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Qui veut gagner des années ?
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Vie éternelle

Qui veut gagner des années ?

La première personne qui vivra 150 ans est peut-être d'ores et déjà née. Celle dont l'existence durera plusieurs siècles pourrait venir au monde dans une vingtaine d'années. Ce sont les vertigineuses prévisions du biogérontologue Aubrey de Grey.

A 50 ans, Mark Wexler s'est subitement demandé combien de temps pouvait-il lui rester à vivre ? 10, 20, 50 ans ? Plus ? Un peu obnubilé par le temps qui passe (nécessairement trop vite), il a décidé de faire un film de de son obsessionnelle quête de la jeunesse éternelle. Son documentaire, Comment vivre pour toujours ? (non encore disponible en France), explore ainsi tous les moyens possibles pour accroître l'espérance de vie, du plus farfelu au plus scientifique.

Le film campe des personnages centenaires à l'étonnante vitalité, dont certains présentent un mode de vie pour le moins extravagant. Ainsi, nous raconte Wired, Buster Martin, aujourd'hui décédé vraisemblablement à plus de 100 ans. Loin de toutes les idées reçues, il a bu et fumé jusqu'à la fin de son existence, tout en courant aussi le marathon de Londres. D'autres recommandent plutôt de rire 10 minutes par jour sans raison véritable pour devenir centenaire. Il y a aussi dans le film de Mark Wexler de très sérieux médecins spécialistes qui tentent de repousser chaque fois un peu plus loin l'échéance de la mort. Parmi eux, Aubrey de Grey, biogérontologue "autodidacte", qui s'oppose à l'éminent chirurgien Sherwin Nuland.


Selon Aubrey de Grey, la première personne qui vivra 150 ans est déjà née, et il n'est pas improbable d'avoir découvert les secrets (médicaux) qui conduiront à la possibilité de la vie éternelle terrestre dans moins d'un quart de siècle.

A la tête de SENS, une fondation dédiée aux recherches sur la longévité humaine, le gérontologue de 48 ans considère que, de son vivant, tous les instruments nécessaires pour traiter les maladies liées au vieillissement seront connus, et l'espérance de vie pourra alors être indéfiniment étendue.

Le chercheur imagine un futur où on irait chez son médecin pour un "entretien régulier" qui intégrerait la thérapie génique, les cellules souches ou encore la stimulation immunitaire. Il s'agit de réduire l'altération des molécules du corps humain dans le cadre de ce qu'il nomme la "gériatrie préventive", et d'intervenir avant tout dommage irréversible, nous indique Reuters.

Avec ou sans les découvertes d'Aubrey de Grey, l'espérance de vie progresse de 3 mois tous les ans dans les pays développés si bien que, sans grande catastrophe ou grosse épidémie, les experts estiment que la planète comptera un million de centenaires en 2030 (contre 44 000 aujourd'hui). L'une des pires menaces qui planent d'ailleurs aujourd'hui sur cette longévité qui s'accroit est l'obésité.

Les théories d'Aubrey de Grey peuvent paraître farfelues aux plus cartésiens, mais le très sérieux Massassuchetts Institue of Technology (MIT) propose, depuis 2005, 20 000 dollars à quiconque prouverait que de Grey se trompe si lourdement qu'il n'est même pas la peine de débattre à partir de ses idées. Personne n'a encore raflé la mise...

Le controversé biogérontologue indique qu'il ne cherche pas à produire un monde de grabataires en mauvaise forme, mais à prolonger la vie en tant qu'elle puisse être vécue "avec la force de l'âge".

Selon lui, les cellules souches permettent de substantielles avancées. Actuellement testées pour soigner des lésions à la moelle épinière, elles pourraient offrir d'autres solutions pour les maladies affectant le cerveau ou le cœur. Il estime d'ailleurs que les infarctus et autres pathologies cardio-vasculaires sont liées au fait que l'organisme ne parvient pas à détruire certains déchets moléculaires. Il travaille aujourd'hui sur des enzymes capables de "nettoyer les cellules" infectées. Il entend ainsi s'attaquer à certaines formes de cholestérol.

Les plus sceptiques quant à la rapidité de telles avancées médicales pourront se dire que, plus les chercheurs progressent pour étendre la durée de vie, plus ils disposent eux-mêmes du temps nécessaire à la continuation de leurs travaux. Restent quelques questions que ces scientifiques laisseront sans doute sans réponses, et elles sont tout aussi vertigineuses que leurs éventuelles découvertes : Quel devenir, par exemple, pour la planète Terre si plus personne de meurt ? Et puis, quel sens donner à la vie si elle ne s'arrête plus jamais ?

C. Mal

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