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C'est des dizaines de baleines de ce type qui ont disparu.
C'est des dizaines de baleines de ce type qui ont disparu.
©Reuters

Des fossiles par centaines

Les baleines aussi se cachaient pour mourir : le mystère de l'immense cimetière vieux de 5 millions d’années en passe d'être résolu

Une équipe de scientifiques accuse une algue d'être responsable de la mort de dizaines, peut-être de centaines, de baleines il y a 5 millions d’années.

Il aura fallu près de 45 ans aux scientifiques pour lever le voile sur le mystérieux cimetière de baleines, en plein cœur d'un des déserts les plus arides du monde. Et encore, le voile n’est que partiellement levé.

C’est un article paru dans une publication du Royal Society, équivalent britannique de l’Académie des sciences et relayé par les médias britanniques le 26 février - notamment la BBC et le quotidien The Guardian - qui donne un début d’explication : les baleines, dont les squelettes ont été découverts fossilisés dans le désert chilien d’Atacama auraient été empoisonnées par une algue, avant d’échouer sur un banc de sable, loin des prédateurs et des charognards.

Reprenons. Dans les années 70, lors de la construction d’une route traversant le chili du nord au sud, est découvert des dizaines de squelettes de baleines. Une découverte qui ne fait pas beaucoup d’effet auprès du gouvernement local et qui tombe peu à peu dans l’oubli ; le site reste cependant connu comme un véritable cimetière et acquiert même le surnom de "colline des baleines", leurs os dépassant largement des rochers.

Jusqu’en 2011. A la faveur de travaux pour l’élargissement de la route panaméricaine, qui relie le sud de l’Argentine au nord de l’Alaska, et passe à proximité immédiate du site, des chercheurs américains et chiliens saisissent l’opportunité pour étudier les fossiles. Et il leur faudra faire vite : ils auront en tout et pour tout moins de deux semaines pour prélever des échantillons et faire les premières analyses. Et ce qu’ils vont découvrir est fascinant.

Outre la quarantaine de squelettes découverts, qui auraient entre 5 à 9 millions d’années, les chercheurs ont identifié des espèces de dauphins aujourd’hui disparues. "C’est extraordinaire de découvrir, dans un espace aussi réduit, et d’arriver à prélever autant d’échantillons de fossiles d’animaux marins d’Amérique du Sud de la fin du miocène. Il y a une telle accumulation d’espèces !", s’enthousiaste Nicholas Pyenson, un paléontologue du musée d’histoire naturelle Smithsonian's National.

Et certains squelettes sont dans un état de conservation parfait, souligne The Guardian, qui ajoute que le site est vu à présent comme l'un des plus riches en fossiles du monde ; les scientifiques pensent qu’il existe des centaines d’autres squelettes qui attendent d’être découvert.

Mais pourquoi, et comment toutes ces baleines se sont retrouvées ici ? Les scientifiques se sont aussi penchés sur cette question.

Ils ont noté que de nombreux squelettes étaient dans la même position - le dos - et étaient tournés dans la même direction ce qui évoquait, d’après eux, une mort dans des conditions similaires. Similaires et cycliques puisque les chercheurs ont réussi à dater 4 épisodes distincts, étalés sur une période de plusieurs centaines d’années.

D’après les premiers éléments, les animaux ont été empoisonnés par une toxine libérée par certaines algues marines. Le site de la BBC explique que si de grandes quantités de toxines sont consommées ou simplement inhalées, la mort peut être rapide.

Les animaux morts, ou mourants, ont ensuite dû être entraînés au gré des courants dans un estuaire jusqu’à échouer sur des bancs de sable isolés où, éloignés des prédateurs naturels des profondeurs des océans, ils se sont fossilisés. La disposition des continents n’étant pas la même il y a 10 millions d’années, les squelettes ont migré avec le courant naturel des plaques tectoniques pour se retrouver aujourd’hui dans l’un des déserts les plus arides du monde.

Le site, et les squelettes, n’ayant pas livré tous leurs secrets, l'université du Chili à Santiago travaille actuellement à l’installation d’une base de recherche. Pour enfin lever entièrement le voile sur ce mystère.

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