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"Le Grand Nord-ouest" : Un roman sur le souvenir, dont on se souvient longtemps
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"Le Grand Nord-ouest" : Un roman sur le souvenir, dont on se souvient longtemps

Marie-Christine Lebrun

Marie-Christine Lebrun

Marie-Christine Lebrun est chroniqueuse pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).

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LIVRE

LE GRAND NORD-OUEST
D'ANNE-MARIE GARAT
Ed.  ACTES SUD
320 p.
21,50 €

RECOMMANDATION 

EXCELLENT

THEME 

Le roman commence par une fuite ,  celle d’une mère de 34 ans et de sa fille de 6 ans. Objectif : le grand nord-ouest…et l’aventure ! Lorna del Rio et Jessie quittent un jour d’anniversaire et de meurtre  les paillettes californiennes pour une vie de plus en plus sauvage, dans des contrées de plus en plus éloignées de la civilisation des Blancs... Munie d’une carte insensée, d’une mystérieuse sacoche et d’une arme- sans oublier son indispensable trousse de maquillage !- la jeune femme entraîne « son cher trésor » dans une succession de péripéties,  sur la trace des trappeurs et des chercheurs d’or. Si des paysages extraordinaires sont traversés, et des rencontres fortes se produisent, c’est finalement, surtout, de la quête de soi et de ses origines dont il est question…

POINTS FORTS 

- La plongée dans une nature méconnue et sauvage du bout du monde, dont on découvre en détails la faune et la flore. Ainsi lorsque Jessie mange des gaufres, ce sont de petits rongeurs !

- L’immersion dans la vie des Indiens Gwich’in dans la région du Yukon au Canada.

- La rencontre avec une multitude de personnages variés et pittoresques qui donnent à voir de nombreuses facettes du continent Nord-américain, de la fin des années 30 à la fin des années 50.

- L’histoire de contrées peu ou mal connues, victimes des méfaits de la civilisation.

- Le sentiment de vivre une grande aventure, avec bon nombre d’images fortes.

POINTS FAIBLES 

Des descriptions magnifiques  mais qui peuvent parfois paraître un peu longues, avec un souci documentaire très (trop ?) appuyé.

EN DEUX MOTS 

 La narratrice principale , Jessie-Njya, nous fait découvrir à la hauteur de ses yeux et de son cœur d’enfant sa folle cavale qui se transformera en une traque poignante. Très vite, on comprend que le récit est rétrospectif. Il est pris en charge par un second narrateur, Bud, qui transcrit le plus fidèlement possible les propos de l’enfant devenue jeune fille. Leurs destins se sont croisés quinze ans auparavant, leurs voix se mêlent de plus en plus jusqu’à la fin, bouleversante.

 Anne-Marie Garat se montre virtuose dans l’art d’associer les propos des deux personnages, et de malmener la chronologie. C’est parfois un peu complexe, mais le pouvoir évocateur des mots l’emporte. Un roman sur le souvenir dont on se souvient longtemps.

UN EXTRAIT

  « De ce premier jour de marche j’ai peu de souvenirs, sinon la sensation inouïe du froid comme un solide refusant l’avancée, corps arc-bouté face au bloc glacé qui pourtant reculait à chaque pas, crissement de chaque pas gagné contre l’asphyxie du vent, contre la paralysie des membres rabougris sous la fourrure.» P.229.

L’AUTEUR 

 Née en 1946 à Bordeaux, Anne-Marie Garat a de solides attaches rurales. Agrégée de Lettres et titulaire d’un DEA de cinéma, elle est depuis 2014 membre du jury Fémina. Lauréate de plusieurs prix littéraires, elle a été aussi remarquée pour sa grande trilogie romanesque  dont le premier opus Dans la Main du Diable est paru en 2006.

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