mouvements d’épargne préventifs.

Placer par précaution tout ou partie de vos économies dans un autre établissement que votre banque principale.



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 Les mouvements d’épargne préventifs.

Retirer par précaution tout ou partie de vos économies de votre banque

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Ce document présente les résultats d’une étude réalisée par l’Ifop. Elle respecte fidèlement les principes scientifiques et déontologiques de l’enquête par sondage. Les enseignements qu’elle indique reflètent un état de l’opinion à l’instant de sa réalisation et non pas une prédiction.

Aucune publication totale ou partielle ne peut être faite sans l’accord exprès de l’Ifop.

Cette étude a été réalisée par l'Ifop pour Atlantico sur un échantillon de 1009 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération.

Les interviews ont eu lieu par questionnaire auto-administré en ligne (CAWI - Computer Assisted Web Interviewing), du 13 au 15 septembre 2011.

 

PRÉCISION RELATIVE AUX MARGES D’ERREUR

La théorie statistique permet de mesurer l’incertitude à attacher à chaque résultat d’une enquête. Cette incertitude s’exprime par un intervalle de confiance situé de part et d’autre de la valeur observée et dans lequel la vraie valeur a une probabilité déterminée de se trouver. Cette incertitude, communément appelée « marge d’erreur », varie en fonction de la taille de l’échantillon et du pourcentage observé comme le montre le tableau ci-dessous :

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Exemple de lecture du tableau : dans le cas d’un échantillon de 1000 personnes, si le pourcentage mesuré est de 10%, la marge d’erreur est égale à 1,8. Le vrai pourcentage est donc compris entre 8,2% et 11,8%.

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