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"Une affaire d'Etat, la tentative de sabordage du Nucléaire français" de Bernard Accoyer et Chantal Didier : Une enquête approfondie, des constats qui fâchent !
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"Une affaire d'Etat, la tentative de sabordage du Nucléaire français" de Bernard Accoyer et Chantal Didier : Une enquête approfondie, des constats qui fâchent !

Bernard Accoyer et Chantal Didier publient "Une affaire d'Etat, la tentative de sabordage du Nucléaire français" aux éditions Hugo Doc.

Bertrand Devevey pour Culture-Tops

Bertrand Devevey pour Culture-Tops

Bertrand Devevey est chroniqueur pour Culture-Tops. 

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.). 

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THÈME

La filière nucléaire française, créée au lendemain du premier choc pétrolier des années 1970, a doté la France de moyens de production d'électricité très importants. Cette filière, qui a pourtant été un fleuron du savoir-faire français dans le monde, qui permet aux Français de payer le KWH le moins cher d'Europe, qui n'émet que 6 à 10 gr de carbone par KWh produit (contre 1000 gr pour les centrales à charbon et environ 500 gr pour les centrales au gaz,), n'a de cesse d'être remise en cause depuis 30 ans. Bernard Accoyer, médecin, député et ancien Président de l'Assemblée Nationale, présente dans cet essai la lente dégradation des moyens en recherche et investissements, au nom d'une idéologie anti nucléaire empruntée à l'écologie politique des années 70. Et attisée par l'anti nucléarisme allemand, et quelques autres probables industriels et politiques, qui vendent du gaz, des éoliennes, des panneaux solaires, et des centrales nucléaires - Russie, Chine et Etats Unis.

La France ne perd-elle pas la tête en acceptant de diminuer la part de l'électricité de source nucléaire, peu chère à produire et très bas carbone, pour un mix énergétique prétendument vertueux, subventionnant l'électricité éolienne et solaire, induisant le recours à ces centrales thermiques quand il n'y a ni vent ni soleil ? Sans renier la nécessité de la diversification des sources de production d'électricité et de maîtrise du réchauffement climatique, la démonstration de cet entêtement idéologique à "sortir du nucléaire", la dénonciation de cette absurdité technologique, économique et commerciale sont l'objet de cet essai.

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POINTS FORTS

Cet essai aborde la question de l'avenir de la filière nucléaire française sous des angles très variés, en croisant chiffres, faits, acteurs, opposants, organismes publics et autres innombrables cercles d'influences et de décision, dans le temps relativement long de ces 50 dernières années.

S'il évoque le terme de sabordage, c'est devant son incompréhension à voir reconnaître par une partie influente de la classe politique française et européenne, par des ONG ultra militantes, l'évidence des chiffres qui attestent que la transition énergétique - le fameux "Mix" entre énergies renouvelables et non renouvelables, pilotables ou non pilotables-  ne pourra se faire sans un soutien ou un recours massif au nucléaire.

Il aborde des chiffres bien rarement cités (pourquoi ?) dans les médias, comme l'indépendance française en matière de production d'électricité grâce au nucléaire, son faible coût (un des plus bas d'Europe), son bilan carbone, (le meilleur du G7), la nécessité prochaine d'acheter de l'électricité à l'étranger du fait de la diminution des capacités de production nucléaire, la situation invraisemblable qui impose à EDF de vendre son énergie nucléaire à 40 € et d'acheter la production éolienne à près de 400.

Il décortique des études à charge contre le nucléaire (une étude de l'ONG Négawatt en particulier), dénonce les dégâts environnementaux masqués par le discours officiel, liés à l'extraction des terres rares et la problématique du recyclage des déchets des industries éolienne et solaire, analyse les conséquences sociales de la sobriété énergétique promue par certaines ONG  - une liste à la Prévert (mais apparemment authentique) à parcourir aux pages 125 à 130 !

Autre marque d'intérêt, la dénonciation des complicités "antinucléaires" au sein des organismes publics, cercles gouvernementaux, ONG nationales et internationales que Bernard Accoyer analyse comme un véritable complot pour le démantèlement de la filière. Ces conflits d'intérêt sont également dénoncés pour la classe politique, citant le "reclassement"  des Gerhard Schröder, Wolfgang Schüssel (ex chanceliers d'Allemagne et d'Autriche) et de François Fillon, aux conseils d'administration de groupes pétroliers ou gazier détenus par l'Etat Russe - fournisseur de Gaz pour les centrales qu'il faudra construire si la production d'électricité nucléaire est remise en cause…

A noter enfin que cet essai n'est nullement un plaidoyer contre les énergies vertes ni une remise en cause de la nécessité de lutter contre le réchauffement climatique. Il entend convaincre qu'écarter le recours au nucléaire tient de l'idéologie et non d'un chemin rationnel pour arriver à des résultats crédibles et durables dans ces domaines.

QUELQUES RÉSERVES

Peu de réserve sur cet essai très didactique. On pourra contester les chiffres. Ceux-là semblent assez incontestables si l'on abandonne tout parti pris idéologique. Même le GIEC et l'Agence Internationale de l'Energie affirment que le nucléaire est la source de production d'énergie la moins émettrice de CO² et que le ralentissement du réchauffement climatique ne pourra être possible sans lui.

ENCORE UN MOT...

A n'en pas douter, Bernard Accoyer, dans cet essai, assène des vérités qui fâchent. La plus simple à retenir est qu'il ne lui semble pas possible, au risque de tromper l'opinion, de fragiliser réseau et distribution d'électricité et en augmenter fortement le prix, d'améliorer le bilan carbone de la France et lutter efficacement contre le réchauffement climatique sans maintenir dans le mix énergétique une part majoritaire de production nucléaire.

Devant le discours qu'il dénonce comme univoque, incantatoire et idéologique des antinucléaires, il entend défendre ce qui a été considéré pendant des décennies comme un avantage concurrentiel de la France, tant pour la fourniture d'une énergie à bas prix et bas carbone que pour le développement d'une filière industrielle que l'on semble abandonner -au mépris des chiffres et des ressources nationales- à la Chine, la Russie et les Etats Unis. Cet essai résonne comme un "j'accuse" et appelle la classe politique (d'Emmanuel Macron aux candidats déclarés à la Présidentielle) à un sursaut … de bon sens - lequel, vous le savez, n'est pas toujours le mieux partagé !

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